Rechercher
Rechercher

Politique - Liban

Raï en tournée dans la Montagne : « Le Liban est devenu étranger à lui-même »

Le patriarche maronite s'est entretenu avec le cheikh Akl druze et les Joumblatt.

Raï en tournée dans la Montagne : « Le Liban est devenu étranger à lui-même »

Le patriarche Raï aux côtés du cheikh Akl druze, et entouré du député joumblattiste, Marwan Hamadé (à g.) et le député des Forces libanaises Georges Adwan, ce vendredi à Baakline. Photo Mohammad Yassine.

Le chef de l'Église maronite Béchara Raï a déploré vendredi, lors d'une tournée symbolique dans la Montagne, région druzo-chrétienne durement marquée par la guerre civile libanaise et qui a connu une réconciliation historique en 2001, que le Liban en pleine crise était désormais « devenu étranger à lui-même ».

Cette tournée a lieu alors qu'une initiative de dialogue national a été lancée jeudi dernier par le président du Parlement Nabih Berry, pour tenter de remédier à l'impasse présidentielle qui se prolonge depuis octobre 2022. Le chef du législatif s’est engagé à tenir des « séances électorales ouvertes et successives » à condition qu’elles soient précédées par un dialogue qui réunirait les chefs de groupes parlementaires pendant sept jours. Une initiative à laquelle le patriarche a apporté son soutien.

Reçu à Moukhtara, fief du leader druze et ancien chef du Parti socialiste progressiste (PSP) Walid Joumblatt, qui avait chapeauté la réconciliation de 2001 aux côtés du patriarche maronite Nasrallah Sfeir, Mgr Raï sa salué une « journée historique ». « Nous sommes venus pour raviver une fois de plus la réconciliation que vous avez réalisée avec le patriarche Sfeir et dont vous avez souhaité qu'elle englobe tous les Libanais », a-t-il déclaré.

La région druzo-chrétienne de la Montagne a été marquée par plusieurs événements sanglants lors de la guerre libanaise (1975-1990), dont la « guerre de la Montagne » en septembre 1983. Une réconciliation historique a été organisée en août 2001, suscitant un retour progressif de nombreux déplacés chrétiens dans leurs villages d'origine. La « guerre de la Montagne » avait opposé des miliciens chrétiens des Forces libanaises à d'autres, druzes du PSP, faisant des centaines de victimes parmi les civils et déplaçant des familles entières.

Lire aussi

Retour sur l'histoire : de la Guerre de la Montagne à la réconciliation entre druzes et chrétiens

« Les plaies du passé »

Abordant la situation du pays, le patriarche maronite a estimé que « le Liban ne peut pas continuer dans cet état et il est devenu étranger à lui-même ».

De son côté, M. Joumblatt a affirmé que « la réconciliation dans la Montagne a été consacrée malgré certaines voix qui s'amusent à rouvrir les plaies du passé », dans une allusion probablement adressée au chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste) dont des propos sur la guerre de la Montagne en 2019 avaient provoqué des tensions meurtrières. « Pour nous, les martyrs sont des martyrs de la nation, sans distinction aucune », a-t-il ajouté. Il a en outre salué « les efforts » du patriarche sur la scène locale, internationale et arabe pour résoudre la crise politique et le soutien qu'il a apporté au dialogue proposé par Nabih Berry. « Il n'y a rien de plus dangereux que ceux qui invoquent la vacance et ne facilitent pas l'élection présidentielle », a-t-il déclaré. 

Le leader druze et ancien chef du Parti socialiste progressiste (PSP) Walid Joumblatt, aux côté de son successeur et fils, le député Teymour Joumblatt. Photo Mohammad Yassine

Walid Joumblatt a en outre critiqué l'initiative de l'émissaire français Jean-Yves Le Drian et sa volonté de réunir les différentes parties pour discuter des « caractéristiques du président ». « C'est un peu comme d'apprendre au Parlement à sculpter ou à coudre », a-t-il ironisé, estimant que « lorsqu'un pays veut résoudre la crise, il la résout ». « Nous sommes prêts à aider dans cette mission compliquée, mais pas impossible, qu'est l'élection d'un président », a-t-il conclu.

La visite du cardinal Raï dans la Montagne s'est poursuivi dans la localité de Baakline avec une conférence intitulée : « Les fruits de la réconciliation et le futur ». Le député joumblattiste Marwan Hamadé et le député des Forces libanaises Georges Adwan étaient également présents et le quatuor a visité la bibliothèque nationale de Baakline.

Pas de dialogue sans neutralité

Le patriarche avait entamé sa tournée avec un entretien avec le cheikh Akl druze, Sami Abi el-Mona, plus haute autorité religieuse de cette communauté. Dans des propos rapportés par des médias locaux, il a affirmé que « le Liban a besoin d'unité, et nous sommes appelés à œuvrer pour bâtir une unité interne, afin de protéger le Liban et ses messages de diversité et de pluralisme ». « Le Liban ne peut être une terre de diversité et de dialogue sans neutralité, a-t-il poursuivi. Le Liban doit être une terre de dialogue et de rencontre et ne doit pas perdre son message. Aujourd'hui, le pays est malade, et nous devons chercher et identifier le problème ». De son côté, le cheikh Akl druze a remercié le prélat de sa présence, affirmant que celle-ci est « un message d'amour et de vivre-ensemble, et témoigne de la réalité de la Montagne unifiée ».

Le chef de l'Église maronite Béchara Raï a déploré vendredi, lors d'une tournée symbolique dans la Montagne, région druzo-chrétienne durement marquée par la guerre civile libanaise et qui a connu une réconciliation historique en 2001, que le Liban en pleine crise était désormais « devenu étranger à lui-même ».Cette tournée a lieu alors qu'une initiative de dialogue national a...

commentaires (2)

Le patriarche n’a pas encore identifié le problème de notre pays malade, c’est une première. Cherche encore comme dirait l’autre. Alors pourquoi se mêle t-il de politique s’il est long à la comprenette? Les dignitaires de l’autre bord semblent très au fait de tout le problème et de la solution puisqu’ils proposent que nous renonçons à notre souveraineté et qu’on laisse la gestion du pays jusqu’à la destruction de la dernière pierre en invitant les autres à venir recevoir les ordres et le mode d’emploi de leur exécution. Le pire dans cette histoire grotesque, c’est qu’ils ont réussi à vous convaincre de leur bonne foi d’où votre homélie humiliante.

Sissi zayyat

16 h 42, le 08 septembre 2023

Tous les commentaires

Commentaires (2)

  • Le patriarche n’a pas encore identifié le problème de notre pays malade, c’est une première. Cherche encore comme dirait l’autre. Alors pourquoi se mêle t-il de politique s’il est long à la comprenette? Les dignitaires de l’autre bord semblent très au fait de tout le problème et de la solution puisqu’ils proposent que nous renonçons à notre souveraineté et qu’on laisse la gestion du pays jusqu’à la destruction de la dernière pierre en invitant les autres à venir recevoir les ordres et le mode d’emploi de leur exécution. Le pire dans cette histoire grotesque, c’est qu’ils ont réussi à vous convaincre de leur bonne foi d’où votre homélie humiliante.

    Sissi zayyat

    16 h 42, le 08 septembre 2023

  • CE PATRIARCHE DIT PUIS SE CONTREDIT. IL PARLE DE NEUTRALITE MAIS OUBLIE A DESSEIN QUE LE CONSENSUS NE SE FAIT PAS AVEC UNE DES COMMUNAUTES ARMEE JUSQU,AUX DENTS. SOURCE D,INSECURITE POUR TOUS LES AUTRES.

    LA LIBRE EXPRESSION

    13 h 59, le 08 septembre 2023

Retour en haut