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Culture - Cinéma

Ruée sanglante vers l’or noir signée Scorsese

Martin Scorsese explore les coulisses sombres et sanglantes de l’histoire des États-Unis dans « Killers of the Flower Moon », qui réunit pour la première fois ses deux acteurs fétiches DiCaprio et De Niro et rend justice aux Amérindiens.

Ruée sanglante vers l’or noir signée Scorsese

Lily Gladstone et Leonardo DiCaprio sur le tournage de « Killers of the Flower Moon ». Photo Melinda Sue Gordon/Courtesy Apple

Le film de 3h26 diffusé dans les salles libanaises marque le retour de Martin Scorsese, légende du cinéma américain, sur grand écran, quatre ans après The Irishman, sorti directement sur Netflix.

Violence sourde, règlements de comptes et trahisons : Killers of the Flower Moon transpose l’univers des plus grands films du réalisateur d’origine italo-américaine sur les terres poussiéreuses d’une tribu amérindienne, les Osage, au début du XXe siècle.

Le pétrole découvert en abondance sous leurs pieds est leur chance, les rendant immensément riches, autant que leur malédiction : il suscite la convoitise des hommes blancs, nombreux à épouser les femmes osage placées sous tutelle et prêts à tout pour mettre la main sur le pactole.

Dans une ambiance de western assumée, avec arrivée du héros dans la petite ville de Fairfax à bord d’un train, cérémonie du calumet et puits de pétrole, la petite communauté va être soudainement victime d’une série de meurtres et de disparitions.

Scorsese donne libre cours à deux de ses acteurs fétiches, Robert De Niro, 80 ans (Taxi Driver, Raging Bull, Mean Streets...), et Leonardo DiCaprio, 48 ans (Le Loup de Wall Street, Shutter Island...), qui se coulent dans cet univers vicié.

Le film révèle aussi une actrice amérindienne Blackfeet, Lily Gladstone, qui prête ses traits à Mollie, une femme osage dont tombe amoureux Ernest Burkhart, joué par DiCaprio.

Ce dernier se retrouve embringué dans une conspiration ourdie par l’homme d’affaires William Hale, incarné par un Robert De Niro avide de pétrole. Un agent du FBI, joué par Jesse Plemons (The Power of the Dog), est chargé d’élucider les meurtres.

Robert De Niro et Leonardo DiCaprio dans une scène de « Killers of the Flower Moon ». Photo Melinda Sue Gordon/Courtesy Apple

Colonialisme

Le producteur, le géant de la tech Apple, qui s’offre ainsi l’un des plus grands noms du cinéma avant de sortir le très attendu Napoléon de Ridley Scott, en a pour son argent : la réalisation fastueuse est à la hauteur du budget pharaonique.

Cette fresque prend son temps pour souligner, meurtre après meurtre, les dynamiques coloniales et racistes qui ont perduré aux États-Unis au XXe siècle.

Les Osage du film sont minés par les maladies, la dépression et un système législatif qui organise leur discrimination. La production a pris soin d’embaucher des membres de ce peuple pour de nombreux rôles, et on peut aussi entendre dans le film De Niro et DiCaprio délaisser l’anglais par moments pour parler leur langue.

Se voulant inspiré de faits réels, le film s’appuie sur un livre de l’écrivain et journaliste américain David Grann (La note américaine).

Il s’agit de narrer « l’histoire d’un des crimes les plus monstrueux et des injustices raciales perpétrés par des colons blancs contre des Amérindiens pour l’argent du pétrole », a expliqué cet auteur lors d’une avant-première à New York.

Lorsque « l’appât du gain se mêle à la déshumanisation d’un autre peuple, cela conduit à ces crimes génocidaires », a-t-il fustigé.

À ses côtés sur le tapis rouge, le chef principal de la nation osage Geoffrey Standing Bear a également dénoncé le fait que « le peuple osage mais aussi les peuples « natifs » ont la vie très dure depuis 500 ans ». « Et ce film nous montre que cela continue », a ajouté le dirigeant amérindien.

Les États-Unis, où le président Joe Biden a décrété depuis 2021 un « Jour national des peuples indigènes », comptent officiellement 6,8 millions d’Américains « natifs » ou « autochtones« », soit 2 % de la population.

Source : AFP

Le film de 3h26 diffusé dans les salles libanaises marque le retour de Martin Scorsese, légende du cinéma américain, sur grand écran, quatre ans après The Irishman, sorti directement sur Netflix.Violence sourde, règlements de comptes et trahisons : Killers of the Flower Moon transpose l’univers des plus grands films du réalisateur d’origine italo-américaine sur les terres...
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