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Monde - Guerre En Ukraine

Les experts de l’AIEA à pied d’œuvre à la centrale de Zaporijjia

L’agence onusienne souhaite établir une présence permanente sur place pour éviter un accident nucléaire.

Les experts de l’AIEA à pied d’œuvre à la centrale de Zaporijjia

Le convoi de l’AIEA à son arrivée à la centrale de Zaporijjia, le 1er septembre 2022. Alexander Ermochenko/Reuters

La mission d’experts de l’AIEA est arrivée jeudi à la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia occupée par l’armée russe, une mission à haut risque, l’Ukraine reprochant à l’armée russe de bombarder le secteur, tandis que Moscou accuse Kiev d’y avoir envoyé une équipe de « saboteurs ».

« La mission de l’AIEA est arrivée » à la centrale, a indiqué un porte-parole de l’organisation qui fait partie de l’équipe. L’agence de presse russe Ria-Novosti a de son côté publié une vidéo montrant le convoi de véhicules, certains portant le sigle de l’ONU, arrivant à la centrale.

Le chef de l’Agence internationale pour l’énergie atomique, Rafael Grossi, qui conduit l’équipe de 14 personnes, avait précédemment indiqué que les experts allaient commencer leur travail dès leur arrivée. « Nous avons pu, pendant ces quelques heures, rassembler beaucoup d’informations. J’ai vu les principales choses que j’avais besoin de voir », a déclaré plus tard dans la journée Rafael Grossi.

L’AIEA souhaite établir une présence « permanente » dans cette centrale du sud de l’Ukraine pour éviter un éventuel accident nucléaire.

À Kiev, le chef du Comité international de la Croix-Rouge a appelé à l’arrêt de toutes les opérations militaires autour de la centrale, prévenant qu’une attaque serait « catastrophique ». « Il est grand temps d’arrêter de jouer avec le feu et de prendre plutôt des mesures concrètes pour protéger ce site », a déclaré aux journalistes Robert Mardini. « La moindre erreur de calcul pourrait provoquer des ravages que nous regretterions pendant des décennies », a-t-il mis en garde.

Un réacteur arrêté

Les deux belligérants s’accusent depuis des semaines de mettre en danger la sécurité de cette centrale nucléaire, la plus grande d’Europe. Un des deux réacteurs en fonctionnement a été arrêté en raison de bombardements russes, a annoncé jeudi l’opérateur ukrainien des centrales atomiques Energoatom, selon qui un des six réacteurs continue de fonctionner.

Jeudi, les autorités ukrainiennes ont accusé la Russie d’effectuer des frappes d’artillerie sur Energodar, ville où se trouve la centrale de Zaporijjia, et sur la route que devait emprunter la mission de l’AIEA pour se rendre sur place.

De son côté, l’armée russe a accusé des troupes ukrainiennes d’avoir envoyé « deux groupes de saboteurs ». Les commandos auraient « débarqué à bord de sept embarcations (...) à trois kilomètres au nord-est de la centrale nucléaire de Zaporijjia et ont tenté de prendre la centrale », a indiqué le ministère russe de la Défense dans un communiqué. Il a précisé que l’armée russe avait pris « des mesures pour anéantir l’ennemi, en faisant notamment usage de l’aviation ». La centrale est située le long du fleuve Dniepr, dont la rive gauche est contrôlée, dans ce secteur, par les troupes russes. Ces déclarations étaient invérifiables de source indépendante.

Le ministère russe de la Défense a également accusé l’armée ukrainienne d’avoir effectué des tirs d’artillerie sur le « point de rendez-vous » de la mission de l’AIEA à proximité de la centrale nucléaire. Un responsable de l’administration d’occupation russe dans la région de Zaporijjia, Vladimir Rogov, a pour sa part accusé l’Ukraine d’avoir bombardé Energodar, faisant trois tués et un blessé parmi les civils.

Guerre du gaz

Sur le terrain, l’armée ukrainienne poursuit sa contre-offensive dans le sud du pays, en particulier autour de Kherson, l’une des rares grandes villes ukrainiennes conquises par la Russie. L’armée russe a cependant assuré mercredi avoir repoussé ces deux derniers jours les offensives ukrainiennes, en infligeant de lourdes pertes aux Ukrainiens.

Dans un rapport publié jeudi, l’ONG Human Rights Watch a affirmé que les forces russes transféraient de force des civils ukrainiens, y compris ceux fuyant les hostilités, vers des zones sous leur contrôle, depuis le début de l’invasion russe.

Sur le plan diplomatique, à Paris, Emmanuel Macron a prôné la poursuite du dialogue avec la Russie, estimant qu’il fallait « assumer de pouvoir toujours continuer à parler à tout le monde », « surtout ceux avec qui nous ne sommes pas d’accord ». Le président français est l’un des rares dirigeants européens à s’être entretenus avec le président Vladimir Poutine après l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février, une stratégie qui a été critiquée. Mais Emmanuel Macron a dans le même temps estimé, lors d’un discours devant les ambassadeurs français à l’Élysée, que « la division de l’Europe est un des buts de guerre de la Russie » en Ukraine.

Dans une autre guerre livrée en parallèle, celle du gaz, le géant russe Gazprom a déclaré mercredi avoir « entièrement » suspendu son approvisionnement de l’Europe via le gazoduc Nord Stream en raison de travaux de maintenance devant durer trois jours. Au moment où les autres pays européens, notamment l’Allemagne et la France, travaillent à réduire leur dépendance au gaz russe, la Hongrie a annoncé mercredi un accord avec Gazprom pour recevoir des livraisons supplémentaires.

Enfin, les ministres des Affaires étrangères des États de l’UE se sont entendus mercredi pour suspendre un accord de 2007 avec la Russie facilitant de manière réciproque la délivrance des visas de court séjour. « C’est une décision ridicule s’inscrivant dans une série d’absurdités », a réagi hier le Kremlin.

Source : AFP

Le président russe Vladimir Poutine en compagnie du président de Loukoïl, Ravil Maganov, le 21 novembre 2022. Photo AFP

Loukoïl annonce la mort « après une grave maladie » d’un dirigeant historique

Le président du conseil d’administration du groupe pétrolier privé russe Loukoïl, Ravil Maganov, est mort des suites d’une « grave maladie », a annoncé jeudi l’entreprise dans un communiqué, sans fournir plus de détails. Plus tôt dans la journée, plusieurs médias et agences de presse russes, citant des sources anonymes, avaient affirmé que Ravil Maganov était décédé à l’Hôpital clinique central de Moscou. Certaines de ces sources affirmaient qu’il était tombé d’une fenêtre. Une source policière anonyme, citée par l’agence de presse publique TASS, affirmait qu’il s’était suicidé en se défenestrant, après avoir été admis à l’hôpital pour des problèmes cardiaques. Cette source a précisé qu’il prenait des antidépresseurs.

À noter qu’en mars, Loukoïl a été l’une des très rares entreprises russes à appeler à arrêter l’offensive russe en Ukraine, qui a été suivie d’une avalanche de sanctions occidentales contre les grands groupes et hauts responsables russes. Ravil Maganov, né en 1954, était l’un des dirigeants historiques du groupe, fondé en novembre 1991. Fin avril, le milliardaire Vaguit Alekperov, alors président du groupe, avait démissionné une semaine après avoir été placé sur la liste des personnalités russes sanctionnées par le Royaume-Uni.

La mission d’experts de l’AIEA est arrivée jeudi à la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia occupée par l’armée russe, une mission à haut risque, l’Ukraine reprochant à l’armée russe de bombarder le secteur, tandis que Moscou accuse Kiev d’y avoir envoyé une équipe de « saboteurs ».« La mission de l’AIEA est arrivée » à la centrale, a indiqué un porte-parole de l’organisation qui fait partie de l’équipe. L’agence de presse russe Ria-Novosti a de son côté publié une vidéo montrant le convoi de véhicules, certains portant le sigle de l’ONU, arrivant à la centrale.Le chef de l’Agence internationale pour l’énergie atomique, Rafael Grossi, qui conduit l’équipe de 14 personnes, avait précédemment indiqué que les experts allaient commencer leur travail dès leur...
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