Le chef de l'Eglise maronite Béchara Raï. Photo ANI
Le patriarche maronite Béchara Raï a adressé dimanche de vives critiques aux députés libanais, leur reprochant leur "inaction" et les exhortant à élire un nouveau président s'ils veulent que le Liban soit une "entité unique", près d'une semaine après la fin du mandat de Michel Aoun.
"Vous voulez que le Liban soit une entité unique, un Etat moderne ? Elisez un président !", a lancé Mgr Raï à l'attention des parlementaires, dans son homélie dominicale. "Vous êtes responsables de la vacance, de l'élection d'un nouveau chef de l'Etat. Pourquoi vous tardez à le faire, à vous dérober à vos responsabilités et à bloquer l'échéance?", a-t-il demandé. "Pourquoi vous perdez du temps ? Peut-être parce que vous n'êtes pas libres de vos décisions ? Alors quelle est la valeur de votre mandat parlementaire ? Quelle est la valeur de votre représentativité du peuple s'il n'y a pas de président à la tête de la République ?"
La Chambre a été convoquée quatre fois depuis le début de la période électorale fin août, pour tenter d'élire un nouveau chef de l'Etat, mais sans succès en l'absence de consensus, comme cela est de coutume au Liban. Une nouvelle réunion doit avoir lieu jeudi, alors que le Liban est entré dans une vacance politique totale de l'Exécutif après le départ de M. Aoun : sans un président, et un cabinet démissionnaire chargé de la seule expédition des affaires courantes.
Pas un simple huissier
"D'aucuns pensent qu'en retardant l'élection présidentielle certains projets seraient réalisables, comme si cette élection était devenue secondaire", a critiqué le prélat, selon lequel "le Liban n'est pas une entreprise commerciale qu'on renfloue, mais une nation à construire sur la base de la foi et de la loyauté".
"Un président de la République n'est pas inutile. Il n'est pas un simple huissier de la République, mais son gouverneur et le garant du fonctionnement de ses institutions", a poursuivi Mgr Raï. "Sans un président, qui est concerné par les relations libanaises avec le monde et les contrats, l'accord avec le Fonds monétaire international (FMI) sera compromis, ainsi que la réalisation de réformes et l'action judiciaire", a affirmé le dignitaire religieux. Le Liban a conclu avec le FMI un accord prévoyant une aide de 3 milliards de dollars sur quatre ans à condition que des réformes de redressement économique soient adoptées, afin de tenter de mettre un terme à l'effondrement économique du pays.
Bien avant le départ de Michel Aoun, le chef de l'Eglise maronite appelait régulièrement à l'élection d'un président défendant les intérêts du Liban et tenant tête au Hezbollah, qu'il voit comme le bras armé de l'Iran. Ses propos sont devenus encore plus tranchants depuis le début de la vacance présidentielle dans le poste le plus important pour sa communauté.
Mgr Audi pour un président qui "ne convoite rien pour lui-même"
De son côté, le métropolite grec-orthodoxe de Beyrouth Elias Audi a appelé les députés à "se réunir et à élire un président capable de lancer un chantier de réformes, un président qui ne convoite rien pour lui-même et considère son siège comme temporaire, qu'il quittera à la fin de son mandat". Dans son homélie dominicale, il a appelé à l'élection d'un président qui "accomplisse sa mission avec honnêteté, probité et crainte de Dieu. Ensuite un gouvernement sera formé et le chantier des réformes sera engagé", a-t-il poursuivi.
Le prélat a exhorté les députés, "notamment les chrétiens" d'entre eux, à s'unir autour de "l'idée d'un président de sauvetage" pour sortir le Liban de la grave crise qu'il traverse. "Qu'ils entendent les lamentations du peuple et se souviennent qu'ils ont été élus pour le représenter et défendre ses intérêts", a fustigé Mgr Audi.
Parmi les grands blocs chrétiens, les Forces libanaises ont voté lors des dernières séances consacrées à la présidentielle, pour le député de Zghorta Michel Moawad (indépendant), tandis que le Courant patriotique libre (CPL, fondé par Michel Aoun), a voté blanc.





Heureusement qu’il y avait l’accord de Taef pendant les derniers mandats occupés par des présidents vendus pour limiter leurs actions de nuire. Si Aoun et ses derniers prédécesseurs avaient plus de pouvoir le Liban serait actuellement une province d’Iran ou de la Syrie tellement que les derniers vendus au fauteuil était dévoués à leurs maîtres armés qui les ont placé simplement pour détruire leur pays. Chose qu’ils ont fait sans scrupules mais ont été limités dans leur sale besogne à cause de cet accord qui a eu un effet de ralentisseur sur leur volonté de nuire. Malgré tous les dégâts et actes destructeurs avérés qu’ils ont fait subir à ce peuple et au pays en connaissance de cause, et pour servir les fossoyeurs, des citoyens libanais continuent à ne jurer que par eux la main sur le cœur et aboyant en chœur , dieu, machin wou bass. Allez prétendre à une nation prospère avec un peuple pareil relève d’un miracle qui ne risque pas d’arriver et pour cause, un peuple qui n’aime pas son pays est un pays mort et enterré et les fossoyeurs le savent d’où leur présence encore dans leurs postes malgré tous les crimes qu’ils ont commis en son nom et exclusivement sur lui, ce peuple aveuglément dévoué. Il n’y a plus de peuple dans cette tribu, que des chefs de village et des brebis à traire pour mieux leur survivre.
11 h 57, le 07 novembre 2022