Au musée Van Gogh d’Amsterdam, trois tableaux de Van Gogh peints sur les bords de Seine sont exceptionnellement réunis dans une exposition. Photo AFP
Le musée Van Gogh à Amsterdam propose à partir de vendredi, à travers une nouvelle exposition, une plongée dans les transformations des banlieues le long de la Seine à la fin du XIXe siècle, saisies par le peintre néerlandais et certains de ses contemporains.
L’industrialisation de plusieurs communes à l’époque a joué, selon le musée amstellodamois, un rôle « crucial dans le développement artistique de Van Gogh.
Entre mai et juillet 1887, le peintre – qui vivait à Paris à l’époque – a longé le fleuve « à pied avec son matériel (...), cherchant à y saisir le paysage changeant », et peint une quarantaine de tableaux.
« C’est la première fois que quelqu’un rassemble cette période particulière de la vie de Van Gogh », s’est félicitée auprès de l’AFP Émilie Gordenker, la directrice du musée.
« On peut voir dans cette exposition à quelle vitesse il apprend et change d’une peinture assez sombre (...) jusqu’à ses œuvres postimpressionnistes très lumineuses », souligne-t-elle.
La commune d’Asnières, par exemple, est jusqu’en 1850 un terrain de jeux « idyllique et verdoyant pour les citadins qui profitent, le dimanche, des plaisirs de la campagne », explique le musée. Après avoir prospéré, elle a subi une rapide transformation industrielle vers 1880.
Van Gogh a réalisé à l’époque trois triptyques dans lesquels il a représenté « la diversité des aspects » de la Grande Jatte – entre les villes de Neuilly-sur-Seine et de Levallois-Perret –, de Clichy et d’Asnières.
Sept de ces neuf tableaux, constituant selon le musée « l’aboutissement artistique de ses recherches » de l’époque, ont été réunis pour l’exposition.
Parmi ceux-ci, on retrouve l’œuvre colorée Les Ponts d’Asnières, sur laquelle Van Gogh a peint ponts, bateaux et personnages bourgeois flânant avec, à l’arrière-plan, une usine d’où s’échappent des panaches de fumée.
L’exposition, organisée en collaboration avec l’Art Institute of Chicago, présente également les œuvres de Paul Signac, Georges Seurat, Émile Bernard et Charles Angrand.
Elle « raconte l’histoire de cinq peintres avant-gardistes qui vivaient à Paris et s’aventuraient hors des murs de la ville vers les banlieues le long de la Seine pour peindre », explique Bregje Gerritse, la commissaire de l’exposition.
Ils y ont trouvé « plein de choses », raconte-t-elle, évoquant des activités de loisirs, des restaurants, mais aussi des usines et des cheminées fumantes.
« Ce contraste les a attirés vers cet environnement et les a aidés à rechercher de nouveaux motifs et styles de peinture », a-t-elle souligné, notamment dans l’utilisation d’un langage pictural.
L’exposition « Van Gogh au fil de la Seine » est accessible jusqu’au 14 janvier et rassemble près de 75 œuvres. Nombre d’entre elles proviennent de collections privées et muséales du monde entier.


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