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Monde - Réforme Des Retraites

La mobilisation se tasse en France avant le verdict du Conseil constitutionnel

La mobilisation se tasse en France avant le verdict du Conseil constitutionnel

Des manifestants se confrontent aux forces de l’ordre durant la 12e journée de mobilisation contre la réforme des retraites à Nantes, en France, le 13 avril 2023. Loïc Venance/AFP

Les opposants à la réforme des retraites ont manifesté hier pour la 12e fois en France, à la veille du verdict du Conseil constitutionnel sur le projet phare du président Emmanuel Macron. Après quasiment trois mois de contestation, les autorités prévoyaient entre 400 000 et 600 000 manifestants, à comparer avec les 570 000 recensés le 6 avril et 740 000 le 28 mars. À l’heure de mettre sous presse, leurs prédictions semblaient s’être matérialisées. L’essoufflement se confirme ainsi pour la troisième semaine consécutive. « La contestation de cette réforme est toujours aussi forte », a pourtant affirmé le leader du syndicat modéré CFDT Laurent Berger avant le départ du défilé à Paris, quand la gauche, via le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure, a assuré qu’aucune « abdication » n’était à attendre.

Côté grèves, les perturbations ont pourtant été nettement moins importantes qu’au début de la mobilisation dans les transports aérien et ferroviaire et le métro. Le nombre de fonctionnaires en grève a reculé à 3,8 % dans la fonction publique d’État, contre 6,5 % le 6 avril, selon les autorités. Les salariés des raffineries se sont aussi mobilisés, sans toutefois perturber notablement l’activité des sites. La CGT a appelé les éboueurs parisiens à une nouvelle grève reconductible à partir de jeudi. Le mouvement des éboueurs qui n’ont pas ramassé les poubelles pendant trois semaines en mars dans la capitale a été un des aspects les plus spectaculaires de la crise.

« Peu d’espoir »

Comme presque à chaque fois, des heurts ont éclaté avec les forces de l’ordre. À Nantes, des manifestants ont jeté des projectiles sur les forces de l’ordre qui ont répliqué avec des grenades lacrymogènes. Des scènes similaires se sont produites dans la capitale, où des grévistes ont également envahi brièvement le siège du géant du luxe LVMH, dans le quartier chic des Champs-Élysées, avec fumigènes et sifflets. Le Conseil constitutionnel logé dans le Palais royal, au cœur de Paris, a notamment été placé sous haute surveillance. Hier matin, une brève tentative de blocage, avec poubelles et fumigènes, s’est soldée par quatre interpellations. Le préfet de police a émis un arrêté interdisant toute manifestation aux abords de l’institution jusqu’à samedi matin.

Les « sages » doivent annoncer aujourd’hui s’ils valident ou censurent, partiellement ou en totalité, la réforme décriée qui prévoit notamment le recul de l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans. Pour les opposants, cette douzième marche « est une espèce de baroud d’honneur », résume Martine Girard à Marseille.

« Même s’il y a peu d’espoir, on veut montrer qu’on n’est pas dupes », explique cette enseignante de 50 ans qui reconnaît qu’il y a « beaucoup moins de gens mobilisés parce que financièrement ça devient dur ».

Après un passage en force de la loi le 20 mars, le gouvernement ayant utilisé une disposition constitutionnelle permettant l’adoption d’un texte sans vote, la décision du Conseil constitutionnel est la dernière étape avant une promulgation et une entrée en vigueur du texte, que le président Macron souhaite d’ici à la fin de l’année. Il semble peu probable que le Conseil, chargé de vérifier la conformité des lois à la Constitution, annule la totalité de la réforme. Mais il pourrait élaguer la loi substantiellement et renforcer les arguments de l’intersyndicale en faveur d’un retrait ou d’une suspension de la réforme.

Le Conseil doit aussi se prononcer sur la recevabilité d’un référendum d’initiative partagée demandé par l’opposition de gauche, une procédure devant recueillir 4,87 millions de signatures pour permettre l’organisation d’une consultation sur le texte.

Depuis les Pays-Bas, M. Macron a tendu mercredi la main aux syndicats, avec qui il entretient des relations très tendues, en annonçant qu’il leur proposerait une rencontre « dans un esprit de concorde » après la décision du Conseil constitutionnel.

Source : AFP

Les opposants à la réforme des retraites ont manifesté hier pour la 12e fois en France, à la veille du verdict du Conseil constitutionnel sur le projet phare du président Emmanuel Macron. Après quasiment trois mois de contestation, les autorités prévoyaient entre 400 000 et 600 000 manifestants, à comparer avec les 570 000 recensés le 6 avril et 740 000 le 28 mars. À l’heure de mettre sous presse, leurs prédictions semblaient s’être matérialisées. L’essoufflement se confirme ainsi pour la troisième semaine consécutive. « La contestation de cette réforme est toujours aussi forte », a pourtant affirmé le leader du syndicat modéré CFDT Laurent Berger avant le départ du défilé à Paris, quand la gauche, via le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure, a assuré...
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