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Économie - Budget

Pour redresser ses finances, la France se résout à un nouveau serrage de vis

Le gouvernement va opérer des coupes claires dans les dépenses publiques en 2024.

Pour redresser ses finances, la France se résout à un nouveau serrage de vis

Le ministre français de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire. Philippe Desmazes/AFP

Recrutements décalés, aides à la formation rabotées... Pour respecter son engagement à redresser des finances publiques dégradées, le gouvernement français envisage d’opérer des coupes claires dans les dépenses publiques en 2024, sur fond de crainte d’une dégradation de sa notation financière.

Au total, ce sont 10 milliards d’euros d’économies supplémentaires qui ont été annoncés pour cette année afin de tenir l’objectif d’un déficit public à 4,4 % du produit intérieur brut (PIB), face à une prévision de croissance abaissée à 1 % dans un contexte géopolitique tendu (contre 1,4 % espéré précédemment et après 0,9 % en 2023).

« Le ralentissement économique, c’est le prix à payer de la victoire contre l’inflation », a estimé le ministre français de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire, évoquant lundi devant la presse les taux d’intérêt élevés décidés par la Banque centrale européenne (BCE) pour lutter contre la surchauffe des prix.

Ce nouveau serrage de vis s’ajoute aux 16 milliards d’économies déjà inscrits dans le budget pour 2024, provenant pour l’essentiel de la suppression du bouclier énergétique. Il intervient avant la décision très attendue des principales agences de notation au printemps sur la note de la dette française.

Il s’agit, selon Bruno Le Maire, de faire preuve de « responsabilité », alors que le gouvernement exclut catégoriquement toute hausse d’impôts pour compenser de moindres recettes.

Le verdict de Fitch et Moody’s est attendu le 26 avril, celui de S&P Global Ratings le 31 mai, juste avant les élections européennes. Une dégradation serait un mauvais signal pour la France, actuellement au rang des mauvais élèves européens en termes de bonne tenue des finances publiques.

Signe de la difficile équation budgétaire à laquelle est confronté l’exécutif, une source à Bercy a signalé lundi qu’il serait « probablement difficile de tenir » l’objectif d’un déficit à 4,9 % du PIB pour 2023.

« Nous avons demandé à l’État de se serrer la ceinture. Et nous avons fait le choix de ne pas toucher au budget de la Sécurité sociale ou de ne pas toucher au budget des collectivités locales », a souligné Bruno Le Maire. « On ne prend pas un euro aux Français », a-t-il insisté.

« Au moins 12 milliards » en 2025

La moitié des économies, soit cinq milliards d’euros, devront être trouvées sur le budget de fonctionnement des ministères. Par exemple, 700 millions d’euros d’économies proviendront de moindres dépenses de personnel, notamment le décalage dans le temps de recrutements, et 750 millions d’une baisse sur les achats de l’État, a détaillé le ministre chargé des Comptes publics, Thomas Cazenave. Il a évoqué également une réduction des surfaces de bureaux de l’État de près de 25 % d’ici à 2030 et une baisse de 20 % des déplacements des agents publics.

Évoquant une mesure « juste » et « nécessaire » dans un contexte difficile pour les finances publiques, Thomas Cazenave a également annoncé la mise en place dès 2024 d’une participation forfaitaire des salariés au compte personnel de formation (CF), « ce qui nous permettra de générer 200 millions d’euros d’économies » sur 2,2 milliards de dépenses qui étaient prévus cette année.

Les personnes seront exonérées du reste à charge si l’employeur abonde ou si elles sont au chômage, a précisé Bercy. Son montant doit encore être arrêté, « mais il a vocation à se situer au minimum à 10 % du coût de la formation ».

Parmi les autres politiques publiques que Bercy souhaite réviser, le ministre a cité un abaissement d’un milliard d’euros de l’enveloppe d’aide à la rénovation énergétique MaPrimeRénov, qui augmentera de 600 millions d’euros contre 1,6 milliard prévu précédemment, ou la révision des montants de prise en charge pour les contrats d’apprentissage (200 millions).

Au programme aussi, une réduction de 800 millions d’euros de l’aide publique au développement et la limitation du Fonds vert à 100 millions d’euros.

Le décret d’annulation de ces 10 milliards d’euros de crédit doit être pris cette semaine. Un autre décret doit préciser les modalités pour le CF en avril, selon Bercy.

À moyen terme, le gouvernement ambitionne de rentrer dans les clous européens en faisant repasser le déficit public sous la barre des 3 % en 2027.

Il a d’ores et déjà prévenu que les efforts devront se poursuivre en 2025, avec une revue des dépenses qui devra aboutir à « au moins » 12 milliards d’euros d’économies, selon Bruno Le Maire.

Source : AFP

Recrutements décalés, aides à la formation rabotées... Pour respecter son engagement à redresser des finances publiques dégradées, le gouvernement français envisage d’opérer des coupes claires dans les dépenses publiques en 2024, sur fond de crainte d’une dégradation de sa notation financière.Au total, ce sont 10 milliards d’euros d’économies supplémentaires qui ont été...

commentaires (1)

C’est très bien de faire des économies, mais jusqu’où iront les tours de vis? J’aurai préféré avoir des informations sur le sujet de la ré-industrialisation de la France. D’ailleurs ce n.ai pas en rabotant l’aide à la formation qu’on va pouvoir industrialiser le pays, et dans ce cas avec quelle main-d’oeuvre ? Et sur le dire « on ne prend pas un euro aux Français «  : peut-être pas directement...

IRANI Joseph

12 h 12, le 20 février 2024

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Commentaires (1)

  • C’est très bien de faire des économies, mais jusqu’où iront les tours de vis? J’aurai préféré avoir des informations sur le sujet de la ré-industrialisation de la France. D’ailleurs ce n.ai pas en rabotant l’aide à la formation qu’on va pouvoir industrialiser le pays, et dans ce cas avec quelle main-d’oeuvre ? Et sur le dire « on ne prend pas un euro aux Français «  : peut-être pas directement...

    IRANI Joseph

    12 h 12, le 20 février 2024

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