De la nouvelle comédie de Franck Dubosc à un drame sur l’IVG avec Laure Calamy : pour ses 15 ans, le Festival du filmfrancophone d’Angoulême, qui s’ouvre demain mardi, promet de passer du rire aux larmes. Un éclectisme qui fait partie de l’ADN de ce festival, régional à ses débuts en 2008, devenu national puis en voie de devenir international, s’est félicité cette semaine sur France Inter Dominique Besnehard, cocréateur du festival avec la productrice Marie-France Brière.
Si une cinquantaine de films seront présentés au public du 23 au 28 août, seuls 10 sont présentés en compétition. Parmi eux, sept sont l’œuvre de réalisatrices. Un chiffre notable tant la place des cinéastes femmes reste une équation difficile pour les grands festivals de cinéma.
« Sans vouloir être #MeToo, on s’est aperçu que les films étaient faits beaucoup par les femmes et parlaient beaucoup des problèmes de femmes (...) Ce n’était pas une volonté de se dire “on va surfer sur la vague”, c’était vraiment notre choix », a estimé Dominique Besnehard.
Histoires de femmes
Parmi les films les plus attendus : Annie Colère, le deuxième long métrage de l’actrice,
passée à la réalisation, Blandine Lenoir, avec dans le rôle-titre Laure Calamy, l’actrice de la série Dix pour cent et d’Antoinette dans les Cévennes.
Un film qui fera écho à l’actualité puisqu’il reviendra sur le « Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception » (MLAC) qui milita en faveur du droit à l’avortement en France dans les années 1970.
Autre film attendu, Houria de Mounia Meddour.
La cinéaste revient sur la place des femmes en Algérie à travers le destin d’une jeune danseuse tentant de se reconstruire après une agression. L’occasion de retrouver l’actrice Lyna Khoudri, désormais incontournable et bientôt à l’affiche de Novembre sur les attentats de 2015.
Femmes toujours, avec le film québecois Noémie dit oui de la primo-réalisatrice Geneviève Albert sur la prostitution des adolescentes.
Autre film très attendu, hors compétition : Simone, le voyage du siècle, biopic sur Simone Veil. Le réalisateur de La Môme, Olivier Dahan, a confié la mission d’incarner cette personnalité politique majeure, entrée au
Panthéon en 2018, figure du combat des femmes et ancienne rescapée d’Auschwitz, à
Elsa Zylberstein.
« Donner les bonnes tendances »
Mais Angoulême ne se résumera pas à des films traitant de sujets de société. Franck Dubosc viendra présenter Rumba la vie, son très attendu 2e film après Tout le monde debout, qui avait réuni près de 2,5 millions de spectateurs en 2018.
Prévue le 24 août, la sortie du film sur un homme se mettant à la rumba pour renouer avec sa fille, avait été repoussée fin 2021 en raison du Covid. « Le contexte sanitaire est trop lourd et le film trop important pour le sacrifier », avait justifié l’acteur/réalisateur.
Le duo de Ch’tis, Dany Boon et Line Renaud, 94 ans, seront aussi de la fête avec Une belle course, qui fera l’ouverture du festival, réalisé par Christian Carion.
Pour sa 15e année, le festival entend « donner les bonnes lignes et les bonnes tendances », souligne Dominique Besnehard, rappelant qu’il avait été celui qui a présenté le film Intouchables, un des plus grands succès du cinéma français (près de 20 millions d’entrées).
Des « bonnes lignes » dont il espère qu’elles permettront de relancer la fréquentation des salles de cinéma, qui n’ont toujours pas retrouvé leur fréquentation pré-Covid.
Alexandra DEL PERAL/AFP


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