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Dernières Infos - Frontière maritime

Israël signe l'accord sur sa frontière maritime avec le Liban



Le Premier ministre israélien Yaïr Lapid présidant une réunion de son gouvernement à Jérusalem, le 27 octobre 2022. Photo RONEN ZVULUN / POOL / AFP

Le Premier ministre israélien Yaïr Lapid a signé jeudi l'accord sur la frontière maritime avec le Liban qui constitue, selon lui, une "reconnaissance" de fait de l'Etat hébreu par Beyrouth.

Peu avant, une copie du texte avait été signé par le président libanais Michel Aoun

En fin de matinée, le gouvernement israélien avait donné son feu vert définitif à cet accord lors d'une réunion spéciale du Conseil des ministres, a indiqué le bureau de M. Lapid qui a par la suite diffusé une vidéo du Premier ministre signant le texte devant un drapeau israélien bleu et blanc. "Il s'agit d'un accomplissement politique, ce n'est pas tous les jours qu'un Etat ennemi reconnaît l'Etat d'Israël dans un accord écrit et ce, devant l'ensemble de la communauté internationale", a déclaré M. Lapid.

Mais l'accord est purement "technique" et ne comporte aucune "dimension politique", a rétorqué le président libanais Michel Aoun sur Twitter, le Liban et Israël étant en état de guerre depuis la création de l'Etat hébreu en 1948.

Les deux pays ne disposent d'aucun accord sur leur frontière terrestre. L'ONU a dessiné après le retrait des troupes israéliennes du Liban en 2000 une "ligne bleue" faisant office de frontière mais dont le tracé fait l'objet de divergences.

Le chef de l'opposition israélienne Benjamin Netanyahu, en campagne contre M. Lapid pour les législatives du 1er novembre, avait fustigé l'accord sur la frontière maritime avec le Liban et affirmé qu'il devait faire l'objet d'un vote du Parlement, voire d'un référendum.

Production à Karish 
Dans la foulée, différentes organisations de droite avaient déposé quatre recours à la Cour suprême contre l'accord, en soutenant notamment qu'il devait recevoir l'appui du Parlement à l'heure où le gouvernement Lapid a perdu sa majorité, ce qui a d'ailleurs catalysé la tenue des élections.

Mais dimanche, le plus haut tribunal en Israël a rejeté ces appels, signifiant ainsi que l'accord n'avait besoin que du feu vert du gouvernement.

En vertu de l'accord négocié par les Etats-Unis avec l'appui de la France, le champ gazier offshore de Karish se situe entièrement dans les eaux israéliennes en Méditerranée orientale. Le Liban pour sa part aura tous les droits d'exploration et d'exploitation du champ de Cana, situé plus au nord-est, dont une partie dans les eaux territoriales d'Israël. Mais "Israël sera rémunéré" par la firme exploitant Cana "pour ses droits sur d'éventuels gisements", selon le texte.

Avant même la signature de l'accord par les deux pays, le groupe énergétique Energean a lancé, mercredi, la production au gisement de Karish avec le projet d'y porter rapidement la production annuelle à 6,5 milliards de m3 de gaz naturel, puis à terme à 8 milliards de m3. Ce gaz permettra, selon les autorités israéliennes, de réduire le coût de l'énergie du pays mais aussi de doper les exportations vers l'Europe, qui cherche à diversifier ses approvisionnements du fait de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.


Le Premier ministre israélien Yaïr Lapid a signé jeudi l'accord sur la frontière maritime avec le Liban qui constitue, selon lui, une "reconnaissance" de fait de l'Etat hébreu par Beyrouth.Peu avant, une copie du texte avait été signé par le président libanais Michel Aoun. En fin de matinée, le gouvernement israélien avait donné son feu vert définitif à cet accord lors...