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Culture - Septième art

Un très bel accueil pour « Fiasco », de Nicolas Khoury, à l’Institut du monde arabe

Le cinéaste libanais Nicolas Khoury a présenté le 22 février son « film journal intime » devant une salle comble, dans le cadre de l’exposition « Habibi, les révolutions de l’amour » qui se déroule jusqu’à la mi-mars à l’IMA.

Un très bel accueil pour « Fiasco », de Nicolas Khoury, à l’Institut du monde arabe

Le cinéaste Nicolas Khoury présentant son film sur la scène de l’IMA. Photo DR

L’Institut du monde arabe (IMA) qui a donné la parole à plus d’une vingtaine d’artistes du monde arabe, afin d’exprimer leurs angoisses et leurs interrogations sociales, personnelles et esthétiques, dans des œuvres récentes (photographie, peinture, vidéo, performance, littérature, animation) autour des identités LGBTQ+, a invité Nicolas Khoury à se joindre à eux pour une projection de son film Fiasco.

Extrait du film « Fiasco ». Photo DR

Journal intime en images

Fiasco n’est pas un simple témoignage, mais une quête personnelle, une introspection touchante à travers la caméra que Khoury braque sur lui-même pour s’affirmer. Un journal intime, tout en pudeur, qui exprime la fragilité mais aussi la force de ce jeune cinéaste. Grâce à une caméra plantée au cœur de leur maison, et qui est en quelque sorte le quatrième acteur aux côtés de sa sœur et de sa mère, et à des vidéos du passé qu’il mêle organiquement à son film documentaire, le spectateur parvient à remonter à l’enfance de Nicolas et à son adolescence. Son regard sonde le passé avec autant d’inquiétude que de dérision. Grâce à cette caméra témoin mais aussi complice, il ne craint pas de se mettre à nu devant cette maman qui ne comprend pas pourquoi son fils ne se marie pas et qui lui déclare un jour frontalement : « Je ne veux pas que ta vie soit un fiasco. » Nicolas n’a aucune rancœur contre cette mère avec l’esprit d’un autre siècle. Dans Fiasco, nulle place au drame mais à la légèreté, l’humour et la tendresse. Personnel mais aussi universel, le film de Nicolas Khoury est le miroir d’une société qui ne s’est pas encore débarrassée de ses tabous. En racontant un peu son cheminement et ses doutes, dans cette société qui impose encore des limites et des a priori, le cinéaste s’allège peu à peu de tout ce qui l’alourdit. Avec humour et tendresse.

L’affiche du film. Photo DR

Carte de visite

Né en 1989, Nicolas Khoury est diplômé en études cinématographiques et audiovisuelles de l’Académie libanaise des beaux-arts (ALBA) en 2010. S’il s’oriente très vite vers le film documentaire, il est aussi monteur de films indépendant, vivant et travaillant à Beyrouth. Sa filmographie comprend trois longs-métrages indépendants qui ont remporté des prix dans plusieurs festivals. Son documentaire Résonances (27 minutes) avait remporté les prix du meilleur court-métrage documentaire à It’s All True au Brésil en 2018 ainsi qu’aux Journées cinématographiques de Carthage (Tunisie) la même année. Son autre court-métrage, Une ville, une femme, a été sélectionné par le Beirut Art Film Festival (BAFF) pour représenter le Liban au grand Festival du film de l’art à Montréal. Depuis 2021, son documentaire Fiasco (produit par lui-même et coproduit par Yara Yuri Safadi & Sekak Films) tourne le monde. Du festival CPH:DOX au Danemark, où il fait sa première, jusqu’au festival du Caire, où il est récompensé du prix spécial du Jury ainsi que de la mention spéciale pour le meilleur film arabe en 2021, en passant par RIDM Montréal la même année… Puis, en 2022, du festival Aflam à Marseille en passant par Amman, Bergamo, Genève (FIFOG) et Malmö, ainsi qu’au Festival du film indépendant de Beyrouth et au Festival du film international de Tripoli où il décroche, dans les deux, le prix du meilleur documentaire.

Après son passage à l’IMA, le film documentaire du cinéaste continue son périple au festival « La Première fois » où il sera projeté le 2 mars 2023 au Vidéodrôme de Marseille. Bonne route donc à Fiasco, qui n’en est certainement pas un.

L’Institut du monde arabe (IMA) qui a donné la parole à plus d’une vingtaine d’artistes du monde arabe, afin d’exprimer leurs angoisses et leurs interrogations sociales, personnelles et esthétiques, dans des œuvres récentes (photographie, peinture, vidéo, performance, littérature, animation) autour des identités LGBTQ+, a invité Nicolas Khoury à se joindre à eux pour une...
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