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Moyen-Orient - FOCUS

Robert Malley, l’envoyé spécial américain pour l’Iran a été suspendu

L’envoyé spécial américain pour les questions iraniennes s’est vu suspendre de ses fonctions en raison d’un contrôle sécuritaire d’habilitation diplomatique. Un signal de la résignation de Washington face à l’impossibilité d’un accord sur le nucléaire ?

Robert Malley, l’envoyé spécial américain pour l’Iran a été suspendu

Robert Malley, envoyé spécial de l'administration Biden pour l'Iran, témoigne auprès du comité des relations internationales du Sénat américain en mai 2022. Brendan Smialowski/AFP

L’émissaire américain pour les négociations sur le nucléaire iranien Robert Malley a été suspendu de ses fonctions au titre d’un contrôle d’habilitation, a annoncé le département d’État américain le 29 juin dernier.

Il serait soupçonné d’avoir eu une mauvaise gestion de documents classifiés selon CNN, citant des sources anonymes. « J'ai été informé que mon habilitation de sécurité faisait l'objet d'un examen », a confirmé Robert Malley auprès de plusieurs médias. « Je n'ai reçu aucune autre information, mais j’attends de l'enquête qu’elle soit résolue favorablement et rapidement. »

En attendant, il est placé en congé sans solde et remplacé par son adjoint, Abram Paley, nommé par intérim, a annoncé le département d’État. Son absence pourrait signaler la fin officielle des efforts de l'administration Biden pour relancer l'accord qui visait à empêcher l'Iran de développer une arme nucléaire en l’échange d’un allègement des sanctions imposées par l’ONU, les États-Unis et l’Union Européenne. Un dossier érigé initialement en tant que priorité de la politique étrangère du président démocrate élu en novembre 2020.

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Nommé en janvier 2021 par son ami d’enfance, le secrétaire d’État américain Antony Blinken, l’ancien président de l’International Crisis Group Robert Malley avait été l’un des artisans de cet accord de 2015, avant que l’administration Trump ne s’en retire en 2018. Il avait à ce titre fait l’objet de critiques virulentes par de nombreux opposants, notamment pro-israéliens, qui lui reprochaient une trop grande bienveillance à l’égard de Téhéran. Robert Malley a toujours estimé qu’une stratégie de pression économique et politique écrasante sur l'Iran, telle que mise en place par la précédente administration républicaine, était vouée à l'échec et que les États-Unis se doivent de continuer à établir un dialogue. Javid Qorbanoghli, un ancien diplomate iranien cité par le site d’information entekhab.ir, a déclaré que « Malley, en tant que haut responsable du dossier (nucléaire) et principal négociateur (américain), était de notre côté », regrettant que les Iraniens n’aient pas su profiter de la présence de Robert Malley.

Les Républicains indignés

Il avait passé ces derniers mois à tenter de retrouver un terrain d’entente avec les Iraniens, après l’arrêt des négociations en septembre dernier, qui après des petits progrès laborieux pour restaurer les termes de l’accord, ont buté sur des demandes iraniennes jugées maximalistes par les Occidentaux. Face à l’avancée du programme nucléaire iranien, l’administration Biden a revu ses ambitions à la baisse en priorisant notamment les négociations sur les prisonniers américains détenus en Iran et l’arrêt des attaques menées par des supplétifs de Téhéran sur les bases américaines au Moyen-Orient, en échange d’un dégel partiel de fonds iraniens bloqués en Corée du Sud.

Le départ de Robert Malley, dont les conditions sont encore floues, a suscité de nombreuses réactions, notamment du camp républicain majoritairement opposé à un accord avec Téhéran. Dès le lendemain, le président de la commission des Affaires étrangères du Congrès, Michael McCaul, a publiquement demandé des explications. « Le fait que le département d'État n'ait pas informé le Congrès de cette affaire témoigne au mieux d'un manque de franchise, et au pire d'une désinformation délibérée et potentiellement illégale », écrit-il dans une lettre adressée à la Maison-Blanche le 30 juin.

« C’est un scandale », a réagi Gabriel Noronha, un ancien conseiller du département d’État sur la question du nucléaire iranien, qui a travaillé pour des sénateurs républicains, dans un tweet. « Des fonctionnaires du département d'État semblent avoir menti (...) en prétendant que Robert Malley était en congé pour des raisons de santé d’un membre de sa famille », renchérit-il en référence à une information du média National Review.

L’émissaire américain pour les négociations sur le nucléaire iranien Robert Malley a été suspendu de ses fonctions au titre d’un contrôle d’habilitation, a annoncé le département d’État américain le 29 juin dernier.Il serait soupçonné d’avoir eu une mauvaise gestion de documents classifiés selon CNN, citant des sources anonymes. « J'ai été informé que mon habilitation...
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