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Société - Emigration clandestine

Le bilan du naufrage tragique au large de Tartous grimpe à plus de 100 morts

D'après la Croix rouge, 17 personnes sont toujours portées disparues. Ce bilan reste toutefois provisoire, le nombre total de passagers à bord de l'embarcation n'ayant pu être confirmé par son propriétaire. 

Des personnes en pleurs lors des funérailles, le 24 septembre 2022, d'une victime du naufrage d'un bateau de migrants parti du Liban, au large de la Syrie. Photo Fathi AL-MASRI / AFP

Le bilan du naufrage d'un bateau de migrants parti du Liban et qui a coulé jeudi au large de la Syrie s'est alourdi à plus de 100 morts dimanche, selon un décompte du directeur du port syrien de Banias, Nawfak Ibrahim.

Ce nouveau bilan a été annoncé après que six nouvelles dépouilles ont été retrouvées et transférées à l'hôpital al-Bassel de Tartous, selon notre correspondant au Liban-Nord Michel Hallak.

D'après des sources au sein de la Croix-Rouge, 17 personnes qui se trouvaient à bord de l'embarcation sont toujours portées disparues. Cependant, le secrétaire général du Haut Comité de secours libanais, Mohammad Kheir, a déclaré que le propriétaire du bateau n'a pas pu fournir le nombre exact des passagers embarqués, ce qui complique l'estimation du nombre de personnes disparues. Face à cette situation difficile, le responsable a salué les efforts des équipes de secours syriennes qui "doivent accomplir cette tâche très compliquée et continue" de récupération des dépouilles.

Certaines estimations chiffrent aux alentours de 150 le nombre de personnes qui se trouvaient à bord du bateau qui a sombré au large de Tartous, à quelque 50 kilomètres (30 miles) au nord de Tripoli au Liban, d'où les migrants avaient pris la mer.

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Le nombre croissant de morts fait de ce naufrage l'un des épisodes les plus meurtriers de ce type en Méditerranée orientale.

Au moins 14 survivants sont en convalescence dans des hôpitaux en Syrie, tandis que six autres ont été libérés. Deux sont toujours en soins intensifs à l'hôpital al-Bassel, a rapporté dimanche l'agence de presse officielle syrienne SANA.

Les personnes à bord étaient pour la plupart des Libanais, des Syriens et des Palestiniens, et comprenaient des enfants et des personnes âgées, a indiqué l'ONU.

La Croix-Rouge libanaise (CRL) a par ailleurs indiqué samedi soir avoir réceptionné au poste-frontière de Arida, à la frontière libano-syrienne, trois autres corps qui avaient été repêchés par le Croissant-Rouge syrien et qui ont été identifiés par leurs proches, rapporte notre correspondant. Les dépouilles rapatriées au Liban ont été inhumées par leurs familles endeuillés dans leur localité d'origine, notamment à Tripoli (Nord). Dans le camp palestinien de Nahr el-Bared, des centaines de personnes ont pris part aux funérailles de l'une des victimes. Entre colère et douleur, elles brandissant le poing en l'air tandis que des proches pleuraient en portant un cercueil de fortune dans les rues. A Qarqaf, dans le Akkar, une femme a été enterrée samedi soir. Il s'agissait d'une mère de quatre enfants, dont trois ont été retrouvés morts et le quatrième est toujours porté disparu. Son époux fait, lui, partie des survivants. 

Samedi, l'armée libanaise avait par ailleurs annoncé l'arrestation d'un homme accusé d'être impliqué dans les préparatifs de départ de l'embarcation de migrants. 

Dix enfants morts noyés

Dix enfants figurent parmi les naufragés, a de son côté affirmé samedi le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef). 

 

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"La population libanaise vit dans des conditions désastreuses, mais la situation est particulièrement grave pour les personnes les plus démunies, y compris les réfugiés", a souligné vendredi la directrice régionale de l'Unicef pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, Adele Khodr dans un communiqué.

De son côté, le Haut-Commissaire de l'ONU pour les réfugiés, Filippo Grandi a appelé la communauté internationale à venir en aide pour "améliorer les conditions des personnes forcées de fuir leur pays, ainsi que celles des communautés qui les accueillent". "Ceux qui embarquent dans ces bateaux de fortune en quête de dignité (...) risquent leur vie", a pour sa part dit Philippe Lazzarini, commissaire général de l'agence de l'ONU responsable de l'aide aux réfugiés palestiniens (Unrwa). "Nous devons faire davantage pour (...) aider les Libanais et les autres peuples de la région à surmonter le sentiment de désespoir".

Condoléances du Hezbollah et de députés contestataires
Dans la soirée de samedi, le député contestataire Ibrahim Mneimné a indiqué sur son compte Twitter avoir rendu visite à des proches de victimes à Tripoli, dans le Akkar et dans le camp de Nahr el-Bared, pour leur présenter ses condoléances, accompagné de sa collègue Halimé Kaakour, ajoute notre correspondant. "Nous avons évoqué les circonstances de cette affaire avec les proches, pour pouvoir ensuite effectuer un suivi de cette affaire au niveau parlementaire et législatif, dans tous ses aspects", a précisé M. Mneimné, dénonçant également "l'absence des droits les plus élémentaires dans ces régions marginalisées".

De son côté, le Hezbollah a exprimé samedi "sa profonde tristesse et sa vive douleur face à cette tragédie", rapporte l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). Dans un communiqué, le parti chiite a adressé ses condoléances aux familles des victimes, avant de saluer "l'initiative immédiate et les efforts remarquables déployés par les autorités syriennes" dans leurs opérations de sauvetage. Le parti "remercie également les parties sanitaires et sécuritaires libanaises sur leur action rapide dans les opérations de sauvetage et d'aide humanitaire et médicale", poursuit le communiqué. "L'État libanais doit accomplir son devoir envers les citoyens qui ont subi cette immense tragédie et accompagner leurs familles dans les circonstances difficiles que traverse notre pays", déclare également le Hezbollah, appelant les responsables à traquer les passeurs et à les sanctionner sévèrement, ainsi qu'à "prendre toutes les mesures pour mettre un terme aux dangereuses opérations de traversée".

À la suite de l'effondrement économique au Liban, des réfugiés syriens et palestiniens et des Libanais ont tenté de traverser la Méditerranée à bord d'embarcations de fortune pour se rendre vers des pays européens, notamment l'île de Chypre, située à 175 kilomètres des côtes libanaises. En avril, le naufrage d'un bateau de migrants surchargé, pourchassé par la marine libanaise au large de Tripoli, avait fait des dizaines de morts.

Le 13 septembre, les garde-côtes turcs ont annoncé la mort de six migrants parmi lesquels deux bébés, et secouru 73 personnes au large de la province de Mugla (sud-ouest). Ces migrants auraient embarqué depuis Tripoli, devenue une plaque tournante de l'immigration illégale en Méditerranée. Selon l'ONU, au moins 38 bateaux transportant plus de 1.500 personnes ont quitté ou tenté de quitter illégalement le Liban par la mer, entre janvier et novembre 2021. "Les personnes en quête de sécurité ne devraient pas être contraintes d'entreprendre des voyages migratoires aussi périlleux et souvent mortels", a plaidé Antonio Vitorino, ledirecteur général de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).


Le bilan du naufrage d'un bateau de migrants parti du Liban et qui a coulé jeudi au large de la Syrie s'est alourdi à plus de 100 morts dimanche, selon un décompte du directeur du port syrien de Banias, Nawfak Ibrahim.Ce nouveau bilan a été annoncé après que six nouvelles dépouilles ont été retrouvées et transférées à l'hôpital al-Bassel de Tartous, selon notre correspondant au...

commentaires (4)

le Liban et les Libanais sombrent depuis des décennies .

Marie Claude EL-HAGE

07 h 56, le 27 septembre 2022

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Commentaires (4)

  • le Liban et les Libanais sombrent depuis des décennies .

    Marie Claude EL-HAGE

    07 h 56, le 27 septembre 2022

  • Ce n'est pas , Madame Caridopoulou , Monsieur Aoun qu'il faudrait remercier , mais toutes cette clique qui a gouverné le Liban pendant des descenies et qui s'est bien rempli les poches et qui a l'heure actuelle ce malheur de décédé dans cette embarcation a Tripoli n'est qu'un fait divers. Ces messieurs sont a l'heure actuelle des présidentiable et en particulier les tout proche du Président.

    DRAGHI Umberto

    21 h 40, le 25 septembre 2022

  • En nombre de morts Tripoli vit une explosion du port tous les quelques mois. Les réactions sont rares malgré le désastre. L'indifférence se rajoute à la misère.

    W. ABDUL RAHMAN

    18 h 50, le 25 septembre 2022

  • Merci Mr. Aoun pour le désastre du Liban qui est devenu pire que l’Afrique

    Eleni Caridopoulou

    17 h 15, le 25 septembre 2022

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