Jane Birkin au festival de Cannes, le 8 juillet 2021. Photo REUTERS/Johanna Geron/File Photo
Elle était l'Anglaise préférée des Français, une icône de mode et une voix teintée d'un délicieux accent. Jane Birkin est morte à l'âge de 76 ans, retrouvée sans vie dimanche à Paris, après avoir marqué de son empreinte la chanson et le cinéma.
L'information, donnée par le quotidien Le Parisien et la chaîne BFMTV, a été confirmée à l'AFP par une source proche du dossier. "Parce qu'elle incarnait la liberté, qu'elle chantait les plus beaux mots de notre langue, Jane Birkin était une icône française", a écrit sur Twitter le président Emmanuel Macron.
Même éloge de la part de la Première ministre Elisabeth Borne qui a salué sur Twitter "une icône inoubliable qui a transcendé les générations". Cette Londonienne d'origine, naturalisée française, dont le nom est indissociable de celui de Serge Gainsbourg, avait récemment fait part de graves problèmes de santé qui l'avaient obligée à annuler des concerts. Elle était apparue affaiblie en février lors de la dernière cérémonie des César, les récompenses du cinéma français, aux côtés de sa fille, l'actrice et chanteuse Charlotte Gainsbourg, et de sa petite-fille Alice.
Jane Birkin a connu un succès mondial avec des chansons comme "Je t'aime... moi non plus", duo avec Gainsbourg en 1969 au parfum de scandale, "Jane B" la même année ou "Ex-fan des sixties" en 1978. Le public l'appréciait pour sa sensibilité, soulignée par le délicat accent britannique qu'elle a conservé toute sa vie.
"Éternelle dans nos cœurs"
"Inimaginable de vivre dans un monde sans ta lumière", a écrit sur Instagram le chanteur Étienne Daho, un des ses proches, qui a co-composé son dernier album, "Oh, pardon tu dormais..." (2020). Sheila, Patrick Bruel, Benjamin Biolay ont eux aussi salué sa mémoire. "Quand on est aussi jolie, aussi fraîche, aussi spontanée, avec une voix d'enfant, on n'a pas le droit de mourir", a dit l'actrice Brigitte Bardot dans une déclaration transmise à l'AFP, saluant une artiste "éternelle dans nos cœurs".
Le milieu de la mode saluait aussi dimanche la mémoire de celle qui a donné son nom à un sac de la marque Hermès, parmi les plus chers au monde. Le créateur de Balmain, Olivier Rousteing a évoqué la disparition d'une "icône", dont le style alternant entre bohème-chic et robes transparentes sexy servait d'inspiration à beaucoup. Le styliste Simon Porte Jacquemus a lui aussi mis en ligne une photo de Jane Birkin en hommage.
Au cinéma, Jane Birkin a longtemps joué des petits rôles en commençant dans "Blow up" d'Antonioni, Palme d'or 1967, puis "La Piscine" avec Romy Schneider et Alain Delon en 1969, avant de s'affirmer avec des réalisateurs comme Agnès Varda.
La relation avec Gainsbourg, qu'elle a connu sur un plateau de tournage en 1968, a été déterminante à tout point de vue. Et a fait du couple un duo mythique du Paris des seventies, mêlant passion, glamour et scandales. Au point de voir aujourd'hui leurs deux prénoms repris par des marques de mode. Jane finira par étouffer face à lui, enfermé dans ses excès qui se doublent parfois d'accès de violence. En 1981, elle fuit leur appartement de la rue de Verneuil, avec ses filles Kate (née de son union avec John Barry) et Charlotte, et refait sa vie avec le cinéaste Jacques Doillon.
"Femme engagée"
Longtemps après le décès de Gainsbourg en 1991, et en dépit d'épreuves dont la mort brutale de sa fille Kate Barry, en 2013, puis une leucémie longue à guérir, elle a toujours chanté l'œuvre de Serge. Jane Birkin était officier de l'Ordre de l'Empire britannique et, en France, commandeur de l'Ordre des Arts et des Lettres. Mais elle a refusé la Légion d'honneur en 1989, estimant que "seuls des héros" devaient la recevoir.
C'était sa façon de saluer son père, David, officier de la Royal Navy qui avait transporté des résistants de Grande-Bretagne vers la France pendant la Seconde Guerre mondiale, et qui s'est éteint le jour des funérailles de Serge Gainsbourg. "Si drôle, si intelligente, si fragile, si généreuse, si tout!", a écrit sur Twitter le comédien Pierre Richard, qui tourna avec elle. "Une vedette unique" et "aussi une femme de principes, une femme engagée pour des combats modernes comme l'écologie", a souligné l'ancien ministre de la Culture Jack Lang.
Jane Birkin au Liban
Jane Birkin avait donné en 2002 un concert au Liban, et c'est sur scène qu'elle avait appris la naissance de sa petite-fille Alice (fille de Charlotte Gainsbourg) et avait partagé sa joie avec l’audience. Elle était revenue en 2008 au au pays du Cèdre pour y présenter son film, "Boxes", et donner un concert au Music Hall.
En 2012, l'artiste collabore avec l'auteur et metteur en scène libanais Wajdi Mouawad, dont elle interprète sur scène la pièce La Sentinelle. Une représentation de la pièce a été donnée en mai 2013 aux Thermes romains à Beyrouth, dans le cadre du Festival du Printemps de la capitale libanaise.
L'information, donnée par le quotidien Le Parisien et la chaîne BFMTV, a été confirmée à l'AFP par une source proche du dossier. "Parce qu'elle incarnait la liberté, qu'elle chantait les plus beaux mots de notre langue, Jane Birkin était une icône française", a écrit sur Twitter le président Emmanuel Macron.Même éloge de la part de la Première ministre Elisabeth Borne qui a salué sur Twitter "une icône inoubliable qui a transcendé les générations". Cette Londonienne d'origine, naturalisée française, dont le nom est indissociable de celui de Serge Gainsbourg,...
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