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Politique - Liban

Après son arrestation, le journaliste Rami Naïm « regrette » ses propos polémiques

« Les défenseurs de la moumanaa ne sont jamais arrêtés », continue de dénoncer celui qui s'était emporté en menaçant de tirer sur les forces de l'ordre et l'armée libanaise.

Après son arrestation, le journaliste Rami Naïm « regrette » ses propos polémiques

Le journaliste Rami Naïm. Photo tirée de son compte WhatsApp

« J'ai exagéré. Un peu comme un père qui engueule son fils. » Après la colère, le journaliste Rami Naïm passe à la contrition. Deux jours après sa brève arrestation par les renseignements de l'armée libanaise, le contributeur au site elsiyasa.com se veut catégorique : « Évidemment que je regrette, je sais que je suis fautif. Même si mon coup d'éclat était spontané, c'était dit de manière trop dure. J'aurais dû m'exprimer autrement. »

Le coup d'éclat en question a eu lieu lors de l'émission Manchette el-Masa (La manchette du soir) de la radio Voix du Liban, qui l'a diffusée mardi sur YouTube. M. Naïm était alors invité et dénonçait un « deux poids deux mesures des forces de l'ordre entre les personnes proches du Hezbollah et leurs détracteurs ». « Si les forces de l'ordre commettent une erreur dans le secteur où je me trouve, nous tirerons sur elles et sur l'armée libanaise ! » avait-il hurlé. « Soit nous sommes traités comme eux (le Hezbollah), soit nous appelons à la désobéissance face à tous les services de sécurité ! »

Interrogatoire « tranquille »

L'extrait a inondé les réseaux sociaux et a été repris par plusieurs médias locaux, notamment en fin de semaine. « Samedi, j'ai appris qu'un mandat d'arrêt avait été émis à mon encontre par le parquet de cassation. J'ai moi-même appelé les renseignements de l'armée libanaise, qui m'ont dit qu'ils devaient m'arrêter », raconte Rami Naïm. La troupe avait confirmé à L'Orient-Le Jour l'arrestation du journaliste samedi, sans fournir plus de détails.

« L'interrogatoire était tranquille, je leur ai expliqué que je me suis emporté. Deux heures après, ils m'ont transféré au ministère de la Défense », poursuit Rami Naïm. Nouvel interrogatoire, là aussi cordial, même si le journaliste avoue avoir refusé de répondre à certaines questions... « Elles portaient sur d'autres propos que j'ai tenus il y a longtemps. Je n'ai répondu que sur ce que j'ai dit mardi », explique l'intéressé.

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Les enquêteurs ont ensuite voulu vérifier si les propos menaçants du journaliste cachaient un réel danger... « Je leur ai dit la vérité : je n'ai aucun permis de port d'armes et n'ai jamais possédé d'armes de ma vie », plaide Rami Naïm. Dans la foulée de l'interrogatoire, le procureur général près la Cour de cassation Jamal Hajjar ordonne son arrestation. Après quelques heures d'attente, Rami Naïm apprend vers 18h qu'il va être libéré sous caution d'élection de domicile et sort une demi-heure après, le samedi même de son arrestation.

Dans un pays normal...

Des médias locaux ont affirmé que Rami Naïm a été libéré après avoir signé un engagement de ne plus porter atteinte aux forces de l'ordre. « Totalement faux », rétablit le journaliste, qui indique cependant avoir proposé à l'armée de faire des excuses publiques.

Malgré les regrets, M. Naïm maintient ses accusations des deux poids deux mesures des forces de l'ordre vis-à-vis du Hezbollah et de ses alliés. « Il doit y avoir un avant et un après mon arrestation. Allez voir comment parlent les journalistes qui défendent le camp de la moumanaa, ils ne sont jamais arrêtés ! » lance-t-il, avant de pointer du doigt une « cabale » menée selon lui sur les réseaux sociaux par des internautes proches du camp du Hezbollah et du Courant patriotique libre (CPL, aouniste). Aux côtés d'autres journalistes comme Dima Sadek ou Tony Boulos, M. Naïm avait été ciblé en novembre 2023 par une campagne diffamatoire l'accusant d'être à la solde d'Israël.

Si le journaliste dit comprendre et même approuver son arrestation il y a deux jours, il campe en revanche sur ses positions. « Dans un pays normal, je dois être arrêté. Si j'ai tenu ces propos, c'est parce que rien n'est normal ici ! » rit même Rami Naïm. De son point de vue, le sujet est désormais clos... ou presque. « Maintenant, j'ai un atout en main : si quelqu'un parle mal de l'armée ou des forces de sécurité, il devra être arrêté comme moi ! » ... Avis aux amateurs de coups d'éclat sur les plateaux télévisés.

« J'ai exagéré. Un peu comme un père qui engueule son fils. » Après la colère, le journaliste Rami Naïm passe à la contrition. Deux jours après sa brève arrestation par les renseignements de l'armée libanaise, le contributeur au site elsiyasa.com se veut catégorique : « Évidemment que je regrette, je sais que je suis fautif. Même si mon coup d'éclat était spontané, c'était dit...
commentaires (4)

Il a dit tout haut ce que les libanais patriotes pensent tout bas. Les FSI et l’armée ne montrent pas au peuple qu’ils sont là pour le protéger, on les sent fébriles et sans autorité aucune lorsqu’il s’agit de meurtres et de déclarations de haine et de décapitation de la part des vendus et de leurs partisans. Il y a de quoi perdre ses nerfs et la raison face à de telles injustices. Il nous faut au moins un exemple pour qu’on puisse à nouveau croire en leur honnêteté concernant ce peuple asservi et soumis par la force des armes offertes pour l’anéantir.

Sissi zayyat

11 h 47, le 16 avril 2024

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Commentaires (4)

  • Il a dit tout haut ce que les libanais patriotes pensent tout bas. Les FSI et l’armée ne montrent pas au peuple qu’ils sont là pour le protéger, on les sent fébriles et sans autorité aucune lorsqu’il s’agit de meurtres et de déclarations de haine et de décapitation de la part des vendus et de leurs partisans. Il y a de quoi perdre ses nerfs et la raison face à de telles injustices. Il nous faut au moins un exemple pour qu’on puisse à nouveau croire en leur honnêteté concernant ce peuple asservi et soumis par la force des armes offertes pour l’anéantir.

    Sissi zayyat

    11 h 47, le 16 avril 2024

  •  "Allez voir comment parlent les journalistes qui défendent le camp de la moumanaa, ils ne sont jamais arrêtés ". C’est vrai, mais quand il s’agit de quelque chose de plus grave comme un assassinat, il est tout de même arrivé, exceptionnellement, que le coupable, bien qu'appartenant à ce camp soit arrêté, mais il est vite relâché. Comme celui du capitaine Samer Hanna, ou du soldat de la FINUL.

    Yves Prevost

    07 h 32, le 16 avril 2024

  • Bassita... Rami, on est tous toutes, bambins, ados mûrs vieux et même ceux décédés... sommes passés par là... mais en fin de compte... tu le sais comme nous tous que le pays, la Patrie, le Liban et avec lui l'avenir, disparaissent ...

    Wlek Sanferlou

    23 h 11, le 15 avril 2024

  • Bien evidement qu'il ne faut pas appeler a tirer sur qui que ce soit. Meme s'il s'agit de canailles aux ordres des mafieux. Rien n'interdit, par contre, de leur cracher dessus.

    Michel Trad

    21 h 44, le 15 avril 2024

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