Des habitants observent, la mine sombre, l’ampleur des dégâts causés par les bombardements israéliens qui ont visé la localité frontalière de Bint Jbeil, au Liban-Sud, le 27 décembre 2023. AFP
Depuis le début de la guerre du 7 octobre, mercredi était peut-être l’une des journées les plus meurtrières sur le front sud où l’escalade monte crescendo sur le terrain, mais aussi dans les positions des responsables israéliens qui sont allés jusqu’à menacer le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, d’élimination.
Première opération marquant un nouveau palier dans la guerre qui oppose le parti chiite à l’armée israélienne : le raid, mardi tard en soirée, contre la localité de Bint Jbeil, à environ deux km de la frontière avec Israël. Cette frappe aérienne, la première à viser le centre de cette localité (caza du même nom), a ciblé une maison de deux étages, tuant un combattant du Hezbollah, Ali Bazzi, et deux civils membres de sa famille, son frère Ibrahim Bazzi et sa belle-sœur Chourouk Hammoud. Une quatrième personne de la même famille a été blessée, selon une source médicale. Selon les témoignages d’habitants, Ibrahim Bazzi, établi en Australie, était revenu au Liban il y a trois jours afin que son épouse le suive à l’étranger. Un photographe de l’AFP sur place a vu une maison de deux étages totalement détruite, et d’importants dégâts dans les maisons et les commerces environnants. D’autres raids ont touché les abords de la localité à 1h du matin.
Nombre record de roquettes
Les funérailles des trois victimes, dont les cercueils étaient recouverts de drapeaux du Hezbollah, se sont déroulés mercredi en milieu de journée à Bint Jbeil, selon un photographe de l’AFP. « L’ennemi va payer le prix » de « ses crimes contre les civils », a averti un député du Hezbollah, Hassan Fadlallah, au cours de la cérémonie.
Peu après, la formation pro-iranienne a annoncé avoir tiré en représailles au raid sur Bint Jbeil « 30 roquettes de type Katioucha sur Kyriat Shmona » dans le nord d’Israël. Les roquettes Katioucha constituent la majorité de l’arsenal de roquettes du Hezbollah et ont été l’arme de prédilection du parti lors de la guerre de 2006, selon Missile Threat, un centre américain d’études stratégiques internationales. Mercredi, le Hezbollah a d’ailleurs lancé le plus grand nombre de roquettes et de drones armés contre Israël en une seule journée depuis le début des tirs transfrontaliers le 8 octobre, ont indiqué des sources de sécurité à l’agence Reuters. Selon des sources de sécurité également, contactées par notre correspondant dans le Sud Mountasser Abdallah, il s’agirait de plus de 90 roquettes tirées ce mercredi, un nombre record, selon plusieurs observateurs. « Entre 80 et 90 roquettes ont été lancées par la résistance sur des sites israéliens, notamment des roquettes Volcano et Katioucha, des tirs d’artillerie et des drones », ont indiqué ces sources à notre correspondant. Le Hezbollah, qui affirme agir pour soutenir le Hamas palestinien, son allié, a également revendiqué une série d’attaques contre Israël à l’aide d’obus d’artillerie.Notre correspondant au Sud ainsi que l’Agence nationale d’information (ANI, officielle) ont d’un autre côté rapporté des bombardements et frappes israéliens sur différentes zones frontalières. Trois raids de drones israéliens ont ainsi visé la périphérie d’Aïta el-Chaab (caza de Bint Jbeil), ont indiqué à notre correspondant des sources sécuritaires, précisant qu’il n’y a eu aucun blessé. L’artillerie israélienne a également visé la périphérie de la localité de Houla (caza de Nabatiyé), plus précisément la zone de Birkat al-Tayari, ont indiqué des habitants à notre correspondant. Selon des témoins oculaires, trois missiles d’interception ont été tirés près de Houla. Les environs de Tayr Harfa (caza de Tyr) ont également été visés par des missiles israéliens, ont indiqué des habitants à notre correspondant, et un drone israélien a tiré une roquette sur une maison de la localité provoquant un incendie, a indiqué le chef de la municipalité à notre correspondant. Un drone israélien a également tiré un missile sur le secteur de Safeh, au sud-est du village de Maïs el-Jabal (caza de Marjeyoun). Des habitants de Naqoura ont en outre déclaré à notre correspondant que des avions de guerre israéliens ont frappé la région de Labbouné (caza de Tyr). De plus, des avions israéliens ont tiré deux missiles sur Jabal Blat près du village de Marwahine, selon une source de sécurité. L’armée israélienne a pour sa part indiqué que le nord d’Israël avait été visé depuis le Liban et avoir « répondu aux sources de tirs », sans faire état de victime. Elle a ajouté que l’aviation israélienne avait visé « un certain nombre d’infrastructures terroristes, ainsi que des sites militaires du Hezbollah ».
Les affrontements sont largement limités aux zones frontalières, mais Israël a mené des frappes plus en profondeur, jusqu’à une quarantaine de km de la frontière, au cours des derniers jours. Mardi, des raids ont même visé la localité de Qlaylé, à une dizaine de kilomètres de la ville côtière de Tyr.
Depuis le 8 octobre, les affrontements entre Israël et le Hezbollah ont fait près de 160 morts du côté libanais, dont 129 combattants du Hezbollah. Du côté israélien de la frontière, au moins 13 personnes ont été tuées, dont neuf soldats, depuis le 7 octobre. L’armée israélienne avait annoncé mardi que neuf de ses soldats ainsi qu’un civil avaient été blessés par des tirs de missile du Hezbollah, dont un a touché une église dans un village arabe du nord d’Israël.
« Le prochain sur la liste »
Parallèlement à cette escalade militaire, plusieurs responsables israéliens ont nettement haussé le ton mercredi contre le Hezbollah. Ainsi, selon certains médias israéliens, repris par l’agence libanaise al-Markaziya, le ministre israélien des Affaires étrangères Eli Cohen a déclaré mercredi que le leader du Hezbollah « (Hassan) Nasrallah doit comprendre qu’il est le prochain sur la liste », lors d’une tournée d’ambassadeurs étrangers à la frontière nord d’Israël. « S’il ne veut pas être le prochain sur la liste, il doit immédiatement mettre en œuvre la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU et retirer le Hezbollah au nord du fleuve Litani », a-t-il ajouté. Si le ministre n’a pas précisé à qui il faisait référence en parlant d’une liste, ses propos interviennent trois jours après l’élimination d’un commandant des gardiens de la révolution iraniens en Syrie par une frappe imputée à Israël par l’Iran. Mercredi, les pasdaran ont prévenu d’une riposte à cet assassinat par « une combinaison directe et d’autres menées par l’axe de la résistance ».
Peu après les menaces d’Eli Cohen, le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, a déclaré lors d’une conférence de presse que la situation à la frontière nord d’Israël « doit changer » et que le temps de la diplomatie est compté, selon des propos rapportés par Reuters. Benny Gantz a ajouté que « si le monde et le gouvernement libanais n’agissent pas pour empêcher les tirs sur les résidents du nord d’Israël et pour éloigner le Hezbollah de la frontière », l’armée israélienne s’en chargera.


Je me permets: ce n'est pas un Hazard.HB, Hamas ...ont fait le jeu d'Israel tout au long en se posant comme ennemi jure et destructif. Cela a permis a Israel de s'elargir et de se consolider. C'est la poltique d'Israel de maintenir un ennemi considere comme dangereux pour son existence, et nos amis etaient tres contents de s'y preter car ils croyaient gagner sur d'autres fronts.Merci.
18 h 31, le 28 décembre 2023