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Moyen-Orient - Guerre Hamas/Israël

D'anciens colons israéliens de Gaza rêvent d'un retour

Le 11 septembre 2005, Israël avait achevé le retrait unilatéral de ses troupes et des 8.000 colons qui vivaient dans la bande de Gaza. Un moment qui reste vivace dans la mémoire collective israélienne.

Un soldat israélien près de Sderot, à la frontière avec la bande de Gaza, le 25 octobre 2023. Photo Menahem KAHANA/AFP

« Retourner là-bas » : en pleine guerre contre le Hamas, d'anciens colons israéliens de Gaza, appuyés par une partie de l'opinion israélienne, se prennent à rêver de réoccuper le territoire palestinien.

Le 11 septembre 2005, Israël avait achevé le retrait unilatéral de ses troupes et des 8.000 colons qui vivaient dans la bande de Gaza, décidé par le gouvernement d'Ariel Sharon. Les images des Israéliens en larmes sortis de leur maison, de soldats pleurant avec ceux-là mêmes qu'ils expulsaient après 32 ans de présence civile dans le territoire, de bulldozers rasant les maisons et les synagogues incendiées par des Palestiniens, sont inscrites dans la mémoire collective israélienne.

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Dix-huit ans après, Zevouloun Kalfa, 61 ans, figure de la colonie d'Atzmona, se laisse aller à la nostalgie. « On faisait du stop pour aller à Shejayya (l'un des quartiers principaux de Gaza, ndlr), sans arme, sans rien, juste pour faire les courses ou aller chez le dentiste, ils nous vendaient du poisson », dit l'Israélien de 61 ans, déplorant que ses anciens « voisins de Gaza » aient laissé « le Hamas mettre la haine dans le biberon de leurs enfants ».

Pour lui, la colonisation et la domination exercée sur les Palestiniens n'existent pas. Il concède au mieux un ressenti né des « balivernes et des promesses d'Oslo », les accords diplomatiques de 1993, qui devaient aboutir à la création d'un État palestinien en Cisjordanie et à Gaza. Aucun responsable israélien n'a laissé entendre que la possible incursion terrestre dans la bande de Gaza avait pour but politique de réoccuper militairement et encore moins civilement le territoire palestinien.

Mais M. Kalfa, aujourd'hui administrateur du kibboutz Saad, à la lisière de Gaza et frappé de plein fouet par l'attaque du Hamas le 7 octobre qui a déclenché une guerre meurtrière entre Israël et le mouvement islamiste palestinien, juge « qu'il ne peut pas être plus dangereux d'avoir nos familles dans Gaza qu'à côté de Gaza ».

À la sortie du kibboutz Saad, Yitzhak Amitai, rabbin et figure de la colonisation de Gaza, armé et ayant revêtu l'uniforme malgré son âge, lance aussi « l'invitation à venir couvrir, avec l'aide de Dieu », le retour prochain de sa famille à Gaza.

« Prêts »

Un autre soldat, ayant grandi à Gaza, Elad, 50 ans, qui vit aujourd'hui dans une colonie de Cisjordanie occupée et n'a pas voulu donner son nom de famille à l'AFP, explique dans une bravade qu'il se bat pour « retourner à Gaza, où il y a les meilleures plages d'Israël ».

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Zevouloun Kalfa, lui, se montre plus prudent sur ce scénario très hypothétique d'un retour à Gaza, même s'il note que la capture en 1967 de Jérusalem-Est après la guerre des Six-Jours n'avait pas du tout fait partie des plans d'Israël à l'époque. « Nous avons des enfants et des petits enfants qui rêvent de retourner là-bas. Le gouvernement décide et nous sommes prêts », dit-il.

« On l'a dit, déjà en 2014 (lors de la dernière incursion armée israélienne, ndlr) la seule solution c'est une incursion terrestre, un nettoyage complet du Hamas et le rétablissement de l'autorité israélienne » dans le territoire palestinien aux 2,4 millions d'habitants, ajoute l'Israélien.

Cet argument gagne en audience au sein d'une opinion publique israélienne marquée par le traumatisme – plus de 1.400 personnes ayant été tuées côté israélien depuis le début de la guerre – et qui soutient massivement, selon les sondages, y compris au sein de la gauche, une poursuite de l'offensive contre le Hamas jusqu'à sa destruction.

Selon le mouvement islamiste palestinien, depuis le début de la campagne de bombardements israélienne, plus de 6.500 Palestiniens ont été tués, en immense majorité des civils. Ce déplacement tectonique des opinions politiques vers la droite, alors que le gouvernement pré-guerre du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, était déjà considéré comme l'un des plus à droite de l'histoire du pays, redonne de la vigueur aux nostalgiques du Goush Katif, le nom donné au bloc de colonies dans la bande de Gaza.

À l'entrée de Jérusalem, une quinzaine de panneaux clament « on revient à Gaza » et renvoient vers une plateforme de levée de fonds pour la colonisation. Le populaire chanteur israélien, Hanan Ben Ari, a harangué les troupes devant une base militaire en chantant « On revient à Gush Katif » et « on crée la plage Nova sur la plage de Gaza », du nom de la rave-party qui a tourné au massacre de plus de 260 personnes le 7 octobre. La chanson et le hashtag « plage Nova » sont devenus viraux.

« Retourner là-bas » : en pleine guerre contre le Hamas, d'anciens colons israéliens de Gaza, appuyés par une partie de l'opinion israélienne, se prennent à rêver de réoccuper le territoire palestinien.Le 11 septembre 2005, Israël avait achevé le retrait unilatéral de ses troupes et des 8.000 colons qui vivaient dans la bande de Gaza, décidé par le gouvernement d'Ariel Sharon. Les images des Israéliens en larmes sortis de leur maison, de soldats pleurant avec ceux-là mêmes qu'ils expulsaient après 32 ans de présence civile dans le territoire, de bulldozers rasant les maisons et les synagogues incendiées par des Palestiniens, sont inscrites dans la mémoire collective israélienne. Lire aussi Les différents scénarios possibles pour l’avenir de Gaza Dix-huit ans après, Zevouloun Kalfa, 61...
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LES RAPACES EN ATTENTE.

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

20 h 20, le 26 octobre 2023

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Commentaires (3)

  • LES RAPACES EN ATTENTE.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    20 h 20, le 26 octobre 2023

  • bof... qu'ils fassent ce qu'ils veulent. Qu'ils prennent et donnent ce qu'ils veulent.... Entre eux israéliens et palestiniens. On s'en fiche du moment qu'ils nous fichent la PAIX, qu'ils nous laissent en PAIX...Bref...Quant à nous : Le mot PAIX est notre "nostalgie".....

    LE FRANCOPHONE

    18 h 30, le 26 octobre 2023

  • Ça fait peur…..

    Eleni Caridopoulou

    16 h 49, le 26 octobre 2023

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