C’est le montant que la dette publique libanaise a atteint en milliards de dollars à fin avril dernier, selon les chiffres publiés par le ministère des Finances et relayés par le Lebanon This Week de la Byblos Bank. Un montant impressionnant qui est toutefois à relativiser. Il se base en effet sur le taux de change officiel de 1 507,5 livres pour un dollar, bien que celui-ci ne soit encore en vigueur que dans certains rares cas, comme pour les subventions aux importations de blé, toujours financées par la Banque du Liban, alors que sur le marché parallèle, un billet vert s’échangeait dernièrement autour de 38 000 livres, soit une dépréciation de 96 % selon nos calculs, et ce après trois ans de crise. En considérant le taux de la plateforme de change de la BDL, Sayrafa, le niveau de dette tombe à 43,7 milliards de dollars, selon le Lebanon This Week.
Ce nouveau pic constitue une hausse de 0,47 % par rapport aux 100,4 milliards de dollars atteints fin 2021 et de 3,4 % par rapport aux 97,8 milliards de dollars atteints fin avril 2021. La dette a ainsi grossi de 708,5 millions de dollars sur les quatre premiers mois de l’année 2021.
Dans le détail, à fin avril 2021, la dette publique était constituée à 60,8 % de la dette libellée en livres et à 39,2 % de celle libellée en devises, correspondant respectivement à 92 710 milliards de livres (soit 61,5 milliards de dollars au taux officiel) et à 39,6 milliards de dollars dans cette monnaie, dont 10,03 milliards de dollars d’arriérés de paiement accumulés. La BDL détient 39 % de la dette publique totale libanaise à fin avril 2022, suivie des banques commerciales avec 12,2 % et des institutions internationales et des gouvernements étrangers (12 %). Les institutions financières non bancaires en détiennent, elles, 9,7 %, tandis que les investisseurs locaux et étrangers se partagent les 37 % restants. Les parts de la dette publique cumulées de la BDL et des banques commerciales dépassent donc les 50 %, ayant investi massivement durant des années dans les bons du Trésor et eurobonds qui avaient de hauts taux de rendement, les rendant alors très vulnérables lorsque l’État a décidé de faire défaut sur sa dette en devises en mars 2020, en marge de la crise. Jusqu’à présent, soit près de deux ans et demi plus tard, aucune restructuration de la dette n’a encore été effectuée.
Dès les rumeurs d’un possible défaut de paiement, une partie des créanciers internationaux s’étaient en grande partie rassemblés sous la bannière « Ad Hoc Lebanon Bondholder Group » pour négocier avec le Liban. Ils ne s’étaient plus manifestés depuis l’échec des négociations entre le Liban et le Fonds monétaire international en juillet 2020, avant de revenir à la charge en septembre 2021 pour rappeler le pays à ses obligations, sans réel succès.
100 milliards de dettes 180 milliards de depots mais donnez nous les restes svp
18 h 16, le 26 septembre 2022