Rechercher
Rechercher

Emails

La Sélection (cigarettes et nuits courtes) de Clara Hage

Chère lectrice, cher lecteur,

Il est loin le temps des revues de presse matinales, où nous parcourions l’actualité en quadrillant le Moyen-Orient, d’Istanbul à Téhéran, de Rabat à Damas en passant par Riyad et Bagdad, à l’affût des nouvelles du jour à vous faire lire.

Depuis plus de deux mois maintenant, le service international de L’Orient-Le Jour tourne à plein régime au gré des nouvelles dramatiques qui nous parviennent de la bande de Gaza, nous valant des nuits relativement plus courtes qu’à l’accoutumée et une consommation de cigarettes, pour certains du moins, quelque peu démultipliée. La guerre non loin de chez nous, dans une enclave interdite aux journalistes étrangers et dans laquelle aucune de nous (ce service est exclusivement féminin) n’a jamais mis les pieds, a imposé de nouvelles réflexions sur des questions fondamentales : comment traiter l’information ? Comment doser les analyses géopolitiques nécessaires à la compréhension de la séquence et les récits personnels qui donnent voix et chair aux Palestiniens, dont les vies ont semblé, au début de la guerre, valoir moins que celles des autres selon une impression générale donnée par le vacarme du monde. Et ces récits, comment y accéder ?

Si ce que l’on sait aujourd’hui de l’opération du 7 octobre tient en pas moins de 35 000 signes (espaces compris), à retrouver dans un article fleuve mais non moins édifiant de ma collègue Noura Doukhi, le quotidien des Palestiniens depuis le jour d’après est parsemé de trous noirs causés par des bombardements incessants, des coupures d’électricité quotidiennes et des déplacements forcés au cours desquels nous risquons continuellement de perdre la trace des quelques contacts qui sont devenus nos seules fenêtres sur Gaza.

À l’heure où les échos de Gaza retentissent plus que jamais dans l’actualité américaine, font vibrer les campus de ses universités les plus prestigieuses ou servent de nouveau fer de lance aux suprémacistes blancs pour dissimuler un antisémitisme notoire, notre service se doit de vous informer sur le reste du monde et de garder l’oeil sur toute la région.

Et comme la consigne initiale qui m’a été donnée (« c’est mieux d’être un peu légère tout de même », m’a t-on dit) n’a pour l’instant pas été respectée, loin s’en faut, il me reste à conclure sur une note un peu plus positive que vous retrouverez dans nos articles récents : la Syrienne Amina al-Bish, oeuvrant dans la défense civile du Nord-Ouest de son pays, compte désormais dans le classement des 100 femmes les plus inspirantes de la BBC, divulguée le 21 novembre dernier.

Bonne lecture !

Clara Hage

Journaliste au service international

commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut