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Économie - Banques au Liban

L’ABL limite sa grève à lundi en guise de « protestation »

Les distributeurs automatiques seront toutefois remplis lundi et opérationnels pour tout retrait en livres libanaises et en dollars frais.

L’ABL limite sa grève à lundi en guise de « protestation »

Le siège de l’Association des banques du Liban. Photo M.A.

Annoncée vendredi matin, puis laissée en suspens le soir-même, la question de la grève du secteur bancaire de demain et mercredi (mardi étant férié à l’occasion des commémorations de Achoura) a finalement été tranchée dimanche soir lors d’une réunion de l’Association des banques du Liban. L’ABL a ainsi choisi de limiter sa grève à la journée de lundi en guise de « protestation », a précisé une source au sortir de la réunion, qui aura duré près de deux heures et dont le communiqué officiel n'a pas expliqué les raisons du maintien de cette grève. Une « protestation » donc motivée par la saga judiciaire de la semaine dernière à l’encontre du PDG de Creditbank, Tarek Khalifé. Cette décision controversée, qui a provoqué la colère de nombre de syndicats et d’associations de la société civile au cours du week-end écoulé, avait dès vendredi soir également créé des remous en interne, certaines banques s’y opposant clairement et la jugeant « contre-productive », selon deux dirigeants de banque contactés.

Selon des informations circulant dans d’autres médias locaux, les banques ont assuré que les distributeurs automatiques seront remplis lundi et seront opérationnels pour tout retrait en livres libanaises et en dollars frais. La question de l’application de la circulaire principale n° 161 de la Banque du Liban, qui autorise les banques à fournir des dollars en espèces à leurs clients en les convertissant depuis leurs comptes en livres au taux de sa plateforme de change Sayrafa, n’aurait-elle pas été réglée, la BDL devant intervenir à ce niveau. Le taux Sayrafa avait été fixé vendredi soir à 25 800 livres le dollar, alors que le taux de change sur le marché parallèle a dépassé la barre des 31 000 livres le dollar ce dimanche.

Rappel des faits et réactions

Motivé donc par l’arrestation lundi dernier à l’Aéroport international de Beyrouth du PDG de Creditbank, ce mouvement de grève s’est vu remis en cause vendredi soir après la libération de ce dernier, dont le dossier est néanmoins encore couvert par le secret de l’instruction. La détention du PDG aurait été causée par une plainte déposée par Nada Abousleiman Etyemezian, détentrice d’actions préférentielles au sein de Creditbank, reprochant à l’établissement de ne pas lui avoir versé de dividendes.

L’ABL avait pour sa part dénoncé les « actions arbitraires » et « populistes » prises par la justice à l’encontre des banques, jugeant la situation actuelle « intenable », et avait regretté que ce type d’affaires ne soit pas confié à des magistrats spécialisés dans les dossiers financiers. Un banquier spécialisé dans les questions juridiques avait également confié à L’Orient-Le Jour vendredi que « ce type de conflit se gère généralement devant les juridictions civiles », alors que la plainte de Nada Abousleiman Etyemezian a été déposée au pénal.

En réaction à la décision unilatérale de l’ABL, l’Union des déposants, le Cri des déposants et le collectif d’avocats Moutahidoun (« Unis pour le Liban »), trois associations de défense des droits déposants libanais, « bafoués à de nombreuses reprises depuis 2019 par des banques qui ont manqué à leurs obligations contractuelles et légales », ont ainsi reproché à l’ABL de chercher à prendre une fois de plus l’économie du Liban en otage en utilisant l’arme de la grève, comme elle avait pu le faire lors d’un épisode opposant la justice à Fransabank au printemps dernier.

« C’est un moyen de pression et de diversion à un moment où le pays doit adopter plusieurs réformes qui ne conviennent ni aux politiciens ni aux banques, dont celle aménageant le secret bancaire (une loi a été adoptée fin juillet avec certaines carences), celle instaurant un contrôle des capitaux ou encore celle organisant la restructuration du secteur bancaire », avait encore souligné l’Union des déposants.

Ces réformes sont exigées par le Fonds monétaire international auprès de qui le Liban a sollicité une assistance financière en 2020, mais sans réellement se donner les moyens de l’obtenir. Mercredi, l’assemblée générale de l’ABL doit enfin se réunir avec l’ancien député Nicolas Nahas, proche du Premier ministre désigné Nagib Mikati, qui viendra exposer les contours d’un plan de restructuration du secteur bancaire. Il n’est pas clair à ce stade si ce plan s’inscrit dans les jalons fixés par le FMI où s’il a finalement été dicté par la BDL.


Annoncée vendredi matin, puis laissée en suspens le soir-même, la question de la grève du secteur bancaire de demain et mercredi (mardi étant férié à l’occasion des commémorations de Achoura) a finalement été tranchée dimanche soir lors d’une réunion de l’Association des banques du Liban. L’ABL a ainsi choisi de limiter sa grève à la journée de lundi en guise de «...

commentaires (2)

La canaille sans honte !

Michel Trad

10 h 48, le 08 août 2022

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Commentaires (2)

  • La canaille sans honte !

    Michel Trad

    10 h 48, le 08 août 2022

  • Heureusement que le ridicule ne tue pas...

    K1000

    23 h 07, le 07 août 2022

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