Chère lectrice, cher lecteur,
Pour une oreille néophyte, sa déclaration peut sembler de prime abord étonnante, voire un brin amusante. « Je suis, d’une certaine manière, en couple avec ma voix », lançait, tout de go, la soprano Julie Fuchs à Gilles Khoury lors d’un entretien à bâtons rompus. « On traverse différentes périodes, parfois compliquées, mais rien ne peut égaler la relation entre un chanteur et sa voix. Ma voix est mon baromètre, mon gouvernail », expliquait encore la belle chanteuse qui anime deux soirées au festival al-Bustan, les 14 et 15 mars.
Dans son discours d’acceptation de l’Oscar du meilleur film étranger, le réalisateur de « The Zone of Interest » a établi un parallèle dans la « déshumanisation » entre l’histoire de son film qui se déroule dans un camp de concentration durant la Seconde guerre mondiale, et la situation à Gaza. « Les choix sont faits pour nous faire réfléchir et réagir dans le présent, pas pour qu’on se dise dans quelques années « regardez ce qu’ils ont fait », mais pour qu’on se dise maintenant « regardez ce qu’on fait », a déclaré Jonathan Glazer d’une voix tremblante d’émotion. Notre film montre là où a pu mener la déshumanisation la plus terrible. Et cela a forgé notre passé et notre présent.
Aujourd’hui, nous nous tenons devant vous comme des hommes qui refusons que notre judéité et l’Holocauste soient détournés par une occupation qui a mené à une guerre impliquant tant d’innocents. Qu’il s’agisse des victimes du 7 octobre en Israël ou de celles des attaques incessantes qui se déroulent à Gaza, elles sont toutes des victimes de cette déshumanisation. » Des paroles fortes qui ont évidemment suscité critiques ou applaudissements de part et d’autre.
« Le plus important reste mon univers, et je me suis dit qu’il fallait secouer l’émission un peu, car The Voice, c’est un peu toujours la même chose. » La blonde à l’œil de biche qui porte le pseudo de Vernis Rouge est une artiste franco-libanaise qui monte. Sa participation au télé-crochet a fait le buzz et Manon Debs (de son vrai nom) a ainsi atteint l’objectif susmentionné de « secouer l’émission ».
Dans leurs déclarations à la presse, au fil d’une confidence, lors d’un discours devant des millions de téléspectateurs, les artistes troquent parfois la langue de bois pour un discours non formaté, agitateur de consciences.
Ou quand des mots secouent le cocotier bien comme il faut.
Bonne lecture !
Maya Ghandour Hert
Cheffe du service culturel
OLJ /
le 14 mars 2024 à 15h46