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Économie - Fintech

Revolut veut devenir un poids lourd de la banque et vise 100 millions de clients d’ici à 2025

En juillet 2021, la fintech britannique avait réalisé une levée de fonds de 800 millions de dollars, valorisant le groupe à environ 33 milliards de dollars, soit une taille comparable à des poids lourds installés depuis longtemps dans le paysage bancaire au Royaume-Uni.

Revolut veut devenir un poids lourd de la banque et vise 100 millions de clients d’ici à 2025

Avec 7 000 salariés, dont 200 en France, la masse salariale de l’entreprise n’a rien à voir avec les géants du secteur malgré un nombre de clients comparable. Photo AFP

La fintech britannique Revolut veut changer de catégorie et tripler le nombre de ses clients d’ici à 2025, à 100 millions, pour concurrencer les géants bancaires en proposant de nouveaux produits comme le crédit à la consommation, qui sera lancé en France prochainement. « Les néobanques ne sont plus la concurrence » pour Revolut, a indiqué Antoine Le Nel, responsable de la croissance au sein de la société, lors d’une conférence de presse.

Dorénavant, la banque, qui dispose d’une licence bancaire dans l’Union européenne, mais pas encore au Royaume-Uni où une procédure est en cours pour l’obtenir, se voit plutôt jouer dans la même cour que Boursorama, première banque en ligne en France en nombre de clients, ou Crédit agricole.

En juillet 2021, elle avait réalisé une levée de fonds de 800 millions de dollars, valorisant le groupe à environ 33 milliards de dollars, soit une taille comparable à des poids lourds installés depuis longtemps dans le paysage bancaire au Royaume-Uni.

Parmi ses objectifs, Revolut souhaite « devenir la première banque » en nombre d’utilisateurs dans les 31 pays européens où elle est présente, tout en continuant de s’implanter sur de nouveaux marchés.

Début mai, elle s’est lancée au Brésil, et elle prévoit de s’implanter en Nouvelle-Zélande d’ici à la fin du mois, avant l’Inde, qui reste à confirmer.

La fintech veut en outre devenir la banque principale, c’est-à-dire celle où ses clients ont décidé de domicilier leurs revenus, pour la même proportion de ses clients que les banques traditionnelles.

« Nous ne sommes plus sur ceux qui voyagent souvent », la première cible de l’entreprise qui s’était démarquée en proposant une carte gratuite avec des tarifs très attractifs pour payer et échanger de l’argent à l’étranger.

Économies d’échelle

Pour réaliser ses objectifs, la banque va continuer à offrir de nouvelles fonctionnalités, comme le crédit à la consommation, qui sera disponible en France à partir du 30 mai. « Si nous voulons être crédibles en tant que banque, il faut lancer le crédit conso », a expliqué M. Le Nel. Le crédit immobilier fait également partie des projets en chantier, mais aucune date de lancement ne peut être pour l’instant annoncée.

Concernant l’épargne, la banque projette aussi d’ajouter de nouvelles offres, mais se heurte aux spécificités locales, comme les livrets réglementés, auxquels appartient le livret A, en France.

« Notre objectif, maintenant que nous avons vraiment l’offre globale, c’est comment est-ce qu’on la redéfinit au niveau local », a détaillé M. Le Nel.

Pour Revolut, qui se démarque par une offre se voulant complète à un prix très attractif grâce aux économies d’échelle permises par sa présence sur de nombreux marchés, ces spécificités locales peuvent en effet représenter un obstacle.

Avec 7 000 salariés, dont 200 en France, la masse salariale de l’entreprise n’a en effet rien à voir avec les géants du secteur qui emploient plusieurs dizaines, voire centaines de milliers de personnes, pour un nombre de clients souvent comparable et bien moindre que les 100 millions visés.

Ainsi, si les clients de Revolut rapportent peu d’argent individuellement, leur nombre conjugué à la faiblesse des coûts supportés par la banque leur permet de dégager un bénéfice, sur un segment où de nombreux acteurs se sont cassé les dents ou peinent à être rentables.

Revolut, qui ne cache pas son ambition de devenir une « superappli » réunissant le maximum de services comme peuvent l’être en Asie Alipay ou WeChat, a enregistré un revenu de 850 millions de livres sterling (980 millions d’euros) en 2022 (+34 % par rapport à 2021), mais n’a pas encore dévoilé son résultat net, qu’elle espère positif. En 2021, elle avait dégagé son premier bénéfice avec 26,3 millions de livres, après une perte de 224 millions un an plus tôt. À titre de comparaison, le bénéfice net des banques traditionnelles se compte majoritairement en milliards d’euros.

Kevin TRUBLET/AFP

La fintech britannique Revolut veut changer de catégorie et tripler le nombre de ses clients d’ici à 2025, à 100 millions, pour concurrencer les géants bancaires en proposant de nouveaux produits comme le crédit à la consommation, qui sera lancé en France prochainement. « Les néobanques ne sont plus la concurrence » pour Revolut, a indiqué Antoine Le Nel, responsable de la croissance au sein de la société, lors d’une conférence de presse.Dorénavant, la banque, qui dispose d’une licence bancaire dans l’Union européenne, mais pas encore au Royaume-Uni où une procédure est en cours pour l’obtenir, se voit plutôt jouer dans la même cour que Boursorama, première banque en ligne en France en nombre de clients, ou Crédit agricole.En juillet 2021, elle avait réalisé une levée de fonds de 800 millions...
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