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Économie - Conjoncture

Investissements étrangers : morceaux choisis du dernier rapport global de l'UNCTAD

Le total des IDE redirigés vers des économies tierces a baissé de 12 % en 1 an, sous l'impact des crises globales.

Investissements étrangers : morceaux choisis du dernier rapport global de l'UNCTAD

Un quartier de Dubaï. Les Émirats arabes unis ont battu leur record d’IDE en 2022. Photo P.H.B.

La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (UNCTAD) a publié mercredi la dernière édition de sa série de rapport sur les investissements dans le monde lancée en 1991.

Avec une méthodologie choisie par l'UNCTAD, le rapport mesure le niveau des investissements directs étrangers (IDE), soit les investissements transnationaux effectués par des entités (entreprises et autres types d’organisation) situées dans un pays donné vers un autre pays. Ils constituent un facteur très apprécié des économistes pour mesurer l’attractivité d’un pays, car ils sont un bon indicateur de sa santé financière et de son environnement des affaires.

Le total des IDE étrangers redirigés vers des économies tierces a atteint un peu plus de 1 294 milliards de dollars, soit une baisse de 12,4 % en un an, principalement dû à la combinaison de plusieurs crises : guerre en Ukraine, hausse des cours du pétrole et gestion des retombées de la période Covid. Les auteurs du rapport considérent que cette baisse des IDE pourrait  empêcher certains pays d’atteindre leurs objectifs de développement durable d’ici à 2030, faute de moyens.

Sans trop de surprise, compte tenu du contexte de crise prolongée qu’il traverse depuis 2019, le Liban est dans le club des petits joueurs, avec des IDE en direction du pays qui ont atteint 458 millions de dollars en 2022, contre 605 millions de dollars en 2021, soit une baisse de 24,3 % en un an. L’UNCTAD prévient cependant que les chiffres avancés pour le Liban ne sont que des estimations, probablement faute de données officielles exactes et actualisées (le Liban n’a toujours pas mis à jour ses comptes nationaux au-delà de 2020).

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Changement de tendance sur les IDE libanais vers l’étranger

Les flux d’IDE sortant de l’économie libanaise – c’est-à-dire les IDE libanais vers l’étranger – ont enregistré une trajectoire différente, avec un solde négatif en 2021 de près de 1,4 milliard de dollars, suivi d’un solde positif de 99 millions de dollars en 2022. Cela veut dire en principe qu’en 2021, les entités libanaises ont rapatrié plus de capitaux qu’elles avaient déjà investis à l’étranger avant cet exercice, qu’elles n’ont réalisé de nouveaux investissements à l’étranger. Et que cette tendance s’est inversée en 2022.

En 2021, au moins deux des plus grandes banques libanaises ont notamment cédé une partie de leurs actifs à l’étranger pour plusieurs centaines de millions de dollars, ce qui pourrait expliquer  le déficit d'IDE libanais sur cet excercice.

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Contrastes régionaux au Levant et dans le Golfe

Si le Liban affiche des performances plus que ternes en termes d’IDE transférés vers son économie, nombre de ses voisins ne sont pas tous mieux lotis. Pour la Syrie, pays en conflit depuis 2011, l’UNCTAD ne dispose d’aucune donnée et l’Irak affiche un déficit d’IDE spectaculaire (près de 2,1 milliards de dollars), bien qu’en baisse par rapport à celui de 2022 (de 21 %).

La situation de Chypre, réputée pour être prisée par les capitaux russes, a changé du tout au tout, avec un déficit de 35 milliards de dollars en 2021 des IDE à destination de son économie à un excédent de près de 5 milliards de dollars. La Jordanie est dans le vert (plus de 1,13 milliard en 2022, +83 % en un an). Les performances d’Israël sont d’un autre niveau, avec près de 28 milliards de dollars en 2022, en hausse de 29,2 %. L’État hébreu, avec qui le Liban est techniquement en état de guerre, est le 15e plus important récipiendaire d’IDE au niveau mondial.

Autre enseignement du rapport de l’UNCTAD : les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) sont loin d’afficher des performances uniformes. D’un côté les Émirats arabes unis, 16e au classement mondial juste derrière Israël, ont battu leur record d’IDE avec 22,7 milliards de dollars attirés en 2022 (+10 %). Ce montant a plus que doublé en cinq ans.

De l’autre, l’Arabie saoudite a affiché une des plus fortes baisses des IDE étrangers à destination de son économie, soit -59 % pour un total de 7,9 milliards. Une performance qui fait tache, 7 ans après le lancement de la stratégie de développement « Vision 2030 », qui ambitionne de diversifier son économie trop dépendante des hydrocarbures.

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La Chine et les États-Unis toujours en tête du classement

En ce qu'il en est du classement global, les États-Unis et la Chine se situent respectivement en 1ère et 2e place des IDE à destination de leurs économies, avec 285 et 189 milliards de dollars. Largement en tête, les États-Unis enregistrent néanmoins une baisse de quasiment 100 milliards de dollars en 2022 par rapport à 2021 (-26,4 %), notamment due à la diminution des entrées d'IDE dans plusieurs secteurs (chimie, électronique et finance, notamment) chimie, l'électronique et la finance. Les IDE vers la chine progressent, eux, d’un modeste 4,5 %.

Singapour se place en 3e place du classement avec 141 milliards de dollars d’investissement reçus (+7,7 % en un an), devant Hong Kong, qui se fait distancer avec ses près de 118 milliards, en baisse de 16 % en un an. La France, elle, se situe au 10e rang mondial avec 36 millions de dollars d’investissement étrangers (+18 %), tandis que l’Allemagne a vu les IDE dirigés vers son économie s’effondrer de 76 % entre 2021 et 2022, pour ne plus totaliser qu’un peu plus de 11 milliards de dollars.

Autre fait relevé par le rapport : en Russie, les flux d'IDE sont devenus négatifs en 2022, à -19 milliards de dollars en 2022 alors qu’ils atteignaient 39 milliards de dollars en 2021. Selon le rapport, cette baisse s'accentue à mesure que les grandes entreprises se retiraient du pays, du fait de l'invasion de l'Ukraine. Les flux d'IDE vers l'Ukraine sont eux restés positifs, mais ont tout de même baissé de 88,4 % pour ne plus atteindre que 848 millions de dollars.

La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (UNCTAD) a publié mercredi la dernière édition de sa série de rapport sur les investissements dans le monde lancée en 1991.Avec une méthodologie choisie par l'UNCTAD, le rapport mesure le niveau des investissements directs étrangers (IDE), soit les investissements transnationaux effectués par des entités (entreprises...
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