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Moyen-Orient - Israël

Netanyahu concède une pause sur sa réforme judiciaire

La Histadrout annonce la fin de la grève générale.

Netanyahu concède une pause sur sa réforme judiciaire

Les manifestations hostiles à la réforme de la justice voulue par le gouvernement Netanyahu se poursuivaient hier en Israël. Tahmad Gharabli / AFP

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est résolu lundi soir à une pause dans l’examen au Parlement de sa très contestée réforme de la justice, un projet qui a provoqué de vastes manifestations dans le pays et plongé sa coalition gouvernementale dans la crise.

Au cours d’une allocution télévisée, Benjamin Netanyahu a annoncé le report de l’examen du texte en deuxième et troisième lecture à la prochaine session de la Knesset après la Pâque juive en avril. Il a expliqué sa décision par une « volonté d’éviter un déchirement de la nation » et de disposer de temps pour « parvenir à un consensus large » sur une réforme de la justice qu’il a décrite par le passé comme responsable et indispensable pour rééquilibrer les pouvoirs en Israël.

Dénoncé par ses détracteurs comme une entrave à la démocratie, le projet vise à conférer au gouvernement un poids plus important dans le choix des juges et à limiter les capacités de la Cour suprême à annuler des lois votées par le Parlement.

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Comme il l’avait déjà fait ce mois-ci, le président Isaac Herzog était sorti de sa réserve quelques heures plus tôt pour demander via Twitter l’arrêt « immédiat » du processus législatif « au nom de l’unité du peuple d’Israël, au nom de la responsabilité ».

Réagissant à l’annonce de Benjamin Netanyahu, la Histadrout, principal syndicat de la fonction publique, a levé l’appel à la grève générale qu’il avait formulé dans le sillage du limogeage dimanche du ministre de la Défense Yoav Gallant. Ce dernier s’était écarté de la ligne gouvernementale en se prononçant pour une suspension du projet de réforme.

Le limogeage de Yoav Gallant a mis en exergue les divisions au sein de la coalition ultraconservatrice au pouvoir depuis environ trois mois et poussé des dizaines de milliers de personnes à descendre à nouveau dans la rue, à Jérusalem et Tel-Aviv, en guise de protestation.

Tensions entre députés

Avant l’allocution télévisée de Benjamin Netanyahu, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir avait de nouveau affiché lundi son opposition à une suspension de la réforme. « Nous ne devons pas arrêter la réforme du système judiciaire et nous ne devons pas céder à l’anarchie », a-t-il dit sur son compte Twitter. Son parti ultranationaliste Otzma Yehudit (Puissance juive) a finalement accepté de lever son veto à un report après avoir obtenu la garantie que le texte serait examiné lors de la prochaine session de la Knesset.

Selon la télévision publique, la réforme avait parallèlement poursuivi dans la journée son parcours parlementaire, avec sa validation par la commission de la Constitution de la Knesset en vue d’une possible ratification.

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Des députés de l’opposition se sont violemment opposés à Simcha Rothman, le président de la commission, criant « Honte ! Honte ! » et comparant la réforme aux groupes opposés à l’État hébreu. « Il s’agit d’une prise de contrôle hostile de l’État d’Israël. Pas besoin du Hamas, pas besoin du Hezbollah », a déclaré un député. « La loi est équilibrée et bonne pour Israël », a rétorqué Simcha Rothman.

Parmi les conséquences de la contestation en cours contre cette réforme, les vols au départ de l’aéroport Ben-Gourion ont été suspendus lundi, a déclaré un porte-parole de l’aéroport.

Cette crise intervient alors même que les services de sécurité israéliens s’inquiètent d’une possible escalade des violences dans les prochaines semaines, sur fond de tensions croissantes avec les Palestiniens, alors qu’a débuté le ramadan.

La Maison-Blanche « salue » la mise en pause de la réforme controversée de la justice immédiatement après l’annonce de M. netanyahu. Alliés de poids d’Israël, les États-Unis s’étaient déclarés « profondément préoccupés » et avaient souligné « la nécessité urgente d’un compromis ».

En France, pays où vit la plus grande communauté juive après Israël et les États-Unis, le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) avait appelé le gouvernement israélien « à suspendre la réforme » afin de « rétablir au plus vite le calme et le dialogue avec toute la société ».

Sources : agences


Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est résolu lundi soir à une pause dans l’examen au Parlement de sa très contestée réforme de la justice, un projet qui a provoqué de vastes manifestations dans le pays et plongé sa coalition gouvernementale dans la crise.Au cours d’une allocution télévisée, Benjamin Netanyahu a annoncé le report de l’examen du texte en...

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