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Plus ça va mal, plus ils s’accrochent

Chère lectrice, cher lecteur,

« Plus il y a de catastrophes dans notre pays, plus on ressent le besoin de rechercher des liens forts, des liens du passé, des points d’ancrage de force et d’enrichissement culturel ». En expliquant sa démarche artistique, Mounira al-Solh a mis le doigt sur la plaie. Et un peu comme l'apôtre Thomas a mis le doigt sur les plaies de Jésus pour vérifier si celui-ci était ressuscité, les artistes libanais touchent le gros bobo pour faire revivre les piliers inébranlables en temps de destruction et de déclin. Al-Solh, qui va investir le pavillon libanais à la Biennale de Venise (du 20 avril au 24 novembre), raconte en exclusivité à Gilles Khoury la genèse de son installation « A dance with her myth » (Danser avec son mythe), qui a pour décor la civilisation phénicienne et qui, par le biais du mythe d’Europe (enlevée par Zeus sur les rives de Sidon), agit comme une manière de réinventer notre propre histoire.

« Dans des situations de tension comme celle que nous vivons actuellement », Zéna Zalzal prescrit de l’art, encore de l’art, sous toutes ses expressions. Suivons donc le guide dans une « petite virée dans le radieux, l’imaginaire, le sensible et même le sombrement émotionnel » à travers sa sélection d’expositions à Beyrouth.

Nous vous proposons également cette semaine de découvrir : une diva « caméléon politique » griffée en Elie Saab, le design de Kristina Zouein et Daniele Kiridjian qui font la paire, l’iconographie des contestations irakienne et libanaise d’octobre 2019, ainsi que de derniers hommages à Antoine Moultaka et Fady Ibrahim.

Bonne lecture !

Maya Ghandour Hert

Cheffe du service culturel

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