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Culture - Littérature

Jean-René Huguenin, écrivain mort à 26 ans, redécouvert avec des inédits

Jean-René Huguenin, tué très jeune dans un accident de voiture, restait pour l’éternité l’écrivain d’un seul roman, « La Côte sauvage ». Des inédits permettent aujourd’hui de découvrir la suite, 60 ans après sa mort.

Jean-René Huguenin, écrivain mort à 26 ans, redécouvert avec des inédits

Jean-René Huguenin, un jeune homme pressé d’écrire. Photo DR

Années dangereuses pour la littérature : Françoise Sagan, qui avait deux romans à son actif, est tout près de se tuer en 1957 dans son Aston Martin. Albert Camus, Prix Nobel, meurt comme passager d’une Facel Vega en 1960. En 1962, Roger Nimier, vedette des lettres et du groupe des « Hussards », périt sur l’autoroute, au volant d’une Aston Martin. Six jours auparavant, Huguenin avait perdu le contrôle d’une Mercedes qu’il conduisait trop vite lui aussi. Une collision frontale signe, à 26 ans, la fin de sa trajectoire de surdoué, annoncé comme l’un des romanciers les plus prometteurs de sa génération.

« J’attendais énormément de lui », déplore François Mauriac, autre Prix Nobel.

Toute son œuvre est rassemblée dans un volume paru jeudi 25 aux éditions Bouquins : La Côte sauvage, Journal, Le Feu à sa vie, suivis de romans et textes inédits.

Son éditeur, le Seuil, republiera le 2 septembre à la fois La Côte sauvage et le Journal (collection Points Signatures).

Huis clos balnéaires

C’était un jeune homme pressé d’écrire. « Vendredi prochain, départ pour l’armée. Il faut à tout prix que mon roman profite de cette sorte de solitude que je vais trouver là-bas », confie-t-il moins d’un an avant sa mort. Il n’aura pas le temps d’achever son service militaire.

Parce qu’il se déroule un été en bord de mer, parce que sous la superficialité apparente des journées de vacances se nouent des drames intimes, La Côte sauvage (1960) partage un point commun avec le Bonjour tristesse de Sagan (1954).

Si Sagan assume son insouciance, sa spontanéité dans l’écriture, Huguenin, catholique à la spiritualité tourmentée, s’astreint à un travail très lourd.

Ses archives le montrent, léguées à la Bibliothèque nationale de France par la sœur de l’écrivain, âgée aujourd’hui de 90 ans.

En examinant le manuscrit de La Côte sauvage et d’autres écrits, le conservateur de la BNF Olivier Wagner a perçu un potentiel inexploité.

« Il en a fait un roman court, mais le manuscrit est énorme. Son travail a consisté à couper, de manière très physique : il a supprimé des parties, il a barré des pages entières », dit-il.

« Exigence morale »

Le volume de Bouquins compte quatre romans inédits : trois rédigés avant La Côte sauvage et jugés peu dignes de publication (Le Voyage à Vérone, La Porte au bord de la mer et Arlequin pris dans les glaces), et un écrit après.

Il a été intitulé Prochain roman, « parce que c’était le titre inscrit sur la chemise dans lequel il est contenu », précise Olivier Wagner.

Ce texte bref, déroutant, aux personnages à peine esquissés, d’où ressortent quelques scènes intenses mais dont le contexte reste flou, est à l’évidence inachevé, mais intrigue d’autant plus.

« Il montre qu’il y avait encore toute une œuvre à venir, incroyablement inventive, riche, sensible, chez cet auteur qui installe des ambiances très noires et dont les personnages illustrent ses préoccupations personnelles, à savoir l’exigence morale, en n’ayant pas le beau rôle », commente le conservateur.

Sa génération, qui a connu l’Occupation dans son enfance et qui découvre le rock and roll, mais aussi qu’elle doit faire la guerre à son tour, dans les colonies, est marquée par la mort. « La vie parut à certains d’entre nous si fragile, si précaire, d’un si décevant usage », écrit Jean-René Huguenin dans la revue Réalités en 1961.

Hugues HONORÉ/AFP

Années dangereuses pour la littérature : Françoise Sagan, qui avait deux romans à son actif, est tout près de se tuer en 1957 dans son Aston Martin. Albert Camus, Prix Nobel, meurt comme passager d’une Facel Vega en 1960. En 1962, Roger Nimier, vedette des lettres et du groupe des « Hussards », périt sur l’autoroute, au volant d’une Aston Martin. Six jours auparavant, Huguenin avait perdu le contrôle d’une Mercedes qu’il conduisait trop vite lui aussi. Une collision frontale signe, à 26 ans, la fin de sa trajectoire de surdoué, annoncé comme l’un des romanciers les plus prometteurs de sa génération.« J’attendais énormément de lui », déplore François Mauriac, autre Prix Nobel.Toute son œuvre est rassemblée dans un volume paru jeudi 25 aux éditions Bouquins : La Côte...
commentaires (1)

ouf...les belles personnes qui disparaissent t trop tôt..et nous laissent avec des saletés humaines qui s accumulent...

Marie Claude

09 h 59, le 01 septembre 2022

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Commentaires (1)

  • ouf...les belles personnes qui disparaissent t trop tôt..et nous laissent avec des saletés humaines qui s accumulent...

    Marie Claude

    09 h 59, le 01 septembre 2022

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