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Moyen-Orient - Conflit Hamas-Israël

Le poète palestinien Refaat Alareer tué dans une frappe israélienne à Gaza

Professeur de littérature anglaise à l'université islamique de Gaza, où il enseignait notamment Shakespeare, Refaat Alareer était l'un des cofondateurs du projet « We are not numbers », jumelant des auteurs de Gaza à des « mentors » à l'étranger qui les aident à écrire des récits en anglais sur leur réalité.

Un homme dans les ruines d'une habitation détruite par une frappe israélienne à Rafah, dans le Sud de Gaza, le 7 décembre 2023. Photo d'illustration AFP/Mahmud Hams

Le poète palestinien Refaat Alareer, un des chefs de file d'une jeune génération d'auteurs de Gaza ayant fait le pari d'écrire en anglais pour raconter leur histoire, a été tué dans une frappe israélienne, ont annoncé ses proches dans la nuit de jeudi à vendredi.

« L'assassinat de Refaat est tragique, douloureux et scandaleux. C'est une perte immense », a commenté sur X son ami Ahmed Alnaouq après des raids mortels jeudi soir dans le nord de la bande de Gaza, selon le ministère de la Santé de l'administration du Hamas. « Mon coeur est brisé, mon ami et mon collègue Refaat Alareer a été tué avec sa famille il y a quelques minutes (...) Je n'arrive pas à y croire. Nous aimions chacun cueillir des fraises ensemble », a écrit sur Facebook son ami, le poète gazaoui Mosab Abu Toha. « Repose en paix Refaat Alareer. Nous continuerons à être guidés par ta sagesse, aujourd'hui et pour l'éternité », a témoigné sur X l'auteur et journaliste Ramzy Baroud. Le site spécialisé américain « Literary Hub » lui a également rendu hommage.

Professeur de littérature anglaise à l'université islamique de Gaza, où il enseignait notamment Shakespeare, Refaat Alareer était l'un des cofondateurs du projet « We are not numbers » ( »Nous ne sommes pas des chiffres »), jumelant des auteurs de Gaza à des « mentors » à l'étranger qui les aident à écrire des récits en anglais sur leur réalité. Il avait édité le livre « Gaza writes back », des chroniques de la vie à Gaza par des jeunes auteurs palestiniens, et publié « Gaza unsilenced », non traduits en français.

En riposte à l'attaque du 7 octobre du Hamas sur son sol, Israël a lancé une vaste opération pour « anéantir » ce mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza et classé organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël. Cette offensive a fait plus de 17.000 morts, en grande majorité des femmes, des enfants et des adolescents, selon le ministère de la Santé du Hamas.

Quelques jours après le début de l'offensive terrestre israélienne, Refaat Alareer avait dit refuser de quitter le nord de la bande de Gaza, épicentre alors des combats. Il avait publié sur X un poème devenu viral intitulé « If I must die » ( »Si je devais mourir ») qui se conclut par ces mots: « Que cela apporte de l'espoir, que cela soit un conte ».

Le poète palestinien Refaat Alareer, un des chefs de file d'une jeune génération d'auteurs de Gaza ayant fait le pari d'écrire en anglais pour raconter leur histoire, a été tué dans une frappe israélienne, ont annoncé ses proches dans la nuit de jeudi à vendredi.« L'assassinat de Refaat est tragique, douloureux et scandaleux. C'est une perte immense », a commenté...

commentaires (1)

"Si je devais mourir". Après la mort à Gaza de la poétesse Hiba Abou Nada en octobre, c'est le deuxième poète mort depuis le début de la guerre. "Si je devais mourir si jeune" aurait-il pu écrire. Le SI est si important qu’il rappelle celui de Kipling et le poème IF dédié à son fils John… Qui sera hanté par la mort des deux poètes sous les bombardements où les cadavres se ramassent à la pelle ? Les calculs à froid, aidés par l’intelligence artificielle et "le tolérable acceptable de dommages collatéraux", et autres "variables d’ajustement" ne tiennent pas compte de la mort des poètes…

Nabil

12 h 22, le 08 décembre 2023

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Commentaires (1)

  • "Si je devais mourir". Après la mort à Gaza de la poétesse Hiba Abou Nada en octobre, c'est le deuxième poète mort depuis le début de la guerre. "Si je devais mourir si jeune" aurait-il pu écrire. Le SI est si important qu’il rappelle celui de Kipling et le poème IF dédié à son fils John… Qui sera hanté par la mort des deux poètes sous les bombardements où les cadavres se ramassent à la pelle ? Les calculs à froid, aidés par l’intelligence artificielle et "le tolérable acceptable de dommages collatéraux", et autres "variables d’ajustement" ne tiennent pas compte de la mort des poètes…

    Nabil

    12 h 22, le 08 décembre 2023

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