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Nos Lecteurs ont la Parole

Instaurez le mariage civil

Espoir, espoir quand tu nous tiens !

Pourquoi est-il interdit à la jeunesse libanaise ou arabe de rêver à l’âge où l’on rêve encore ?

Sortis de l’adolescence, les jeunes pensent souvent à la révolution, à tous les tabous qu’ils veulent abattre ou vaincre… Depuis des années, ils sentent un vent nouveau souffler, qui s’appelait printemps arabe, saison des fleurs et de la douceur ayant succédé au long hiver sibérien des dictatures idéologiques cloisonnées aussi ubuesques que farfelues…

Sur tous les plans, le cloisonnement communautaire est là, aussi hermétique que jadis le rideau de fer ou le mur de Berlin… Les jeunes espéraient qu’une fois ces régimes abattus grâce à tous les jeunes qui ont déferlé comme une marée tsunamique, ils allaient enfin voir percer l’aube des hirondelles qui annoncent justement le printemps !

Ils comprenaient d’autant plus mal le fait qu’on puisse, de nos jours, après la révolution informatique, encore et encore interdire, réglementer, normaliser ce qu’il faut ou il ne faut pas ! Car pour un jeune, la vie est belle et vaut toujours la peine d’être vécue…

Il n’y a rien de plus beau que la liberté et la première des libertés n’est-elle pas celle de pouvoir librement choisir ? Dans un domaine aussi intime et complexe que sont dans la vie privée de tout un chacun l’attrait et l’amour, a-t-on le droit de ne pas les sacraliser au même titre que le reste ?

Les jeunes sont souvent naïfs mais honnêtes et courageux… crédules dans les changements survenus depuis la chute des dictatures ! Mais une crédulité orientale croyant bien faire pour un lendemain meilleur où ça finira par s’arranger… Inchallah !

Est-ce le destin éternel de ce pays que de rater ses rendez-vous avec l’histoire et le progrès ? On nous a ciré les oreilles sur les bancs d’école que Charles Malek, représentant du Liban et en son nom, fut un des pères fondateurs de la fameuse Charte des droits de l’homme de l’ONU !

Que lui répondre, 70 ans après ?

Que les tribunaux civils libanais compétents en première instance et appel pour traiter de tout litige issu d’un mariage civil signé dans n’importe quel pays sur la planète entre deux Libanais ou un Libanais et un étranger ne peuvent pas conclure un mariage civil au Liban !

Sur un plan juridique, un élève de droit en première année relèverait l’incongruence… malédiction, ignorance et fatalité ! Les malheurs qui nous arrivent ne viennent pas d’ailleurs… Le malheur est en nous au plus profond de nous-mêmes, il nous fige de manière immuable, intemporelle et sadique… Il y a plus de cent ans déjà, Gebran Khalil Gebran fut banni, menacé, contraint à l’exil, forcé de renoncer à son amour pour Hala el-Daher, d’un milieu différent, la barrière infranchissable ! Le pauvre en eut les ailes définitivement brisées…

Nos malheurs sont en nous, nous en sommes les premiers et uniques responsables ! Samir Kassir les a bien décortiqués dans ses considérations sur le malheur arabe… L’enfer, ce n’est pas uniquement et encore l’autre sorti de l’imaginaire fantasmé sartrien, cet « impérialiste colonisateur » qui veut nous asservir… Nos colonisateurs avec le recul ont laissé après leur passage progrès et civilisation dans beaucoup de domaines, ces impérialistes qui nous ont lâchés un peu tôt sont plutôt les boucs émissaires de nos complexes, nos impuissances et nos archaïsmes !

En instaurant le mariage civil facultatif, le Liban peut espérer garder une unité bien fragilisée déjà ! Le fédéralisme nécessitant une prise de conscience collective que les communautés du Liban qui se côtoient sans aucune symbiose entre elles auront un grand mal à acquérir !

Des mariages intercommunautaires nombreux constitueront un ciment naturel avec le temps, un rempart contre les divisions structurelles qui continueront à surgir…


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Espoir, espoir quand tu nous tiens ! Pourquoi est-il interdit à la jeunesse libanaise ou arabe de rêver à l’âge où l’on rêve encore ?Sortis de l’adolescence, les jeunes pensent souvent à la révolution, à tous les tabous qu’ils veulent abattre ou vaincre… Depuis des années, ils sentent un vent nouveau souffler, qui s’appelait printemps arabe, saison des fleurs et de la...
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