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Lifestyle - Bientôt dans les salles, au Liban

« Weekend » : une fin de semaine qui va coûter (très) cher

Ce film, signé Sami Koujan, est une comédie qui explore différents thèmes sociaux. Avec, à l’affiche, Fouad Yammine, Shiraz et Karla Boutrous.

« Weekend » : une fin de semaine qui va coûter (très) cher

Le film « Weekend » sera en salle pour Pâques. Photo DR

Weekend, qui sort bientôt en salle au Liban pour la fête de Pâques, relate les faits d’un week-end qui tourne mal. Mais c’est tout le parcours de ce long métrage 100 % libanais qui ne s’est pas déroulé comme prévu. Tourné en 2019, le film aurait dû voir le jour bien plus tôt, mais le dernier jour de tournage, un certain 17 octobre, a coïncidé avec le déclenchement du soulèvement populaire. « Nous avons travaillé la postproduction assez lentement, se rappelle Sami Koujan, scénariste et réalisateur du film, avec l’espoir que tout allait bientôt rentrer dans l’ordre, mais la pandémie est arrivée. Le film, produit par Day Two Pictures, a alors connu une sortie limitée en ligne sur plateforme mais je voulais quand même que le grand public puisse le découvrir sur grand écran. »

Nazih Youssef et Shiraz dans le film « Weekend ». Photo DR

Les fans du 7e art feront donc bientôt la connaissance d’Omar qui tombe fou amoureux de Joanna et n’en croit pas sa chance. Quand elle l’invite chez elle à la montagne pour y passer un week-end, il tombe nez à nez avec sa mère Samar, avec qui il avait autrefois entretenu une brève relation. « L’idée du film est basée sur une histoire vraie », explique Sami Koujan, sans révéler s’il s’était lui-même mis un jour dans cette situation. « C’est toute une dynamique qui s’installe entre les personnages principaux, avec des situations saugrenues, surtout qu’Omar et Samar veulent garder le secret sur leur relation et ont hâte que ce séjour se termine. »

Dori al-Samarani, Shiraz et Fouad Yammine. Photo DR

Côté casting, c’est Fouad Yammine qui endosse le rôle d’Omar, avec l’actrice Karla Boutrous dans le rôle de la mère de Joanna, interprétée par la chanteuse libanaise Shiraz. « J’ai choisi d’écrire un film avec un casting des plus limités et que nous avons choisi avec soin, ajoute le réalisateur. J’ai essayé aussi de rapprocher les acteurs en dehors du tournage. Shiraz avait seulement tourné jusque-là dans une série télévisée mais le rôle lui allait comme un gant. Quant à Fouad Yammine, il a beaucoup improvisé durant le film, notamment lors de ses scènes avec Joseph Zeitouni, son ancien camarade de classe. »

À l’affiche également, Nazih Youssef, Dori al-Samarani, Malak al-Haj et Anthony Najem, dans une ambiance loin des deux premiers longs métrages de Sami Koujan, Cash Flow 1 et 2, sortis respectivement en 2012 et 2016. « Mes premiers films avaient une ambiance plutôt comique mais dans un contexte assez action, explique-t-il. Dans Weekend, je propose une comédie sociale, plus réelle, avec des moments dramatiques et émotionnels forts. Il m’importait surtout, en écrivant ce scénario, que les gens puissent s’identifier aux personnages. »

Karla Boutrous dans le rôle de la mère de Joanna, interprété par la chanteuse libanaise Shiraz. Photo DR

Des problèmes de fond

Au-delà de la comédie, le jeune cinéaste diplômé de la NDU souhaite également présenter des problématiques sociétales. Pour lui, chaque famille a ses problèmes et ses secrets, et ils sont souvent un reflet de l’environnement dans lequel ils élèvent leurs enfants. « Dans Weekend, j’ai essayé de m’attarder sur la relation entre parents et enfants, et comment l’éducation des parents façonne leurs fils et leurs filles, assure Sami Koujan. On voit aussi comment une séparation entre les parents, même si elle est de courte durée, peut laisser des marques, et comment notre société perçoit une femme qui entretient une relation avec un homme plus jeune qu’elle. Ce sont de vrais problèmes, de vraies douleurs. » Le traitement de ces sujets sérieux dans un film plutôt commercial est chose naturelle pour le réalisateur, qui estime que les discussions autour des films jugés « commerciaux » n’ont plus vraiment raison d’être.

Fouad Yammine, un talent de plus en plus apprécié. Photo DR

« Tout réalisateur rêve de tourner des films qui puissent intégrer les circuits des festivals, y compris moi, dit-il, mais le cinéma est aussi une industrie. Je crois que la génération qui nous a précédés faisait beaucoup de différence entre les films commerciaaux et les films de festival. Mais cela a commencé à changer il y a quelques années, avec des films commerciaux qui ont récolté des Oscars et des Golden Globes. Il est possible de mélanger les genres aujourd’hui, et j’ai été moi-même agréablement surpris que mon film ait été projeté dans des festivals à l’étranger. J’espère que le public libanais, malgré la situation difficile de l’industrie, passera lui aussi un bon moment devant le grand écran, avec Weekend. On ne le dit jamais assez, mais il faut soutenir le cinéma libanais. Il faut croire en notre industrie. » Le jeune réalisateur y croit en tout cas fermement. Après Weekend, c’est son film Dyouf Charaf, déjà prêt, qui sortira en salle. On y retrouvera le chanteur et acteur Mohammad Attia, Stéphanie Atala, Élias Zayek ainsi qu’un éventail d’acteurs libanais, avec la même formule et la même volonté de présenter des scènes comiques de notre quotidien libanais, qui cachent souvent, derrière le rire, de profonds tourments.

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commentaires (2)

D’autant que cela fait la promotion de la production locale. Bravo!

K1000

13 h 43, le 02 mars 2023

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Commentaires (2)

  • D’autant que cela fait la promotion de la production locale. Bravo!

    K1000

    13 h 43, le 02 mars 2023

  • Vraiment content de voir tous ces articles sur la culture et les sorties au Liban dans l’OLJ. Merci beaucoup c’est quelque chose qui manquait dans le paysage des médias.

    K1000

    13 h 42, le 02 mars 2023

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