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Moyen-Orient - ÉCLAIRAGE

Législatives : le « chacun pour soi » des partis arabes israéliens

La Liste unifiée, née en 2015 de la rencontre de quatre partis arabes, vient de subir un nouveau revers avec la défection des membres de Balad à quelques semaines du scrutin de novembre.

Législatives : le « chacun pour soi » des partis arabes israéliens

Les principaux dirigeants arabes israéliens étaient rassemblés, jusqu’en 2020, autour d’une Liste unifiée. De gauche à droite : Osama Saadi, Ayman Odeh, Ahmad Tibi et Mansour Abbas en septembre 2019 lors d’une rencontre avec le président israélien à Jérusalem. Menahem Kahana/AFP

Elle n’en finit plus de mourir. La Liste unifiée, née en 2015 de la rencontre de quatre partis arabes israéliens (Balad, Hadash, Ta’al, Liste arabe unifiée), vient d’accuser un nouveau coup avec la défection de l’un de ses membres. Balad, la formation laïque-nationaliste menée par Sami Abou Shehadeh, a annoncé jeudi dernier, à quelques heures de la clôture du dépôt des candidatures auprès de la Commission électorale centrale, son intention de concourir sur une liste séparée lors des législatives du 1er novembre.

Conçue dans le but de fédérer les rangs après l’adoption d’une loi fixant à 3,25 % le nouveau seuil électoral, la liste avait incarné l’espoir d’un renouveau démocratique grâce à une meilleure intégration de la communauté arabe – représentant 20 % de la population totale du pays. Sept ans plus tard, on est loin du compte. L’entrée en scène d’une nouvelle génération de représentants n’a en rien freiné la droitisation de la scène politique israélienne. Et le ticket porté par le très populaire Ayman Odeh, leader du parti Hadash et de la Liste unifiée, est aujourd’hui réduit à sa plus simple expression. À la veille du cinquième scrutin consécutif en moins de quatre ans, seuls Hadash et Ta’al semblent encore croire au pari d’une union arabe. Les autres feront cavaliers seuls, quitte à ne pas recueillir le nombre de suffrages nécessaires afin d’accéder au Parlement.

Pour mémoire

Les Arabes israéliens, grands absents des élections

En cause : l’électorat arabe, qui semble de plus en plus enclin à bouder les urnes. Les derniers sondages indiquent une chute brutale du taux de participation à 39-40 %, contre 64,8 % en 2020 et 44,6 % en 2021. Outre le risque d’abstention, c’est aussi l’éparpillement des voix qui menace la représentation arabe à la Knesset. Alors que la Liste unifiée était parvenue à rafler quinze sièges lors du scrutin de mars 2020, les sondages actuels la projette à cinq sièges. Avec seulement 1,5 % des voix, Balad ne parviendrait pas, selon les dernières estimations, à franchir le seuil électoral.

Malgré ces sombres perspectives, tout reste à jouer. Une nouvelle donnée pourrait bouleverser ces pronostics dans les prochains jours. Une décision visant à disqualifier Balad doit être rendue en fin de semaine. Voulue par une partie de la droite et de l’extrême droite qui dénonce une « menace existentielle » pour l’État hébreu, selon les mots de la députée Limor Magen-Talem (Yisrael Beiteinu), une mise hors jeu du parti changerait la donne. Les voix libérées pourraient affluer vers (ce qu’il reste de) la Liste unifiée qui pourrait, à son tour, monnayer son soutien à une coalition de centre gauche en échange de quelques « cadeaux », tels que l’amendement de la loi sur la citoyenneté ou bien la fin des démolitions d’habitations de bédouins dans le Néguev.

Lutte pour la survie

Malgré l’effet surprise provoqué par l’annonce, ce n’est pas la première fois que l’on proclame la mort programmée de la Liste unifiée. Le départ de Ra’am (Liste arabe unifiée) en 2021 avait déjà entamé les espoirs d’une véritable union. Mais les commentateurs mettent alors cette désertion sur le compte des dissensions idéologiques entre le parti islamiste de Mansour Abbas et ses nouveaux rivaux de Ta’al, Hadash et Balad, issus de formations communistes, laïques et/ou nationalistes. Depuis, le débat s’est radicalement transformé. Finis les désaccords de fonds, il s’agit désormais de considérations beaucoup plus terre à terre : une dispute interne entre les principaux partis serait à l’origine de la mésentente. Mtanes Shehadeh, député de Balad, aurait refusé de céder sa place à Youssef Atauna, de Hadash, conformément à l’accord de rotation conclu entre les factions. Au cours du week-end, chacun se renvoyait la responsabilité de cette désunion, les trois formations multipliant les déclarations incendiaires à destination du camp adverse.

Pour mémoire

« Nous, citoyens arabes israéliens, devons penser comme une minorité »

La séquence réactive une vieille bataille devenue un leitmotiv de la scène locale : le bras de fer impitoyable que se livrent les différentes factions pour rafler les voix des quelque deux millions de « Palestiniens de 1948 » disposant de la citoyenneté israélienne. Au cours des deux dernières décennies, quatre partis ont dominé cette espace politique : Hadash, la Liste arabe unie, Ta’al et Balad. Au fil des scrutins, d’autres formations, plus inattendues, s’invitent dans le jeu. Alors que les appels au boycott se multiplient, les différents partis, de gauche comme de droite, rivalisent de promesses afin de gagner la confiance de cette frange de l’électorat. En 2021, le leader du Likoud et ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu pousse l’ironie jusqu’à faire campagne en arabe sur les réseaux sociaux ou dans certaines villes à majorité palestinienne.

Mais au-delà des bisbilles internes et de la symbolique du vote arabe, l’affaire est aussi devenue un enjeu d’envergure nationale. Car l’avenir politique de Balad pourrait avoir des répercussions sur l’ensemble du paysage politique. Jusqu’à entériner le tant redouté retour de Benjamin Netanyahu à la tête de l’exécutif. Ce dernier, qui poursuit son entreprise d’union des droites en vue de rallier derrière lui une majorité parlementaire, serait le premier à profiter de l’éclatement de la Liste unifiée. La séquence met en réalité l’électorat arabe israélien face à une nouvelle réalité politique. Avec la fin de la « Liste », composée de partis que tout ou presque opposait sur le plan des programmes, le combat des idées cède la place à une lutte pour la survie politique.

Des soldats israéliens pénètrent brièvement en Syrie

Des soldats israéliens ont brièvement pénétré lundi en territoire syrien et tiré sur des « suspects qui jetaient des objets » par-dessus la barrière frontalière, dans la zone de Haspin sur le plateau du Golan occupé, faisant un blessé, a indiqué l’armée. Israël a conquis et annexé en 1967 une partie du plateau du Golan syrien, région stratégique également limitrophe du Liban et patrouillée par ses soldats. Lundi matin, « des soldats ont repéré quatre suspects qui lançaient des objets le long de la clôture frontalière », a déclaré l’armée dans un communiqué, sans préciser la nature des objets lancés. « Les soldats ont traversé la frontière pour arrêter les suspects et ont tiré sur l’un d’eux, le blessant à la jambe », a ajouté la même source. Le suspect blessé « a été évacué par hélicoptère vers un hôpital », a poursuivi l’armée israélienne qui ne mentionne pas le sort des trois autres individus.


Elle n’en finit plus de mourir. La Liste unifiée, née en 2015 de la rencontre de quatre partis arabes israéliens (Balad, Hadash, Ta’al, Liste arabe unifiée), vient d’accuser un nouveau coup avec la défection de l’un de ses membres. Balad, la formation laïque-nationaliste menée par Sami Abou Shehadeh, a annoncé jeudi dernier, à quelques heures de la clôture du dépôt des...

commentaires (2)

Exact,Robert...l habit ne fait pas le moine. et "arabes israéliens".?....d ou juifs et arabes sont même souche. d ou tout est faux aujourd hui.

Marie Claude

09 h 21, le 20 septembre 2022

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Commentaires (2)

  • Exact,Robert...l habit ne fait pas le moine. et "arabes israéliens".?....d ou juifs et arabes sont même souche. d ou tout est faux aujourd hui.

    Marie Claude

    09 h 21, le 20 septembre 2022

  • Meme habille’s et rasés , ils demeurent avec des têtes de tueurs

    Robert Moumdjian

    04 h 03, le 20 septembre 2022

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