Rechercher
Rechercher

Moyen-Orient - Guerre De Gaza

Attaque iranienne inédite contre Israël

L'Irak, la Jordanie et le Liban ferment leur espace aérien de manière temporaire.

Attaque iranienne inédite contre Israël

Un manifestant embrasse une réplique d’obus alors que d’autres se rassemblent sur la place de la Palestine à Téhéran le 14 avril 2024, après que l’Iran a lancé une attaque de drones et de missiles sur Israël. Photo Atta KENARE / AFP

L'Iran a lancé samedi soir plus de 200 drones et missiles contre Israël, selon l'armée israélienne, près de deux semaines après un raid contre le consulat iranien à Damas imputé à Israël, faisant craindre un embrasement au Moyen-Orient. A Téhéran, des médias d'État ont confirmé une attaque de drones en cours contre Israël. Il s'agit de la première attaque directe jamais menée par la République islamique d'Iran contre le territoire d'Israël, son ennemi juré. Dans le même temps, les alliés de l'Iran, le Hezbollah et les rebelles yéménites houthis ont mené des attaques anti-israéliennes, le premier en tirant des roquettes sur le Golan occupé par Israël, et les seconds en lançant des drones en direction du territoire israélien.

Des détonations ont également retenti dans la nuit de samedi à dimanche à Damas et Beyrouth, ont constaté des journalistes de l'AFP. Plusieurs explosions ont été entendues dans la capitale syrienne vers 1h45 locales (22h45 GMT). Les médias officiels n'ont pas fait mention de ces détonations dans l'immédiat. Au Liban, au moins deux explosions ont retenti dans le ciel de la capitale Beyrouth vers 2H00 (22h00 GMT), selon un photographe de l'AFP. Un autre journaliste dans la Békaa, région de l'est du pays, frontalière de la Syrie, a également déclaré avoir entendu plusieurs détonations. L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a indiqué de son côté que des explosions ont retenti dans le ciel de Damas mais aussi à Homs et Hama dans le centre, à Deraa, au sud de la capitale ainsi que sur la côte syrienne. L'ONG a ajouté que les explosions étaient dues à « la défense anti-aérienne syrienne activée contre les drones et missiles israéliens qui tentent d'intercepter les missiles iraniens ».

Alors que l'Iran a demandé à Washington de « rester à l'écart » du conflit, la défense anti-aérienne des États-Unis a abattu des drones iraniens visant Israël, a indiqué un responsable américain sans préciser au-dessus de quels territoires ces interceptions ont eu lieu. Dans les minutes ayant suivi le début de l'opération, le compte X du Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, a republié un message affirmant : "Le régime diabolique va être puni". Affirmant vers 3h20 locales (00H20 GMT) dimanche que l'attaque iranienne était toujours en cours, l'armée israélienne a assuré que "la grande majorité" des missiles avaient été interceptés, et fait état de "dégâts mineurs" sur une base militaire. L'agence officielle iranienne Irna a en revanche évoqué des "sérieux dégâts dans la plus importante base aérienne du Néguev (sud)".

Notre direct

Le cabinet de guerre israélien "favorable à une réponse" aux frappes iraniennes, "divisé sur le calendrier et l'ampleur de la riposte" | Direct

Le gouvernement britannique a lui déclaré qu'il envoyait des avions de combat supplémentaires au Proche-Orient et qu'il intercepterait "toute attaque aérienne à portée de nos missions existantes, si nécessaire". Paris a condamné l'attaque iranienne et Berlin a dit que celle-ci pourrait plonger la région "dans le chaos".

État-major israélien dans une pièce bunkérisée

Aux premières heures de dimanche, plusieurs détonations ont été entendues dans le ciel à Jérusalem, où les sirènes d'alerte ont retenti, selon des journalistes de l'AFP. Des sirènes ont également été activées dans la région du Néguev (sud) et dans le nord du pays, selon l'armée. Une heure environ après l'annonce du lancement de l'opération iranienne, baptisée "Promesse honnête", l'agence officielle Irna à Téhéran a indiqué qu'une première vague de missiles balistiques" avait été lancée "profondément à l'intérieur des territoires occupés (Israël, NDLR)".

Au total, "l'armée de l'air des Gardiens de la révolution a tiré des dizaines de missiles et de drones sur des cibles spécifiques" contre Israël, selon la télévision d'État citant les Gardiens, l'armée idéologique de l'Iran. Cette attaque est en réponse notamment à la frappe le 1er avril qui a détruit le consulat iranien à Damas et coûté la vie à deux hauts gradés des Gardiens, ont-ils précisé. L'Iran a accusé Israël de cette frappe, mais ce dernier n'a ni confirmé ni démenti.

« L'Iran a lancé des drones depuis son territoire en direction d'Israël », a déclaré Daniel Hagari, le porte-parole de l'armée israélienne dans une allocution télévisée, peu après 23H00 (20H00 GMT). « Nous surveillons la menace dans l'espace aérien. C'est une menace qui prendra plusieurs heures pour atteindre le territoire de l'Etat d'Israël », a ajouté le contre-amiral Hagari. « Nous travaillons en étroite collaboration avec les États-Unis et nos partenaires dans la région afin d'agir contre les lancements et de les intercepter. » Trois sources sécuritaires ont indiqué à Reuters que des drones avaient été repérés dans l'espace aérien irakien, au-dessus de Sulaymaniyé.


Lire aussi

Vives réactions internationales après l'attaque menée par l'Iran contre Israël

Sur les réseaux sociaux, plusieurs analystes ont estimé que cette salve de drones pourrait être accompagnée d'autres types de missiles, dans une attaque synchronisée. Depuis la fin de la semaine, la région était en état d'alerte, des informations circulant fortement dans les milieux diplomatiques et sécuritaires sur une riposte imminente de l'Iran à l'attaque contre son consulat à Damas, le 1er avril. Plusieurs pays avaient appelé leurs ressortissants à éviter la région et de nombreuses compagnies aériennes avaient revu leurs plans de vol ou annulé certaines lignes, notamment avec Téhéran.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dont l'armée est engagée dans une guerre à Gaza depuis le 7 octobre 2023, a aussitôt réuni dans une pièce bunkérisée son état-major et ses proches collaborateurs, selon ses services. Le président américain Joe Biden a de nouveau assuré l'allié israélien de son soutien "inébranlable".

"Restez à l'écart !"

Juste avant l'envoi de ces drones, Benjamin Netanyahu a assuré que son pays s'était préparé à « l'éventualité d'une attaque directe de l'Iran » et était « prêt à faire face à n'importe quel scénario, tant en matière de défense que d'attaque ». « Nous apprécions la présence des États-Unis aux côtés d'Israël, ainsi que le soutien de la Grande-Bretagne, de la France et de nombreux autres pays », a ajouté M. Netanyahu dans une allocution vidéo.

"Il s’agit d’un conflit entre l’Iran et le régime voyou israélien, dont les États-Unis DOIVENT RESTER À L’ECART!", a de son côté déclaré la mission iranienne à l'ONU dans un message posté sur X. "L'affaire peut être considérée comme close. Toutefois, si le régime israélien commettait une nouvelle erreur, la réponse de l’Iran serait considérablement plus sévère", a-t-elle mis en garde.

La Jordanie et le Liban, voisins d'Israël, ont eux annoncé la fermeture temporaire de leur espace aérien. L'Irak, frontalier de l'Iran, a fait de même, tandis que l'Égypte a annoncé la mise en état d'alerte maximal de ses défenses aériennes.

Avant l'attaque, l’administration américaine avait annoncé que le président Joe Biden devait retourner à la Maison Blanche pour consulter son équipe de sécurité nationale sur « les événements au Moyen-Orient ». Vendredi, M. Biden a dit s'attendre à ce que l'attaque iranienne ait lieu « bientôt ».

Fermeture des écoles 
Face aux menaces iraniennes, les États-Unis avaient annoncé vendredi l'envoi de renforts au Moyen-Orient. L'attaque iranienne a été annoncée après la saisie en début de journée par les forces spéciales maritimes des Gardiens de la Révolution d'un navire accusé d'être « lié » à Israël, avec 25 membres d'équipage à bord, dans les eaux du Golfe.

« Au regard des conditions de sécurité », Israël a annoncé la fermeture des écoles et va restreindre les rassemblements. En Israël, les écoles seront fermées dimanche, premier jour de la semaine en Israël, et lundi, et "les activités d'enseignement, les voyages et les sorties" scolaires et périscolaires seront suspendues, a annoncé l'armée.

« Début de l'escalade » 

La République islamique d'Iran est l'ennemi d'Israël et un allié du Hamas, auteur le 7 octobre d'une attaque sanglante sans précédent sur le sol israélien qui a provoqué une offensive israélienne dévastatrice à Gaza, où 33.686 personnes essentiellement des civils ont péri selon les autorités du mouvement palestinien.

La Maison Blanche a appelé l'Iran à libérer « immédiatement » le navire saisi et son équipage arraisonné près du détroit d'Ormuz, l'une des voies maritimes les plus empruntées par la marine marchande. Pour Karim Bitar, chercheur à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), cette saisie « pourrait être le début d'une escalade (...) plus large ».

A sa frontière sud, l'armée israélienne a poursuivi sa guerre dans la bande de Gaza, ciblant de nouveau le camp de réfugiés de Nousseirat dans le centre du territoire palestinien qu'elle assiège et dont la majorité des 2,4 millions d'habitants sont menacés de famine selon l'ONU.

Ces dernières 24 heures, 52 Palestiniens ont été tués, selon un nouveau bilan du ministère de la Santé du Hamas qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007 et est classé groupe terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël.

Le 7 octobre, des commandos du Hamas infiltrés depuis la bande de Gaza voisine ont mené une attaque dans le sud d'Israël, entraînant la mort de 1.170 personnes, en majorité des civils, selon un bilan établi par l'AFP à partir des données officielles israéliennes.

Plus de 250 personnes ont été enlevées et 129 restent détenues à Gaza dont 34 sont mortes, d'après des responsables israéliens.

L'Iran a lancé samedi soir plus de 200 drones et missiles contre Israël, selon l'armée israélienne, près de deux semaines après un raid contre le consulat iranien à Damas imputé à Israël, faisant craindre un embrasement au Moyen-Orient. A Téhéran, des médias d'État ont confirmé une attaque de drones en cours contre Israël. Il s'agit de la première attaque directe jamais menée par la République islamique d'Iran contre le territoire d'Israël, son ennemi juré. Dans le même temps, les alliés de l'Iran, le Hezbollah et les rebelles yéménites houthis ont mené des attaques anti-israéliennes, le premier en tirant des roquettes sur le Golan occupé par Israël, et les seconds en lançant des drones en direction du territoire israélien. Des détonations ont également retenti dans la nuit de samedi à dimanche à Damas...
commentaires (3)

c'est honteux quel sénario !!!! c'est pour l'honneur c'est triste

Khalil Antoine

11 h 00, le 14 avril 2024

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (3)

  • c'est honteux quel sénario !!!! c'est pour l'honneur c'est triste

    Khalil Antoine

    11 h 00, le 14 avril 2024

  • Quelle mise en scene digne d'un Oscar, Cesar.....

    Cadmos

    06 h 58, le 14 avril 2024

  • Eh bien on va espérer qu'ils savent bien viser. Quelques degrés en plus ou en moins et ça risque de tomber sur nos têtes ces saletés...

    Gros Gnon

    00 h 11, le 14 avril 2024

Retour en haut