Le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah prononçant son discours retransmis en direct sur la chaîne al-Manar, le 31 mai 2024. Capture d'écran
Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a insisté vendredi sur le fait que l’élection d’un président de la République au Liban et la guerre à Gaza « n’étaient pas liées », alors que le pays est en proie à une vacance à la magistrature suprême depuis octobre 2022. Le Hezbollah est accusé de vouloir attendre la fin de cette guerre, dans laquelle il soutient le Hamas depuis le Liban-Sud, pour débloquer la présidentielle dans le cadre d’un accord global. Le tandem chiite a torpillé les 13 séances électorales convoquées jusque-là en provoquant un défaut de quorum et conditionne la convocation d’un conclave électoral à la tenue d’un dialogue national au préalable, présidé par le chef du législatif Nabih Berry lui-même, ce que l’opposition refuse catégoriquement.
« Dès le premier jour (de la guerre), nous avons affirmé que la présidentielle et la guerre à Gaza n’étaient pas liées », a souligné Hassan Nasrallah dans un discours prononcé à l’occasion d’un hommage rendu au cheikh Ali Mohammad Kassem Kourani. Depuis le début de la guerre, le 7 octobre dernier, le secrétaire général du Hezbollah ne mentionnait que très rapidement la question présidentielle dans ses prises de parole. Toutefois, cette fois-ci, il lui a accordé une place importante, deux jours après le départ de Jean-Yves Le Drian, émissaire français pour le Liban chargé du dossier présidentiel, qui a mené à Beyrouth mardi et mercredi une tournée qui semble avoir été soldée par un échec. Selon le dignitaire chiite, le blocage de cette échéance résulte « d’un désaccord interne, mais aussi d’immixtions et de veto externes ». « Pourquoi un président n’a pas été élu entre le début de la vacance (en octobre 2022) et l’opération Déluge d’al-Aqsa, un peu moins d’un an plus tard ? » s’est-il demandé. « D’aucuns s’inquiètent qu’un compromis ne soit conclu au Liban-Sud en vue d’élire un chef de l’État », a-t-il souligné, assurant que cela n’aura pas lieu. « Nous tenons à ce que les dossiers intérieurs aboutissent et appelons au dialogue », a affirmé Hassan Nasrallah, avant de poursuivre : « S’il existe un moyen de parvenir à une solution autre que le dialogue, dites-le-nous ! »
La veille, le numéro deux du Hezbollah, Naïm Kassem, avait également affirmé que la présidentielle n’était pas liée à la situation au Liban-Sud. « L’échéance présidentielle n’a aucun lien avec ce qu’il se passe sur le front sud. Il est inacceptable qu’un groupe parlementaire impose ses conditions au Liban et aux Libanais », a-t-il ajouté, en référence à l’opposition.
Les députés ont échoué à élire un successeur à Michel Aoun, faute de compromis sur un candidat sur fond de majorité étriquée au sein du Parlement. Le Hezbollah et son allié chiite, le mouvement Amal (de Nabih Berry), soutiennent la candidature du chef des Marada, Sleiman Frangié, tandis que l’opposition, mais aussi le Courant patriotique libre (pourtant allié du Hezbollah), est en faveur de la candidature de l’ex-ministre des Finances Jihad Azour. Il y a plusieurs mois, le bloc de la Modération nationale (députés sunnites ex-haririens) avait lancé une initiative visant à réunir les protagonistes pour une séance de concertations (plutôt qu’un dialogue) au Parlement afin de résoudre la crise. Une initiative compliquée par le tandem chiite, qui estime que seul le député en chef est habilité à convoquer et présider des pourparlers entre les groupes parlementaires.
Le Liban-Sud, un front de « pression »
Concernant la guerre au Liban-Sud, le chef du Hezbollah a défendu une nouvelle fois sa décision de rejoindre les hostilités entre Israël et le Hamas, quand bien même le conflit a provoqué des pertes humaines et matérielles conséquentes au Liban-Sud. « Le front du Sud est un front fort et de pression. Il fait partie de la bataille qui façonne le destin de la Palestine, du Liban et de la région. » Dans ce cadre, il a critiqué – sans la nommer – l’opposition chrétienne qui affirme que « la majorité des Libanais ne veulent pas de la guerre au Liban-Sud ». « Cela n’est pas vrai. Les martyrs qui sont tombés ne sont-ils pas tous issus du peuple libanais ? » s’est-il demandé. Et de poursuivre : « Chacun se doit d’être conscient de son envergure et de ce qu’il représente. » Il a d’ailleurs affirmé que son groupe politique est le « plus grand du pays » et dispose de la « plus grande base populaire ». « N’avons-nous pas arrêté de compter ? » a-t-il ajouté, en référence au slogan de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, qui a consacré la parité politique entre les chrétiens et les musulmans, indépendamment du poids démographique de chaque communauté.
Le leader chiite a ajouté que « comme la guerre concerne la Palestine, cette bataille concerne aussi l’avenir du Liban, sa souveraineté et ses ressources en eau et en pétrole dont les Libanais ne sont toujours pas autorisés à profiter ». Il a également estimé que « les États-Unis sont à l’origine des problèmes d’électricité du Liban et ont fait obstruction à la question des gisements de pétrole dans les eaux libanaises ». Le leader chiite a ajouté que « les informations qui ont fuité concernant des offres avancées pour effectuer un forage au large du Liban en échange d’un arrêt des combats sur le front sud révèlent l’implication des États-Unis dans la souffrance des Libanais ».
Hassan Nasrallah a par ailleurs salué l’engagement et l’« éveil » des étudiants dans les universités à travers le monde pour soutenir la cause palestinienne, estimant que c’est « la première fois que « l’axe de la résistance » s’étend à ce point, tandis que le front de l’ennemi est dans son pire état depuis 75 ans ». Il a enfin souligné que « l’armée israélienne est impuissante et épuisée, voire incapable de réaliser des exploits ». « Il est clair que l’insistance de Benjamin Netanyahu de poursuivre la guerre aggrave la situation pour l’entité » israélienne, a conclu le dignitaire chiite.




Nous avons l’habitude des contradictions que cet individu avance depuis des décennies en fonction du ton employé à son égard et celui de son fournisseur d’armes. Hier encore il disait qu’aucune élection présidentielle ne verra le jour tant que Gaza n’est pas sauvée. Aujourd’hui il vient nous bassiner avec sa résistance pour défendre les intérêts de notre pays. Il prend les libanais pour des cruches et certains le trouve juste et patriote alors qu’il ne cesse de détruire son propre pays dans l’intérêt de tous les autres qui trouvent grâce à ses yeux sur recommandations de l’Iran son maître
12 h 20, le 01 juin 2024