Un distributeur automatique hors service dans un quartier de Beyrouth. Photo João Sousa
Le syndicat des employés de banque au Liban a sévèrement critiqué dans un communiqué hier la décision de certaines enseignes d’appeler une partie de leurs effectifs à travailler de chez eux tout en continuant de percevoir un salaire amputé des indemnités de transport.
La corporation a jugé cette décision « inacceptable à tous les niveaux » et a promis de « ne pas rester les bras croisés » face à cette situation qui concerne selon elle « un nombre important d’employés » dans les enseignes concernées et qui s’apparente à un « licenciement différé ».
Le secteur bancaire traverse une crise de solvabilité dont les effets ont été repoussés depuis fin 2019 par une série de mesures de restrictions ciblant les déposants adoptées unilatéralement par l’Association des banques et aménagées par la Banque du Liban, avec la complicité silencieuse des autorités. L’activité de crédit et d’investissement du secteur a été complètement anéantie et l’essentiel des services assurés par les banques se résument à exécuter les ordres de retrait et de paiement de leurs clients, dans les limites des restrictions imposées.
La restructuration du secteur est considérée comme inévitable par le Fonds monétaire international et certains soutiens du pays, dont la France. Une proposition de loi organisant le processus est actuellement entre les mains des commissions parlementaires et doit être combinée avec un autre texte régissant la répartition des pertes financières du Liban, dont les banques doivent absorber une partie, notamment en sacrifiant leurs capitaux. Le syndicat demande que le processus de restructuration ne se fasse pas au détriment des droits des salariés qui seront amenés à perdre leur poste.


Quand certains libanais préfèrent stocker les dollars générés par leurs activités locales dans des containers sécurisés et gardés par des milices privées plutôt qu'en banque, on se dit que le système bancaire vit ses dernières heures... et après, ce sera au tour de l'État ! Rien de plus logique.
19 h 41, le 16 avril 2023