Le chef du Courant patriotique libre Gebran Bassil à Baabda, le 12 janvier 2022. Photo d’archives Dalati et Nohra
Le chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste) Gebran Bassil a affirmé vendredi que le Premier ministre désigné Nagib Mikati et le président du Parlement Nabih Berry, entre autres, veulent "arriver au vide gouvernemental et mettre la main" sur la présidence en déléguant les prérogatives de la fonction suprême au gouvernement démissionnaire actuel. Ces propos interviennent à trois jours de la fin du mandat de Michel Aoun, qui arrive à expiration le 31 octobre.
Après une réunion au siège du patriarcat maronite à Bkerké, le chef du CPL et gendre de Michel Aoun l'a affirmé au micro de la chaîne locale LBCI : "Il y a une volonté claire et un plan prévu par M. Mikati, soutenu par M. Berry, par l'étranger et d'autres pour arriver au vide gouvernemental et mettre la main sur la fonction suprême de la République : la présidence". Une énième critique au Premier ministre désigné qui s'ajoute à celles formulées jeudi par le chef de l'État, qui avait affirmé que M. Mikati "ne veut pas former de gouvernement".
"La priorité absolue est que la magistrature suprême soit préservée et qu'on ne rentre pas dans une période de vacance du pouvoir", a déclaré Gebran Bassil. "Mais tout le monde prend la vacance présidentielle pour un fait accompli", a-t-il fustigé, avant de lancer : "Que Dieu nous préserve de ce qu'ils trament pour imposer ce fait accompli. Mon devoir est d'alerter, et je l'ai fait", a-t-il ajouté.
Gebran Bassil a de nouveau brandi le danger d'un "chaos constitutionnel" et dénoncé "ceux qui veulent clairement nous y emmener", toujours en allusion à MM. Berry et Mikati.
Depuis quelques temps déjà, le camp présidentiel et le Premier ministre désigné sont à couteaux tirés, notamment sur la question de la formation d'un nouveau gouvernement, qui est au point mort. Le cabinet actuel est toujours chargé d'expédier les affaires courantes depuis la fin mai dernier.
Dans la soirée, l'ancien député et ex-ministre de l'Économie Nicolas Nahas, bras droit de M. Mikati, a répondu dans un communiqué aux attaques de Gebran Bassil : "Ce que dit M. Bassil est faux, car le chef du gouvernement a présenté sa combinaison ministérielle le 29 juin dernier, alors que le temps pressait et imposait de continuer avec la même équipe et un minimum de changement. Le président de la République a refusé d'en discuter", a-t-il déclaré, rappelant les "conditions nombreuses et changeantes" réclamées par le chef du CPL dans la formation du nouveau cabinet. Celles-ci "prouvent qu'il demande un gouvernement qu'il puisse contrôler, pas un gouvernement productif qui accomplisse les missions essentielles en cas de vacance présidentielle", poursuit M. Nahas.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine