Des membres de la FINUL patrouillent sur la route côtière de Naqoura, au Liban-Sud, le 24 octobre 2022. Photo MAHMOUD ZAYYAT / AFP
Israël et le Liban signeront jeudi l'accord sur la frontière maritime, négocié sous l'égide des Etats-Unis et ouvrant la voie à l'exploitation de gisements gaziers en Méditerranée orientale. L'information a été annoncée dimanche soir par le médiateur américain Amos Hochstein et confirmée lundi par le Premier ministre israélien Yaïr Lapid.
"Jeudi, nous allons signer l'accord historique avec le Liban. Israël deviendra dans un futur proche un important fournisseur de gaz à l'Europe", a déclaré M. Lapid lors d'un entretien à Tel-Aviv avec le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, selon un communiqué transmis par ses services.
Des informations de presse faisaient état d'une possible signature jeudi à Naqoura, ville du sud libanais frontalière d'Israël où est basée la Force intérimaire des Nations unies (Finul). Si M. Lapid a confirmé la date de jeudi, il n'a pas précisé les modalités de signature du texte.
Amos Hochstein avait déjà déclaré dimanche lors de l'émission "Face the Nation", sur CBS News, qu'il espérait que l'accord sera signé jeudi. "Je pense qu'il s'agit d'un développement vraiment formidable, un accord historique entre deux pays ennemis", a-t-il ajouté.
Le chef de l'opposition israélienne Benjamin Netanyahu, en campagne contre M. Lapid pour les législatives du 1er novembre, avait fustigé l'accord avec le Liban et affirmé qu'il devait faire l'objet d'un vote de la Knesset (Parlement), voire d'un référendum.
Dans la foulée, différentes organisations de droite avaient déposé quatre recours à la Cour suprême contre l'accord, en soutenant notamment qu'il devait recevoir l'appui du Parlement à l'heure où le gouvernement Lapid a perdu sa majorité ce qui a d'ailleurs catalysé la tenue des élections. Mais dimanche matin, trois juges du plus haut tribunal en Israël "ont décidé à l'unanimité de rejeter ces quatre appels", impliquant ainsi que l'accord n'avait pas besoin du feu vert du Parlement mais seulement de celui du gouvernement. Le gouvernement israélien doit tenir une réunion spéciale jeudi à 10h30 (07H30 GMT) au bureau du Premier ministre à Jérusalem, ont indiqué à l'AFP des responsables.
Après d'intenses négociations indirectes sous l'égide des Etats-Unis, Israël et le Liban ont annoncé au début du mois être parvenus à un accord pour délimiter la frontière maritime entre ces deux voisins, officiellement en état de guerre, et lever les obstacles à l'exploitation de gisements gaziers.
En vertu de l'accord, le champ offshore de Karish se situe entièrement dans les eaux israéliennes. Le Liban pour sa part aura tous les droits d'exploration et d'exploitation du champ de Cana, situé plus au nord-est, dont une partie se situe dans les eaux territoriales d'Israël. Mais "Israël sera rémunéré" par la firme exploitant Cana "pour ses droits sur d'éventuels gisements", selon le texte.
L'entrée en fonction du gisement de Karish permettra à Israël d'accroître sa production gazière et ainsi doper ses livraisons par pipeline à l'Egypte, pour ensuite la liquéfier et la transporter en bateau en Europe qui cherche à diversifier ses approvisionnements. Pour l'heure, Israël exploite les gisements de Tamar et Leviathan en Méditerranée orientale et a indiqué vouloir entamer rapidement la production sur Karish.




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15 h 16, le 25 octobre 2022