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L'ex-proche du président Macron, Alexandre Benalla, à nouveau condamné à de la prison ferme

L'ex-proche du président Macron, Alexandre Benalla, à nouveau condamné à de la prison ferme

Alexandre Benalla lors d'une audience de la Cour d'appel de Paris en juin dernier. Christophe ARCHAMBAULT / AFP)

Alexandre Benalla a vu sa peine de trois ans de prison dont un an ferme confirmée vendredi par la cour d'appel de Paris dans l'affaire des violences du 1er mai 2018, une décision contre laquelle il va former un pourvoi en cassation.

L'ex-proche du président Emmanuel Macron, 32 ans, a en outre été condamné une nouvelle fois pour avoir frauduleusement usé de ses passeports diplomatiques après son licenciement, fabriqué un faux document pour obtenir un passeport de service et porté illégalement une arme en 2017. Ont aussi été confirmés l'amende de 500 euros prononcée par le tribunal correctionnel le 5 novembre 2021, ainsi que les interdictions de porter une arme pendant dix ans et d'exercer une fonction publique pendant cinq ans.

Alexandre Benalla ne sera néanmoins pas incarcéré : c'est un juge d'application des peines (JAP) qui déterminera comment la partie ferme (1 an) doit être aménagée. En première instance, le tribunal avait décidé immédiatement un aménagement sous bracelet électronique. L'ancien chargé de mission de l'Elysée, qui vit aujourd'hui en Suisse et travaille dans le privé, a écouté debout à la barre la décision prononcée en quelques dizaines de secondes, sans explication. Il a quitté la salle d'audience sans faire de déclaration.

Ses avocats, Jacqueline Laffont Haïk et Charles Chambenois, « prennent acte de la décision » qui « a en substance confirmé la décision des premiers juges et indiquent former un pourvoi en cassation », afin que « les problématiques juridiques soulevées par la défense » soient tranchées par la haute juridiction, ont-ils déclaré à l'AFP.

La peine de son coprévenu et ami Vincent Crase, 50 ans, absent au délibéré, a elle aussi été confirmée, à l'exception d'une amende de 500 euros: il s'est vu infliger deux ans de prison avec sursis et 10 ans d'interdiction de port d'arme. « La cour a prononcé une relaxe partielle de M. Vincent Crase sans réduire le quantum de la peine. Nous allons nous pourvoir en cassation contre cette décision peu cohérente », a réagi son avocat Me Robin Binsard.

Violences en réunion

Les images d'Alexandre Benalla place de la Contrescarpe, filmées par le journaliste Taha Bouhafs, avaient déclenché une tempête politique durable en juillet 2018, quand Le Monde avait identifié, sous le casque des forces de l'ordre, ce proche du président. Les deux hommes, qui n'assistaient au défilé qu'en tant qu'observateurs sont sanctionnés pour avoir violenté plusieurs personnes dans le Quartier latin en marge de la manifestation parisienne.

Pour Alexandre Benalla sont concernées quatre personnes: le couple place de la Contrescarpe ainsi que deux manifestants, plus tôt, dans le Jardin des plantes. Vincent Crase a lui été reconnu coupable de violences sur trois personnes: le jeune homme sur la place (mais pas la jeune femme) et les deux mêmes manifestants dans le Jardin des plantes.

« Gestes techniques ratés »

Il a néanmoins été relaxé en ce qui concerne une troisième manifestante dans le Jardin des Plantes, contrairement au jugement de première instance. « La justice avait déjà reconnu à deux reprises que mes clients n'étaient pas des black blocs. Monsieur Benalla a fini par reconnaître cette réalité devant la cour d'appel. C'est tout ce qui nous importe », a déclaré Me Sahand Saber, avocat du couple de la Contrescarpe, partie civile.

Lors du procès en appel en juin, Alexandre Benalla a reconnu toutes les infractions, sauf celles visant ses agissements du 1er-Mai, dont il a défendu le bien-fondé en esquissant des regrets. Depuis l'origine, celui qui était membre du cabinet présidentiel soutient qu'il a voulu, par « réflexe citoyen », « interpeller » des « agresseurs » de policiers, lors d'une manifestation émaillée d'incidents, déplorant des « gestes techniques ratés ».

La cour d'appel a estimé au contraire, comme le tribunal, qu'il était bien coupable de violences volontaires en réunion et d'immixtion dans la fonction de policier ce jour-là. Elle a ainsi écarté l'argument-phare de la défense, qui invoquait l'article 73 du code de procédure pénale, autorisant un citoyen à appréhender l'auteur d'un délit flagrant dans certaines circonstances.

Alexandre Benalla reste visé en France par trois enquêtes.

Alexandre Benalla a vu sa peine de trois ans de prison dont un an ferme confirmée vendredi par la cour d'appel de Paris dans l'affaire des violences du 1er mai 2018, une décision contre laquelle il va former un pourvoi en cassation.L'ex-proche du président Emmanuel Macron, 32 ans, a en outre été condamné une nouvelle fois pour avoir frauduleusement usé de ses passeports diplomatiques...