Rechercher
Rechercher

Nos Lecteurs ont la Parole

Une nation à édifier

Nul ne peut prétendre bâtir un État si les citoyens ne s’accordent pas sur un tronc commun qui définit leur identité et transforme dès lors un territoire sur lequel vivent dix-huit communautés aux entités disséminées et conflictuelles en une nation voulue et consentie.

Seule l’adhésion à des principes intangibles et l’accord sur des fondements structurels rendent possible l’émergence d’une nation ! Sont également essentiels les valeurs constitutives de notre identité et le socle sur lequel nous nous appuyons pour créer le lien dans cette belle mosaïque !

Ce petit pays qu’est le Liban est bâti sur des valeurs qui ont fait sa spécificité : c’est le pays d’un message de fraternité qui est devenu le berceau du dialogue interconfessionnel et interculturel, l’amour de la liberté, sa tolérance, sa pratique de la démocratie et son économie libérale, mais aussi, son ouverture au monde et sa farouche défense lorsque son identité est remise en cause ; sa pratique de la démocratie, la bienveillance de la diplomatie, le respect de l’adversaire et la main tendue à l’allié ; terre de martyrs irriguée par le sang de ses fils, qui est devenue une terre de refuge et s’est muée en une nécessité vers laquelle aspire tout persécuté avide de sécurité et de liberté ; cette terre de dialogue meurtrie dans sa chair, refuse désormais de se voir imposer une doctrine de parole barrée.

Car la destinée du Liban a toujours été l’enracinement qui récuse le repli sur soi et l’ouverture qui rejette toute assimilation. Terre profanée mais toujours sacrée ; terre souillée jamais salie ; terre occupée jamais asservie ; terre de dialogue entre les gens du Livre, le Liban est devenu une mosaïque de communautés et s’est vu porteur d’un message de tolérance.

Notre devoir est de nous engager avec détermination pour déterrer cette mémoire collective et reconnaître que c’est grâce à ses fondamentaux que le Liban est plus « qu’un pays, c’est un message » !

Et nous atteler à choisir un nouveau président de la République qui croit en ces fondamentaux ; protecteur du préambule de la Constitution et de ses clauses malgré ses lacunes et reconnaître que le Liban n’a jamais été édifié sur la règle du nombre ni sur la religion, mais sur le principe de l’entente entre toutes ses composantes afin de bâtir ensemble un État qui transcende les communautés et devient garant de l’identité d’un peuple, de l’appartenance de chacun et de la liberté de tous ! Appliquer la décentralisation élargie et transformer le système d’une démocratie d’entente entre les « leaders communautaires » en une démocratie laïque !

Dans cette mondialisation sans repère où le raidissement, la peur de l’autre et le populisme envahissent les esprits, le Liban reste une oasis de dialogue intercommunautaire et d’interdépendance des cultures !

Mais afin qu’il reste ce « pays message » nous devons réclamer :

1) L’intervention des Nations unies afin de nous libérer de l’occupation iranienne qui prend le Liban en otage par l’intermédiaire du Hezbollah ;

2) La neutralité positive du Liban. Et l’application des résolutions du Conseil de sécurité notamment les 1559, 1680, 1701 et, 2650 ;

3) Rédiger les lois pour l’indépendance de la justice et qu’elle soit reconnue comme un troisième pouvoir. Inciter le Conseil supérieur de la magistrature à traduire les corrompus en justice donnant ainsi un message clair que la loi est au-dessus de tous ;

4) Établir un plan exhaustif pour redresser les finances de l’État et récupérer les sommes spoliées à l’État et au peuple libanais ; présenter des réformes structurelles pour développer l’économie productive ; rétablir la confiance dans le secteur bancaire ; protéger les frontières et fermer les passages illégaux ; conclure des contrats de B.O.T. pour l’eau, l’électricité, les télécommunications, etc.

5) Rédiger une nouvelle loi électorale plus juste et représentative, qui tiendra compte de la spécificité du Liban ; accordera à tous les Libanais résidents et expatriés le droit de vote électronique ; abaissera l’âge électoral ; et, punira pénalement la subornation.

Dans un monde qui ploie sous le règne de l’immédiateté, revenir aux fondamentaux relève de la volonté d’édifier et d’élaborer ensemble un projet commun qui permet la création d’un État laïc basé sur la citoyenneté ; une nation bâtie sur la connaissance lucide de toutes les composantes dans leurs diversités, le respect de leurs particularismes, et la sauvegarde de leurs droits…

Avocate aux barreaux de Beyrouth et Paris

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.


Nul ne peut prétendre bâtir un État si les citoyens ne s’accordent pas sur un tronc commun qui définit leur identité et transforme dès lors un territoire sur lequel vivent dix-huit communautés aux entités disséminées et conflictuelles en une nation voulue et consentie.Seule l’adhésion à des principes intangibles et l’accord sur des fondements structurels rendent possible...

commentaires (0)

Commentaires (0)

Retour en haut