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Culture - Symposium-Hommage

Pour son anniversaire, Etel Adnan célébrée à l’AUB

L’artiste pluridisciplinaire disparue fin 2021 est mise à l’honneur lors d’un symposium où interviendront ses amis des mondes universitaire, littéraire et artistique. L’occasion de dévoiler un corpus inédit d’archives personnelles.

Pour son anniversaire, Etel Adnan célébrée à l’AUB

Etel Adnan, peintre, poète et essayiste, célébrée aujourd’hui dans son pays natal. Photo DR

Aujourd’hui jeudi 23 et demain vendredi 24 février, l’Université américaine de Beyrouth (AUB) rend hommage à l’artiste pluridisciplinaire Etel Adnan (24 février 1925 – 14 novembre 2021) à travers un symposium centré sur ses écrits, peu diffusés au Liban. « Le 24 février correspond à la date de son anniversaire que nous avions l’habitude de célébrer comme un événement important », confie à L’Orient-Le Jour la peintre Simone Fattal qui partageait la vie de l’artiste décédée il y a un an.

En association avec deux de leurs proches amis – l’historien Fawwaz Traboulsi et la spécialiste de littérature arabe Sonja Mejcher-Atassi –, l’ex-compagne de la défunte a organisé cet événement rassemblant un cercle de proches issus des milieux universitaire, littéraire et artistique. De l’éditeur Hans-Ulrich Müller-Schwefe, qui a fait connaître son travail en Allemagne, à l’artiste visuelle Lamia Joreige, dont la vidéo d’art se déploie sur un texte d’Etel Adnan, en passant par Steve Dickison, directeur du Centre de poésie à l’Université de San Francisco, l'écrivaine libanaise Dominique Eddé ou encore Francesca Maria Corrao, spécialiste de littérature arabe à l’Université de Rome, une palette d’invités viendront des quatre coins du monde célébrer une icône désormais incontournable de l’art contemporain.

Inclassable Etel

Née à Beyrouth d’une mère grecque chrétienne de Smyrne et d’un père arabe musulman de Damas qui servait comme officier dans l’armée ottomane, la vie d’Etel Adnan commence au lendemain de la Première Guerre mondiale, en 1925, et s’étend sur près d’un siècle entre le Liban, la Californie et la France. Profondément ancrée dans la quête humaniste, son travail se libère des limites littéraires et artistiques pour embrasser l’univers de façon intime et critique, mais joyeuse.

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« Etel Adnan est davantage connue pour sa peinture que pour ses écrits littéraires, poursuit Simone Fattal, qui continue de diffuser l’œuvre de son amie à travers le monde. Le public libanais n’a pas accès à ses livres, disséminés et mal distribués. C’est pourquoi j’ai demandé à chaque intervenant d’aborder un ouvrage en particulier. »

À la fois philosophe, écrivaine, peintre, activiste, féministe et visionnaire, Etel Adnan reste une artiste difficile à classer. Avant de disparaître le 14 novembre 2021, la presque centenaire avait légué des archives personnelles à l’AUB. Depuis plus de trois ans, Sonja Mejcher-Atassi, professeure de littérature arabe et comparée, s’attelle avec ses étudiants à intégrer au catalogue de la bibliothèque un corpus inédit de lettres et de correspondances personnelles, de manuscrits, de carnets de bord et de journaux intimes.

Une diversité de panels

« L’Université américaine a un rôle à jouer dans ce domaine, car il y a peu d’archives littéraires au Liban », explique à L’OLJ l’enseignante et organisatrice du colloque. Cet événement revêt une importance particulière non seulement au niveau des recherches académiques, mais aussi des témoignages personnels et des pratiques artistiques. Il reflète toute la diversité de l’œuvre de l’artiste pluridisciplinaire. « Au programme, une pluralité de panels sur la vie d’Etel Adnan, son enfance à Beyrouth, sa poésie, mais aussi des concerts au théâtre al-Madina (vendredi 24 à 19h30) organisés par le festival Irtijal de musique expérimentale et improvisée, et des projections de vidéos d’artistes libanais comme Joana Hadjithomas. »

Pour mémoire

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Dans Ismyrna, cette dernière raconte aux côtés d’Etel Adnan, rencontrée en 1990, les liens avec une ville où aucune d’entre elles n’est jamais allée : Smyrne autrefois, Izmir aujourd’hui. Ensemble, elles retracent leurs histoires familiales, interrogeant leur attachement aux objets, aux lieux et aux imaginaires privés d’images. Le récit de leurs expériences personnelles forme la toile de fond de changements survenus après la chute de l’Empire ottoman, questionnant les concepts de frontières, de cosmopolitisme, d’identité et d’appartenance.

« Aller à Izmir était un rêve et un projet commun, mais Etel ne pouvant s’y rendre, je suis allée seule faire des images que nous avons partagées. Lier nos mémoires, c’était comme mettre en commun ces histoires d’exil qui nous ont marquées, confie Joana Hadjithomas à L’OLJ. Ce qui se dégage de son récit dit beaucoup de ce que nous vivons aujourd’hui. À travers ses livres et son art, Etel a laissé un héritage vivant, tant de voyages possibles et de consolations en ces temps chaotiques. De par son récit très personnel dans le film, elle libère une parole régénératrice. Passer ce moment avec elle, c’est trouver la force de continuer à se battre en toute conscience. »

Programme

Jeudi 23 février à 9h30, Sonja Mejcher-Atassi et Simone Fattal prononceront le mot d’ouverture du symposium à l’IFI Auditorium de l’Université américaine de Beyrouth, suivi du discours inaugural du philosophe et directeur de recherche au CNRS Pierre Caye. Un premier panel abordera l’œuvre d’Etel Adnan à Beyrouth avec l’historien Fawwaz Traboulsi, l’écrivain Élias Khoury et l’enseignante Sana Mourad. L’après-midi sera consacré aux archives personnelles d’Etel Adnan, avec une lecture en scène et l’inauguration de l’exposition à la Jafet Library, suivie, à 18h30, de la projection du film Ismyrna.

Vendredi 24 février, dès 9h30, la période américaine des écrits d’Etel Adnan sera traitée dans sa diversité, avec un premier panel sur la poésie et le témoignage, un deuxième sur le journalisme et la peinture avec Dominique Eddé et Nadia Von Maltzahn, puis, à 16h, la projection des vidéos d’art Sun & Sea (2021) et Deep Down (2023). À 19h30, un concert organisé par Irtijal se tiendra au théâtre al-Madina.

Aujourd’hui jeudi 23 et demain vendredi 24 février, l’Université américaine de Beyrouth (AUB) rend hommage à l’artiste pluridisciplinaire Etel Adnan (24 février 1925 – 14 novembre 2021) à travers un symposium centré sur ses écrits, peu diffusés au Liban. « Le 24 février correspond à la date de son anniversaire que nous avions l’habitude de célébrer comme un...
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