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Politique - Crise au Liban

"La présidentielle est une affaire souveraine libanaise", affirme Boukhari depuis Meerab

Le président du Parlement Nabih Berry maintient son soutien au leader des Marada Sleiman Frangié.

L'ambassadeur d'Arabie saoudite au Liban Walid Boukhari (d) reçu par le leader des Forces libanaises Samir Geagea à Meerab, le 2 mai 2023. Photo Twitter/@DrSamirGeagea

L'ambassadeur d'Arabie saoudite au Liban Walid Boukhari a affirmé mercredi, depuis le QG des Forces Libanaises (FL) à Meerab, allié chrétien du royaume wahhabite, que "la présidentielle est une affaire souveraine libanaise". Dans une tournée menée au cours de la journée auprès de figures religieuses et politiques, le diplomate a aussi insisté "sur la nécessité d'accélérer l'élection d'un président", alors que le Liban est en proie à une impasse politique depuis la fin du mandat de Michel Aoun en octobre dernier.

"La présidentielle est une affaire souveraine propre aux Libanais", a affirmé M. Boukhari au micro de la chaîne al-Jadeed, à l'issue d'un entretien avec le chef des FL Samir Geagea. Selon un communiqué publié par le parti chrétien, les deux hommes ont examiné "les développements politiques dans le pays, notamment la présidentielle". "La position de l'Arabie est claire au sujet de la présidentielle : pour le royaume, il s'agit d'une affaire souveraine libanaise. Il revient aux Libanais de décider de leur futur chef de l'Etat", poursuit le texte. Le document précise enfin que "l'Arabie se tient auprès du peuple libanais dans ses décisions".

Dans l'après-midi, Walid Boukhari avait été reçu par le président du Parlement Nabih Berry à Aïn el-Tiné. Le royaume "insiste sur la nécessité d'accélérer l'élection d'un chef de l'Etat capable de mettre en œuvre ce à quoi le peuple libanais aspire", a affirmé le diplomate à l'issue de la réunion. "Nous n'acceptons pas la vacance présidentielle qui se prolonge et menace la stabilité et l'unité du peuple libanais", a-t-il ajouté.

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Plus tôt dans la matinée, l'ambassadeur s'était entretenu avec la plus haute instance sunnite au Liban, le mufti de la République Abdellatif Deriane. M. Boukhari a écrit dans un tweet avoir discuté avec lui des "derniers développements sur la scène locale, notamment la nécessité de tenir l'élection présidentielle, ainsi que d'autres sujets qui constituent un intérêt commun".

Berry maintient son soutien à Frangié
Le Liban est en proie à une double vacance à l'Exécutif depuis six mois, faute de consensus sur un candidat comme cela est de coutume dans le pays. Si le tandem chiite Amal-Hezbollah a dernièrement officialisé son soutien au leader des Marada Sleiman Frangié, le camp de l'opposition demeure pour sa part divisé. Soutenu par une partie de l'opposition, Michel Moawad n'a pas obtenu de son côté assez de voix lors des onze séances parlementaires tenues depuis la fin du mandat Aoun.

L'édito d'Anthony SAMRANI

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Nombre d'observateurs estiment que la France fait la promotion d’un troc entre l’élection du chef des Marada à la présidence de la République et la nomination de Nawaf Salam, ancien ambassadeur du Liban à l’ONU et actuel juge à la Cour internationale de justice, pour former le premier gouvernement du prochain mandat. Ces informations ont été démenties par Paris, dont la diplomatie a affirmé mercredi dernier "ne pas avoir de candidat au Liban". Selon certains observateurs, l'Arabie saoudite serait opposée à une candidature de Frangié.

Le chef du Législatif Nabih Berry estime quant à lui que Paris ne s'oppose pas à l'élection du leader des Marada. Il avait en effet affirmé la semaine dernière que les Français lui "ont clairement dit que les informations qui sont parvenues d’Arabie sont positives". Des propos fustigés par les Forces libanaises (FL), lesquelles avaient souligné que "les données politiques locales et les informations rapportées de plusieurs sources diplomatiques occidentales vont à l’encontre" des propos de M. Berry.

Dans un entretien accordé au quotidien al-Joumhouriya et publié mercredi, Nabih Berry a rebondi sur la réponse des FL. "Cette négation ne changera rien aux faits", a-t-il dit, notant que "ni les Français ni les Saoudiens n'ont démenti ce qu'il a dit". Le président de la Chambre a en outre estimé que Samir Geagea "refuse le dialogue ainsi que les efforts fournis pour parvenir à un compromis présidentiel". Il a affirmé qu'il continuerait à soutenir M. Frangié, assurant "ne pas disposer de plan B". M. Berry a enfin indiqué "attendre qu'il y ait un ou deux candidats sérieux chez l'autre camp avant d'appeler à une nouvelle séance électorale".

La réaction des FL n'a pas tardé. "Si les propos de Nabih Berry sont vrais, pourquoi ses souhaits ne se sont pas traduits dans les urnes ?", a fustigé le parti chrétien dans un communiqué. "Comment Samir Geagea peut-il accepter un dialogue au moment où celui qui le réclame a avoué n'admettre que le plan A, c'est-à-dire la candidature de Sleiman Frangié ?", a-t-il ajouté. Et de poursuivre : "Le fait que l'axe de la Moumanaa (pro-iranien) au Liban tienne à l'équation +notre candidat ou le chaos+ n'a rien changé aux données externes ni internes. La vacance persiste à cause de cette équation".

Tournée de Bou Saab
Sur la scène locale, le vice-président de la Chambre Élias Bou Saab a entamé la semaine dernière une tournée auprès des principales formations politiques afin de tenter de débloquer l'impasse présidentielle. Après avoir rencontré ces derniers jours le patriarche maronite Béchara Raï ainsi que des députés du Hezbollah et du groupe parlementaire du Renouveau (conduit par le candidat à la présidentielle Michel Moawad), ainsi que le leader des Forces libanaises, il a été reçu mercredi par le chef des Kataëb Samy Gemayel.

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"Nous n'attendons pas de solution de l'extérieur. L'initiative que j'ai lancée vise à établir des ponts de dialogue et non pas à proposer un candidat en particulier", a souligné depuis Saïfi le numéro deux du Parlement. "Personne ne m'a demandé de faire cela", a-t-il ajouté, rappelant que "le facteur temps est important".

Pour sa part, Samy Gemayel s'est dit "ouvert à toute solution qui permettra de passer à une nouvelle étape fondée sur la souveraineté de l'Etat et la liberté de prise de décisions nationales". Il a aussi critiqué nommément le Hezbollah, lors d'un point de presse après la réunion. "Si Sleiman Frangié décide de se repositionner à égale distance des parties politiques, (...) nous n'avons pas de problème à le soutenir. Mais le chef des Marada est clair dans sa politique et convaincu de ses choix", a ajouté le chef des Kataëb.

Le dossier de la présidentielle a par ailleurs été abordé mercredi par les évêques maronites au cours de leur réunion hebdomadaire. Ces derniers ont appelé les députés à "tirer profit des indicateurs régionaux et internationaux positifs concernant la possibilité d'élire un nouveau président". 

L'ambassadeur d'Arabie saoudite au Liban Walid Boukhari a affirmé mercredi, depuis le QG des Forces Libanaises (FL) à Meerab, allié chrétien du royaume wahhabite, que "la présidentielle est une affaire souveraine libanaise". Dans une tournée menée au cours de la journée auprès de figures religieuses et politiques, le diplomate a aussi insisté "sur la nécessité d'accélérer...
commentaires (4)

Je te tiens, tu me tiens, par la barbichette...une impasse qui va devenir de plus en plus sombre (sans compter les pbs d'électricité)...je me surprends à penser, ne lâchez pas les FL (à défaut d'avoir un leadership sunnite respectable) l'Arabie, moi qui abhorre ce pays...

IBN KHALDOUN

23 h 38, le 03 mai 2023

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Commentaires (4)

  • Je te tiens, tu me tiens, par la barbichette...une impasse qui va devenir de plus en plus sombre (sans compter les pbs d'électricité)...je me surprends à penser, ne lâchez pas les FL (à défaut d'avoir un leadership sunnite respectable) l'Arabie, moi qui abhorre ce pays...

    IBN KHALDOUN

    23 h 38, le 03 mai 2023

  • C’est fou comme les libanais ne comprennent pas la politique compatible et clémente des pays étrangers avec leurs intérêts. Tous ces pays étrangers qui se croient légitimement impliqués dans nos affaires faute de responsables politiques patriotes auxquels ils se substituent. Tous ces pays viennent nous aider. Nous avons les iraniens qui viennent proposer leur aide pour assurer l’électricité et le carburant manquant au peuple libanais alors que leur propre peuple manque de tout et refuse leur autoritarisme qui le réduit à un peuple asservi et soumis à une dictature sans que jamais ses revendications ni ses jérémiades ne soient entendues. Ils veulent s’immiscer dans nos affaires? Qu’à cela ne tienne on décide de faire de même chez eux. Alors s’ils tiennent à leur paix intérieure, ils ont intérêt à cesser leur ingérence dans nos problèmes car le retour risque de leur faire plus de dégâts qu’ils ne l’imaginent. Medias, réseaux sociaux, à vos plumes, ou plutôt vos claviers. Vous avez du pain sur la planche. Pratiquez donc les mêmes méthodes pour montrer au monde que les libanais patriotes ont aussi leur mot à dire dans ce monde qui les prend pour des citoyens de seconde zone et peuvent aussi déstabiliser le monde. L’avantage que nous avons est notre présence dans le monde entier et en masse depuis des siècles alors au boulot. Il faut leur montrer de quoi un peuple, même dispersé, est capable de faire si on touche à l’intégrité de son pays d’origine

    Sissi zayyat

    21 h 58, le 03 mai 2023

  • LA SURPRISE DONT JE PARLE DANS MA TIRADE, APRES LES DOUCHES AMERICAINE ET FRANCAISE.

    LA LIBRE EXPRESSION

    21 h 45, le 03 mai 2023

  • Un sourire sardonique de Berri qui révèle bien son malaise. Ni Berri, ni Geagea n'ont raison avec leur entêtement. Ni Frangié, ni Moawad sont éligibles, que ceci soit acquis. Sinon, ils commettent tous deux une faute grave impardonnable en usant ce qui reste de viable dans le pays.

    Esber

    19 h 47, le 03 mai 2023

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