Le ministre sortant de l’Économie Amine Salam lors d’une conférence de presse, en septembre 2021. Photo Dalati et Nohra
Le ministre sortant de l’Économie, Amine Salam, est revenu samedi sur des propos ayant suscité l’irritation du Koweït, au sujet d’une offre de reconstruction des silos à grains du port de Beyrouth, détruits par l’explosion du 4 août 2020 et construits, il y a plus de 40 ans, grâce à un prêt de l’émirat. Après la déflagration qui a fait plus de 230 morts, 6 500 blessés et dévasté des pans entiers de la capitale libanaise, le Koweït avait annoncé être prêt à reconstruire les silos. Le ministre libanais a déclaré jeudi avoir envoyé une lettre à l’émir du Koweït « demandant au nom du peuple libanais (...) de reconstruire les silos ». La décision pourrait être prise « d’un trait de plume », a-t-il ajouté. Samedi, le ministre koweïtien des Affaires étrangères, Salem al-Sabah, a fait part dans un communiqué de la « condamnation et de l’étonnement profond » du Koweït vis-à-vis des propos de M. Salam. Cela reflète « une compréhension limitée de la manière dont les décisions sont prises au Koweït, qui sont basées sur la Constitution et les institutions, y compris pour les dons et les prêts humanitaires », a ajouté le ministre. « Le Koweït refuse catégoriquement que l’on se mêle de ses décisions et de ses affaires intérieures », a encore dit cheikh Salem, pressant le ministre libanais de retirer ses propos. Ce dernier est revenu alors sur ses propos, affirmant que « la confusion autour de l’expression “d’un trait de plume” avait détourné l’attention de la substance du message ». « À aucun moment nous n’avons eu l’intention de minimiser ou d’interrompre le cours (...) normal des relations entre deux États frères », a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse. « La réaction koweïtienne a été très dure envers le Liban. Il ne fallait pas en faire autant », a-t-il ajouté.
« Rien n’a été fait depuis »
Contacté samedi par L’Orient-Le Jour, M. Salam a assuré qu’il n’avait pas l’intention de s’en prendre au Koweït, estimant que ses propos ont été « mal interprétés ». Il explique que le malentendu a été provoqué par l’utilisation, lors d’une prise de parole à la veille de la commémoration des explosions au port de Beyrouth, de l’expression « d’un trait de plume », en parlant d’une promesse koweïtienne de reconstruire les silos, ce qui a été interprété par cette monarchie pétrolière du Golfe comme une marque de défi. « Il s’agit d’une expression populaire au Liban qui veut dire qu’une chose peut être faite rapidement. Je ne voulais pas du tout dire que nous allions imposer quoi que ce soit au Koweït », a-t-il ajouté.
« Le Koweït a promis au Liban, le 22 août 2020, de l’aider à reconstruire les silos, mais rien n’a été fait depuis. Je ne faisais que rappeler cette promesse et demander à l’émirat de suivre de nouveau ce dossier », a expliqué le ministre. Et de poursuivre : « Nous voulons tout simplement savoir si les autorités koweïtiennes veulent poursuivre ce projet ou si nous devons chercher quelqu’un d’autre. » Cette polémique intervient alors que les relations entre le Liban et les États du Golfe se sont tendues ces dernières années, en raison de l’influence croissante du Hezbollah, soutenu par l’Iran, sur la scène politique. En octobre 2021, l’Arabie saoudite et d’autres monarchies du Golfe avaient suspendu leurs relations diplomatiques avec Beyrouth, avant de les rétablir en avril 2022, sur fond de critiques sur la position grandissante du parti chiite et de déclarations de l’ancien ministre de l’Information Georges Cordahi sur l’implication saoudienne dans la guerre au Yémen. C’est donc dans une tentative de prévenir une nouvelle crise diplomatique de grande ampleur que le Premier ministre sortant, Nagib Mikati, a publié samedi un communiqué dans lequel il affirme que Beyrouth n’a pas l’intention d’intervenir dans les affaires intérieures du Koweït. M. Mikati a souligné que le Liban « respecte le principe de non-intervention dans les affaires intérieures de tous les pays, en particulier s’il s’agit d’un pays frère, le Koweït, dont la prise de décision repose sur des contraintes constitutionnelles et juridiques ».


J’invite les lecteurs de notre journal à lire l’éditorial de Monsieur Ghoraeb, si ça n’est déjà fait, qui répond à tout ce cirque qui se joue sur la scène de notre pays sacrifié par ses enfants au service des ennemis de notre république. Des vendus en veux-tu en voilà qui font tous les jours des petits dans tout le sens du terme.
12 h 54, le 07 août 2023