Des personnes en deuil portent le cercueil du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué, au Grand Mosalla de Téhéran, le 3 juillet 2026. Photo Atta Kenare / AFP
Au Moyen-Orient, la mobilisation populaire est généralement massive et souvent marquée d'une grande ferveur pour les obsèques de personnalités politiques. Celles de l'ex-guide suprême iranien Ali Khamenei ne devraient pas faire exception: les autorités attendent plusieurs millions de personnes.
Les funérailles du président égyptien Gamal Abdel Nasser, en 1970, et de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la République islamique d'Iran, en 1989, avaient déjà drainé d'immenses foules dans un climat survolté.
Gamal Abdel Nasser
Le 1er octobre 1970, plusieurs millions de personnes accompagnent le cercueil du président égyptien dans les rues du Caire, le long d'un itinéraire de 16 kilomètres. Les soldats se battent pour empêcher la foule d'arracher le cercueil.
La cohue empêche militaires égyptiens, chefs d'Etat et personnalités de 52 pays de suivre le cortège. Le président par intérim Anouar el-Sadate et le roi Hussein de Jordanie sont victimes d'un malaise, comme plusieurs dizaines de personnes dans la foule.
En épilogue, la police dégagera à coups de crosse l'accès de la mosquée où a lieu l'inhumation.
Rouhollah Khomeini
Le 6 juin 1989, les funérailles du guide suprême Rouhollah Khomeini donnent lieu au plus grand rassemblement en Iran depuis son retour dans son pays, en 1979. Dans une foule en transe, le véhicule transportant la dépouille pour le cortège funéraire à Téhéran est pris d'assaut par des fidèles, le linceul déchiré et le corps tombe à terre.
C'est finalement par hélicoptère que le transfert sera assuré, pour l'inhumation, avec plusieurs heures de retard, dans un cimetière près de Téhéran. Selon l'agence iranienne officielle Irna, pas moins de 10 millions de personnes ont afflué. Les mouvements de foule font plus de dix morts, et plus de 10.000 blessés.
Yitzhak Rabin
En novembre 1995, un million d'Israéliens et des centaines de dignitaires étrangers dont de nombreux dirigeants arabes se rassemblent à Jérusalem pour les obsèques du Premier ministre Yitzhak Rabin, assassiné par un extrémiste juif.
Le 6 novembre, tout le pays se fige pendant deux minutes au son des sirènes lors de l'inhumation, à l'issue des plus imposantes funérailles militaires jamais organisées en Israël.
Yasser Arafat
Le 12 novembre 2004, une marée humaine de Palestiniens se presse à Ramallah, en Cisjordanie occupée, pour un dernier adieu à leur chef historique Yasser Arafat. Des milliers d'entre eux forcent l'entrée du quartier-général de la Mouqataa, où le dirigeant est inhumé, après y avoir été assiégé pendant près de trois ans par l'armée israélienne.
Ses obsèques ont débuté avec une cérémonie officielle au Caire, sa ville de naissance, dans une enceinte militaire, loin des quartiers populaires. Une décision de l'Egypte pour permettre à tous les chefs d'Etat arabes de lui rendre hommage. Dans le même temps, plusieurs milliers de Palestiniens des camps de réfugiés de Beyrouth organisent des obsèques symboliques dans la capitale libanaise. Israël s'était catégoriquement opposé à ce que Yasser Arafat soit enterré à Jérusalem-Est, comme il en avait exprimé le souhait, et même dans les faubourgs de la Ville sainte.
Oum Kalthoum
Une artiste, la chanteuse égyptienne Oum Kalthoum, s'est hissée au même niveau que ces dirigeants lorsque plusieurs millions de personnes, selon la presse arabe, ont déferlé en 1975 dans les rues du Caire pour accompagner son cercueil.


Joumblatt à « L’OLJ » : Je ne ferai pas partie d’une coalition pour faire tomber l’accord-cadre entre le Liban et Israël