Le numéro deux du Hezbollah, le cheikh Naïm Kassem. Photo ANI
Le numéro deux du Hezbollah, le cheikh Naïm Kassem, a déclaré jeudi soir qu'il n'y avait « aucun lien » entre l'élection d'un nouveau président de la République, attendue depuis plus d'un an et demi, et les affrontements entre le parti chiite et Israël au Liban-Sud. Cette mise au point du Hezbollah intervient alors que pour plusieurs sources concordantes, la crise présidentielle est partie pour durer, aucune perspective de résolution n’étant visiblement possible avant que la situation à Gaza et dans le sud du Liban ne soit réglée.
« L'échéance présidentielle n'a aucun lien avec ce qu'il se passe sur le front sud » du Liban, a déclaré Naïm Kassem au cours d'une cérémonie dans la banlieue sud de Beyrouth en mémoire de quatre combattants du parti tués dans des frappes israéliennes sur Bint Jbeil. Il a dans ce cadre fait savoir que si une invitation au dialogue entre les différentes parties était lancée par le président du Parlement, Nabih Berry, le Hezbollah répondra à l'appel, mais qu'il est « inacceptable » qu'un groupe parlementaire « impose ses conditions au Liban et aux Libanais ».
Il y a plusieurs mois, le bloc de la Modération nationale (députés sunnites ex-haririens) a lancé une initiative visant à réunir les protagonistes pour une séance de concertations au Parlement afin de résoudre la crise politique. L'invitation a été rejetée par le tandem chiite qui estime que seul le maître du perchoir est habilité à convoquer et présider des pourparlers entre les blocs parlementaires. Le Hezbollah et le mouvement Amal (de Nabih Berry) soutiennent la candidature à la présidence du chef des Marada, Sleiman Frangié, tandis que l'opposition, rejointe par le Courant patriotique libre (CPL, aouniste, normalement allié au Hezbollah) sont en faveur de la candidature de l'ex-ministre des Finances et cadre au sein du Fonds monétaire international, Jihad Azour.
Concernant le front du Liban-Sud, Naïm Kassem a réaffirmé que les combats le long de la frontière libano-israélienne ne s'arrêteront que « lorsque les tirs cesseront totalement à Gaza ». Il a affirmé que sa formation ne craint pas « les menaces » israéliennes d'étendre le conflit, mais est prête à y faire face. « Au lieu que certains s'interrogent sur les raisons pour lesquelles nous avons ouvert le front » au Liban-Sud, ils devraient « nous remercier cent fois de l'avoir fait, ce qui leur a permis de protéger leur vie, celle de leurs enfants, l'éducation, la culture, l'histoire, l'économie et leur vie quotidienne », a-t-il lancé. De nombreux partis de l'opposition, mais également le CPL, ont reproché au parti chiite d'avoir pris unilatéralement la décision d'entrer en guerre en soutien au Hamas à Gaza. Au début de la semaine, le chef du parti aouniste, Gebran Bassil, avait fustigé le fait que le Hezbollah avait « tiré en premier » contre l'État hébreu.
Les combats le long de la frontière libano-israélienne ont fait 434 morts depuis le 8 octobre, au lendemain de l'attaque meurtrière du Hamas contre l'Etat hébreu et du début de l'offensive israélienne à Gaza. Parmi ces victimes, la grande majorité (323) faisaient partie des rangs du Hezbollah. Mais les bombardements israéliens ont également tué, en plus des combattants d'autres parties belligérantes, plus de 60 civils, près de 20 secouristes et nombre de journalistes.



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08 h 51, le 02 juin 2024