Le centre de facturation d’Électricité du Liban à la centrale de Zouk Mosbeh. Photo João Sousa
Moins de 24 heures après l’avoir annoncé, le syndicat des employés d’Électricité du Liban a suspendu hier son ordre de grève « préventive », qui devait initialement durer jusqu’à mardi prochain et aurait potentiellement affecté la production d’électricité, déjà insuffisante. Le syndicat a pris cette décision juste après une réunion avec le ministre sortant des Finances, Youssef Khalil, consacrée aux tarifs préférentiels d’électricité réclamés par les salariés.
Selon le communiqué publié après une réunion qualifiée de « positive », le ministre s’est engagé à « trouver des solutions satisfaisantes » s’alignant sur les revendications des employés, qui de leur côté se sont engagés à mettre fin à leur grève. Contacté par L’Orient-Le Jour, le président du syndicat Georges Sarkis n’a pas donné plus de détails, ni sur les solutions envisagées ni sur la date à laquelle elles seraient mises en œuvre. « Dans une prochaine étape, nous devrons nous réunir avec plusieurs représentants du ministère, dont le directeur général Georges Maarawi », a-t-il simplement confié.
Il a aussi précisé que la grève des employés d’EDL n’aurait pas entraîné la mise à l’arrêt immédiat des centrales électriques, qui produisent actuellement l’équivalent de « 4 à 5 heures de courant » par jour. En revanche, les opérations de maintenance auraient été bien suspendues. « Entre autres, en cas d’avarie, les services concernés ne seraient donc pas intervenus pour dépanner », détaille Georges Sarkis, ajoutant que son syndicat représente plus de 1 300 salariés de l’office autonome.
Conférence de presse annoncée
Mardi, Youssef Khalil avait refusé de valider une décision du ministre sortant de l’Énergie et de l’Eau, Walid Fayad, accordant des tarifs préférentiels d’électricité aux employés et retraités d’EDL, ainsi qu’à certains fonctionnaires de son ministère. Le haut responsable avait motivé son refus en invoquant l’illégalité de la décision par rapport à l’article 75 de la loi de finances pour 2021 supprimant tous les tarifs préférentiels d’électricité. Le syndicat des employés d’EDL avait critiqué ce refus en présentant ces tarifs préférentiels comme un avantage social compensant le fait que les salaires de la fonction publique s’étaient dépréciés au même rythme que la livre libanaise. Il avait aussi brandi une décision du Conseil constitutionnel rendue le 23 novembre 1999 pour contrecarrer l’argument juridique de Youssef Khalil. Selon Georges Sarkis, le syndicat avait initialement demandé que les tarifs préférentiels demandés s’appliquent aux seuls employés et retraités d’EDL, et que c’est le ministère qui a décidé d’en faire aussi profiter certains de ses fonctionnaires. Selon son service de presse, le ministre a prévu d’organiser une conférence de presse aujourd’hui à 11h30, au cours de laquelle il devrait évoquer ce dossier.Les salaires mensuels et les allocations de retraite versés aux salariés du secteur public ont perdu de leur valeur dans le contexte de crise économique au Liban, qui a vu la livre se déprécier de plus de 98 % depuis 2019. Bien que les salaires des fonctionnaires, toujours calculés selon l’ancien taux de change officiel de 1 507,5 livres pour un dollar, aient été triplés en novembre dernier, cette mesure n’a pas compensé la perte de leur pouvoir d’achat.
Entre-temps, EDL ne fournit que quelques heures de courant par jour en raison de ses moyens financiers et de ses capacités de production limités. Il ne peut actuellement compter que sur le carburant livré dans le cadre du partenariat lancé en juillet 2021 entre le Liban et l’Irak et dont la dernière cargaison, de 33 000 tonnes, a été déchargée il y a quelques jours.
Les abonnés d’EDL dépendent, eux, des propriétaires de générateurs privés – dont une majorité est protégée par les différents partis politiques qui se partagent le pouvoir – pour obtenir de l’électricité ainsi que des systèmes de panneaux solaires, dont l’installation a augmenté depuis quelques années.


Très déçu qu’une telle décision ait été prise. Des tarifs préférentiels vous dites? Et comment paie-t-on le carburant nécessaire au fonctionnement des centrales? Donc ce sont les autres qui paient pour que ces employés qui ont obtenu leur poste on ne sait comment et nous octroient quelques heures d’électricité par jour puissent bénéficier de tarifs préférentiels. L’article ne dit pas le détail de ces tarifs d’ailleurs, allez-y publiez-les! Je suis sûr que cela en choquera plus d’un. Nous appelons à l’équité sociale, et donc à la suppression de tous les avantages économiques qui sont octroyés tels que celui-ci.
08 h 35, le 13 avril 2023