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Nos lecteurs ont la parole

Quand la sentence s’avère fatale

Afin de remédier aux crimes les plus odieux et punir les criminels les plus abjects, l’homme instaura la peine la plus indigne qui soit, qui figure dans les textes juridiques les plus anciens. Il établit une sorte de sauvagerie légale, la peine capitale, qui constitue incontestablement une atteinte flagrante aux droits de l’homme. Cette condamnation est malheureusement encore prononcée de nos jours dans certains pays, malgré les avancées dans le domaine de la justice. Au fil des siècles, plusieurs abolitionnistes s’opposèrent à la peine de mort, comme le philosophe des Lumières Cesare Beccaria, père du droit pénal moderne, ou encore Victor Hugo, qui illustra l’atrocité de cet acte dans Le dernier jour d’un condamné et Claude Gueux, et qui tint son célèbre discours en 1848 en tant que député en affirmant à ses confrères : « Vous ne l’abolirez pas peut-être aujourd’hui ;

mais, n’en doutez pas, vous l’abolirez ou vos successeurs l’aboliront demain ! »

Cent trente-trois ans plus tard, la prédiction de l’homme océan se réalisa, grâce à un personnage au parcours remarquable qui nous a quittés récemment.

« Parce qu’aucun homme n’est totalement responsable, parce qu’aucune justice n’est absolument infaillible, la peine de mort est moralement inacceptable. Pour ceux d’entre nous qui croient en Dieu, Lui seul a le pouvoir de choisir l’heure de notre mort. » Ces mots sont ceux de Robert Badinter, le père de l’abolition de la peine de mort en France, qui s’éteignit le vendredi 9 février. Ancien garde des Sceaux ayant également présidé le Conseil constitutionnel durant neuf ans, cet avocat vertueux mena un combat implacable pour mettre fin à cette sanction fatale. Entre 1977 et 1980, il défendit plusieurs criminels qui échappèrent à la guillotine grâce à lui. Il prononça son discours historique à l’Assemblée nationale le 17 septembre 1981 et le 9 octobre, la France abolit la peine de mort. Nous garderons un souvenir impérissable de cet homme qui éclaira les esprits avec la lumière de la justice.

Actuellement, la majorité des pays du monde et la quasi-totalité des pays européens sont abolitionnistes, mais la peine capitale reste appliquée dans plus de cinquante États, dont deux qui font partie des plus grandes puissances mondiales. Cet acte qui promeut la vengeance reste en vigueur et est même juste pour certains. Celui qui a causé la mort ne la mérite-t-il pas aussi ? Mais le rôle de la justice n’est pas d’amplifier la violence, au contraire, elle est censée la réduire. La protection de la société ne se fait pas en exécutant les individus dangereux en employant des méthodes inhumaines, au lieu de les incarcérer à perpétuité dans le but d’espérer un jour une réinsertion sociale ou même une disculpation. L’abolition de la peine de mort doit de ce fait être universelle afin de préserver la dignité et le droit le plus fondamental de l’homme : le droit à la vie. Je conclus avec l’une des plus belles citations de Badinter : « Utiliser contre les terroristes la peine de mort, c’est, pour une démocratie, faire siennes les valeurs de ces derniers. »


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Afin de remédier aux crimes les plus odieux et punir les criminels les plus abjects, l’homme instaura la peine la plus indigne qui soit, qui figure dans les textes juridiques les plus anciens. Il établit une sorte de sauvagerie légale, la peine capitale, qui constitue incontestablement une atteinte flagrante aux droits de l’homme. Cette condamnation est malheureusement encore prononcée de nos jours dans certains pays, malgré les avancées dans le domaine de la justice. Au fil des siècles, plusieurs abolitionnistes s’opposèrent à la peine de mort, comme le philosophe des Lumières Cesare Beccaria, père du droit pénal moderne, ou encore Victor Hugo, qui illustra l’atrocité de cet acte dans Le dernier jour d’un condamné et Claude Gueux, et qui tint son célèbre discours en 1848 en tant que député en affirmant à ses...
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Les États Unis soit disant démocratique a encore la peine de mort, qu’elle honte

Eleni Caridopoulou

18 h 07, le 13 février 2024

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  • Les États Unis soit disant démocratique a encore la peine de mort, qu’elle honte

    Eleni Caridopoulou

    18 h 07, le 13 février 2024

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