Le pianiste français Alexandre Kantorow. Joël Saget/AFP
Le pianiste Alexandre Kantorow – l’une des têtes d’affiche du Festival al-Bustan 2024 – et le ténor Benjamin Bernheim ont été récompensés jeudi soir aux Victoires de la musique classique, respectivement comme soliste instrumental et artiste lyrique. La soirée, retransmise en direct depuis l’opéra Berlioz Corum de Montpellier, s’est achevée sur le visage rayonnant de Salomé Gasselin, émue et heureuse de partager sa passion pour la viole de gambe en recevant sa Victoire dans la catégorie « révélation soliste instrumental ».
La cérémonie, accompagnée par l’Orchestre national Montpellier Occitanie dirigé par l’Italien Michele Spotti, avait été ouverte par la pianiste ukrainienne Anna Fedorova, signe que la guerre en Ukraine reste dans tous les esprits deux ans après le début de l’invasion russe.
Un hommage a aussi été rendu aux musiciens et chefs d’orchestre qui ont « œuvré pour la paix », tels Yehudi Menuhin, Mstislav Rostropovitch, Pablo Casals ou Daniel Barenboim, a souligné le maître de cérémonie Stéphane Bern.
Lauréat de la prestigieuse Victoire « soliste instrumental », Alexandre Kantorow, 26 ans, était entré dans l’histoire en devenant, en 2019, à l’âge de 22 ans, le premier lauréat français du Grand Prix de piano au concours Tchaïkovski à Moscou, l’un des plus prestigieux au monde.
Fils unique du chef d’orchestre Jean-Jacques Kantorow et de la violoniste anglaise Kathryn Dean, il joue à la fois en musique de chambre et dans d’illustres institutions telles que le Berliner Philharmoniker, au Carnegie Hall, ou avec l’Orchestre de Paris, sous la direction de grands chefs d’orchestre tels que Sir John Eliot Gardiner, Jaap Van Zweden ou Klaus Mäkelä.
En 2020, il avait déjà été doublement sacré aux Victoires de la musique classique, dans deux catégories, « soliste instrumental » et « enregistrement ». Il est l’un des artistes invités du Festival al-Bustan à l’affiche du 10 mars, accompagné de Daniel Lozakovitch, un violoniste suédois très recherché ayant joué dans les salles les plus prestigieuses et, notamment, aux côtés de Renaud Capuçon avec lequel il avait offert un concert privé au couple présidentiel français et ses invités le roi Charles et la reine Camilla à Versailles.De son côté, le ténor franco-suisse Benjamin Bernheim, 38 ans, a remporté le titre d’« artiste lyrique », une récompense qu’il avait déjà obtenue en 2020, ex aequo avec Karine Deshayes.
Star sur le tard, il a plusieurs fois voulu jeter l’éponge. « Je me suis longtemps battu contre ma voix, racontait-il il y a quatre ans. Elle se fatiguait beaucoup, très vite. »
Pour autant, les critiques louent son timbre « étincelant » et des aigus d’une « puissance qui cloue l’auditeur au fauteuil ». Certains le comparent au grand ténor Roberto Alagna, son modèle, en raison notamment de l’excellente diction du français.
L’artiste est invité régulier des plus grandes maisons d’opéra européennes, où il interprète les rôles du répertoire romantique. Il vient d’incarner le rôle titre dans les Contes d’Hoffmann à l’Opéra national de Paris.
Côté révélations, à la baguette, Marie Jacquot a remporté le trophée « chef d’orchestre ». Et la mezzo-
soprano Juliette Mey a été récompensée « artiste lyrique ».
La compositrice Florentine Mulsant gagne la Victoire « compositeur » pour Le Chant du soleil, sonate pour piano à quatre mains.
Enfin, le trophée enregistrement est revenu à titre posthume au pianiste Nicholas Angelich, né en 1970, pour le coffret de 7 CD Hommage publié par Erato deux ans après sa mort, en 2022.
AFP et L’OLJ


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