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Moyen-Orient - Crise humanitaire

De la nourriture pour animaux et des dattes aux nouveaux-nés : de quoi se nourrissent les enfants dans le nord de Gaza ?

Des enfants ayant fui Gaza City racontent qu'ils s'y nourrissaient, un jour sur deux, de petits pains fabriqués à partir de nourriture pour ânes et oiseaux. 

Warda Mattar, une mère palestinienne, donnant une datte enrobée dans de la gaze à son fils de deux mois, à défaut de lait, dans le centre de Gaza, le 25 février 2024. Photo Doaa Ruqqa / REUTERS

Dans une tente de Deir el-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, trois petits garçons se gavent de halawa, une pâte sucrée et friable à base de sésame. Un mets qui n'a rien à comparer avec les petits pains amers, fabriqués à partir de nourriture pour animaux, qu'ils étaient réduits à manger à Gaza City, dans le nord de l'enclave, où ils habitaient avant. 

Dans l'abri de fortune où ils ont rejoint leur tante, Seraj Chehada, huit ans, et ses frères Ismaïl, neuf ans, et Saad, onze ans, racontent qu'ils ont fui Gaza parce qu'ils n'y trouvaient plus rien à manger. « Nous ne mangions rien, nous pouvions juste avoir un repas tous les deux jours », raconte Seraj, qui mange la halawa à même le pot. « Nous mangions de la nourriture pour oiseaux et pour ânes, tout ce que nous trouvions », ajoute-t-il, expliquant qu'ils faisaient des petits pains à partir de ces matières, et qu'ils les mangeaient « jour après jour ». 

Eau salée
Les trois frères Chehada expliquent qu'ils ont perdu leur mère, un frère et plusieurs de leurs tentes dans les bombardements israéliens. Ils vivaient avec leur père et leur grand-mère et ne mangeaient que ces petits pains. « C'était amer, nous n'en voulions pas, mais nous étions obligés d'en manger, à raison d'un tous les deux jours », explique Saad. Cela en plus de boire de l'eau salée, qui les rendait malade, et alors qu'il n'y avait aucun moyen de se laver ou de faire des lessives. « Nous sommes venus en secret à Deir el-Balah, sans le dire à notre père », ajoute l'aîné des garçons. 

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La bande de Gaza souffrent de graves pénuries de nourriture depuis le début de la guerre, le 7 octobre 2023, mais elles sont encore plus graves dans le Nord, où les livraisons d'aides alimentaires se raréfient. De rares camions transportant des aides qui ont atteint le Nord ont notamment été pris d'assaut par des foules désespérées et affamées, tandis que les travailleurs humanitaires ont rapporté avoir vu des personnes maigres et visiblement affamées, les yeux enfoncés. Dans le centre de l'enclave, la situation est légèrement meilleure, mais sans pour autant être facile. 

Pas de lait
Dans le camp de réfugiés de Nousseirat, au nord de Deir el-Balah, Warda Mattar, une mère de famille déplacée qui s'est réfugiée dans une école avec son bébé de deux mois, lui fait sucer une datte enveloppée dans de la gaze, à défaut de lait. 

« Mon fils est un nouveau né, il est supposé boire du lait, naturel ou en poudre, mais je n'en ai pas à lui donner, il n'y a pas de lait à Gaza », déplore-t-elle. « J'utilise des dattes pour qu'il reste calme ». 

A Deir el-Balah, Eman Chehada, la tante des trois garçons, s'occupe d'eux du mieux qu'elle peut, mais ce n'est pas évident dans sa situation : en fin de grossesse et veuve, son mari ayant été tué récemment, elle vivait jusqu'à présent seule avec sa fille en bas âge. « Je ne peux pas me nourrir comme il faudrait, je me sens fatiguée et j'ai des vertiges », explique-t-elle, ajoutant qu'elle n'a pas les moyens d'acheter un kilo de pommes de terre. « Je ne sais pas comment faire avec ces trois enfants, ma fille, et alors que je suis enceinte, je peux accoucher à tout moment », se lamente-t-elle.

L'offensive israélienne sur Gaza a commencé le 7 octobre, jour de l'attaque meurtrière du Hamas en Israël. Elle a déplacé la plupart des 2,3 millions d'habitants de Gaza et a provoqué une famine, tandis que les maladies se propagent dans l'enclave.

Cet article est une traduction réalisée par L'Orient-Le Jour d'un article de Reuters publié en anglais. 

Dans une tente de Deir el-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, trois petits garçons se gavent de halawa, une pâte sucrée et friable à base de sésame. Un mets qui n'a rien à comparer avec les petits pains amers, fabriqués à partir de nourriture pour animaux, qu'ils étaient réduits à manger à Gaza City, dans le nord de l'enclave, où ils habitaient avant. Dans l'abri de...

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Pourquoi le Hamas ne distribue pas les camions de vivres à toute la population ?

Dorfler lazare

18 h 13, le 28 février 2024

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Commentaires (1)

  • Pourquoi le Hamas ne distribue pas les camions de vivres à toute la population ?

    Dorfler lazare

    18 h 13, le 28 février 2024

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