Rechercher
Rechercher

Nos Lecteurs ont la Parole

L’ignorance inhumaine

Le conflit israélo-palestinien a de particulier sa durée, un siècle, l’histoire d’un peuple persécuté, son argumentaire de peuple élu et le remplacement ethnique qui le caractérise. Son empreinte géographique est aussi une singularité, puisque grossièrement, toute la région du Proche-Orient est ou a été impactée directement.

Il draine des réactions et des textes que l’on peut sans nul doute estimer des plus nombreux pour notre ère contemporaine, médiatisée à l’extrême.

Spectateur et acteur passif de ce conflit, puisque ayant vécu la guerre du Liban en 1975, je découvre avec un effarement certain des avis de tous horizons.

Dans le désordre des opinions exprimées, je note l’insistance à qualifier les Palestiniens et les

Arabo-musulmans de « terroristes » et de « moyenâgeux ». Un raccourci des plus usités par Israël pour justifier chaque action contre les Palestiniens. Du sang, il y en a eu, qui dit le contraire ? Mais, au regard de l’histoire, dans la course à l’horreur, tous les participants sont ex aequo. Oui, le progrès technologique est porté actuellement par l’Occident. Mais il n’a que 100 ans. Le droit des femmes en Occident n’a que 50 ans. Cela représente, à l’échelle de la civilisation humaine, une fraction de temps... Bien entendu, les civilisations ne sont pas comparables, et il fait meilleur vivre aujourd’hui dans certains pays du globe, mais cela ne justifie en rien des mots et des actes d’exclusion, et encore moins d’élimination physique.

Autre sujet débattu, la responsabilité du conflit. Pourquoi tant d’encre gaspillée à tourner la chose dans tous les sens et la déformer ? Pourquoi tant de temps et d’énergie perdus ? Il suffit de reprendre l’histoire du conflit. Elle est simple et limpide. Elle se résume en la phrase choc : « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre. » Bah non, la terre n’était pas sans peuple, et ce peuple a refusé d’accepter de disparaître. D’avoir très mal su défendre sa cause (et l’on peut se demander comment il est possible de se fourvoyer autant que les Palestiniens l’ont fait !) ne lui enlève en rien son droit. Ce temps perdu ne fait que retarder la résolution, que rajouter l’horreur à l’horreur.

Ne nous voilons pas la face, la haine et la guerre qui en découle aboutissent au même résultat : la désolation pour les peuples de tout bord. Comme le rapportait si justement un lecteur de L’OLJ il y a quelque temps, « la guerre est un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas » (Paul Valéry). Cette pensée lumineuse mérite réflexion et profond remaniement de nos mécanismes pavloviens.

Ne soyons ni chair à canon ni vecteur de bêtise et de haine. Ni proie ni prédateur.

« L’autre ne me ressemble pas. » Oui, chacun de nous est unique. Pourquoi cherchons-nous à niveler les êtres ? Je respecte l’autre et je demande à l’autre de me respecter, dans la différence. Kill them before they kill you est une phrase d’un Israélien (il n’est pas le seul) que j’ai entendue un jour. Est-ce vraiment sûr ? En pensant cela, on se tire une balle dans le pied. On s’exclut soi-même de sa terre, de la vie. Construisons avec cet autre, si ce n’est pas lui qui me convient, ce sera avec son voisin, ou son cousin. Contrairement à ce que l’on peut croire, la volonté de construire ensemble est un projet qui remporte tous les suffrages.

Pour cela, communication et instruction sont primordiales. Et bizarrement, ça ne rime en rien avec « abdication » et encore moins « soumission ».

Alors, retroussons-nous les manches ! Au-delà des frontières.


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Le conflit israélo-palestinien a de particulier sa durée, un siècle, l’histoire d’un peuple persécuté, son argumentaire de peuple élu et le remplacement ethnique qui le caractérise. Son empreinte géographique est aussi une singularité, puisque grossièrement, toute la région du Proche-Orient est ou a été impactée directement.Il draine des réactions et des textes que l’on peut...
commentaires (1)

En 1948 les palestiniens devaient accepter 2 états comme à Chypre et la Corée

Eleni Caridopoulou

18 h 28, le 22 mai 2024

Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • En 1948 les palestiniens devaient accepter 2 états comme à Chypre et la Corée

    Eleni Caridopoulou

    18 h 28, le 22 mai 2024

Retour en haut