Rechercher
Rechercher

Nos Lecteurs ont la Parole

Le hold-up du siècle

Ô rage, ô désespoir

Qu’avons-nous donc fait

Pour mériter tant d’ignominie

De la part des banques libanaises ?

De quel droit ou de quelle loi se prévalent les banques libanaises pour priver si illégalement leurs clients de leurs dépôts pendant trois ans ?

Lorsque deux pays voisins – pour ne citer que la Grèce et Chypre – ont eu des crises économiques et financières, leurs Parlements et leurs Conseils des ministres se sont empressés de voter entre 24 et 48 heures des lois de « capital control » réglementant officiellement les relations des banques avec leurs clients.

Nenni au Liban, où ni le Parlement ni les Conseils des ministres successifs ne se sont donné la peine d’élaborer la moindre des lois clarifiant aux deux parties leurs droits et leurs devoirs ! A posteriori, après trois ans dans l’illégalité la plus totale, on ne peut qu’en déduire que les hautes institutions de l’État étaient les complices des banquiers qui leur ont permis d’autre part de faire fuir leurs capitaux à l’étranger, avant et après octobre 2019. Preuve que l’État et les banques étaient de mèche pour voler les déposants tous les jours…

Quelques petits mois après le couperet d’octobre 2019, la banque centrale a viré en catimini et dans le plus grand secret 8,5 milliards de dollars aux banques libanaises dont les déposants n’ont pas eu droit au moindre paiement à partir de leurs comptes bloqués. Où se sont volatilisés ces 8,5 milliards ?

Ce mépris criminel des droits des citoyens libanais à avoir accès à leurs dépôts démontre la collusion intolérable et légalement inacceptable des banquiers avec les députés et les ministres qui se sont succédé depuis 2019, avec le soutien d’un État corrompu jusqu’à la moelle, sourd et aveugle aux souffrances de son peuple…

Parmi la quarantaine de banques exerçant au Liban, on aurait pu imaginer qu’une poignée étaient honorablement gérées par des banquiers intègres et consciencieux.

Les trois dernières années ont montré que ces quatre ou cinq banquiers supposés « honnêtes » ont immédiatement rejoint la majorité pour appliquer exactement les mêmes mesures illégales que leurs collègues… Comment ne s’est-il pas trouvé au moins trois ou quatre banquiers intègres pour continuer à servir leurs clients comme avant 2019 ? Un État allié à des institutions privées et publiques, tous pourris et corrompus : voilà ce qu’est devenu le Liban au mépris de drames humains terribles que subissent les déposants. Et pour couronner cette « ignominie », ce hold-up du siècle toléré, autorisé et couvert par nos ministres et députés depuis trois pleines années – cerise pourrie sur ce gâteau empoisonné –, voici les banques qui réclament à l’État de les protéger… contre leurs propres clients! Et qui va donc protéger les droits de ces citoyens-clients, spoliés et dépossédés par ces mêmes banquiers ? Un État corrompu et criminel, voilà ce qu’est devenu notre cher pauvre Liban !

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique Courrier n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, L’Orient-Le Jour offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.


Ô rage, ô désespoir Qu’avons-nous donc faitPour mériter tant d’ignominieDe la part des banques libanaises ? De quel droit ou de quelle loi se prévalent les banques libanaises pour priver si illégalement leurs clients de leurs dépôts pendant trois ans ? Lorsque deux pays voisins – pour ne citer que la Grèce et Chypre – ont eu des crises économiques et financières, leurs...

commentaires (1)

La Grèce et Chypre sont dans l’UE , il n’y a pas à rigoler et ils n’ont pas le Hezbollah

Eleni Caridopoulou

22 h 03, le 24 novembre 2022

Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • La Grèce et Chypre sont dans l’UE , il n’y a pas à rigoler et ils n’ont pas le Hezbollah

    Eleni Caridopoulou

    22 h 03, le 24 novembre 2022

Retour en haut