Michel Aoun lors des célébrations de la fête de l’Armée, hier, à la caserne de Fayadiyé. Photo Dalati et Nohra
Le chef de l’État Michel Aoun a mis à profit hier matin les célébrations du 77e anniversaire de l’armée pour régler ses comptes avec le Premier ministre désigné Nagib Mikati concernant la formation du gouvernement, lui reprochant implicitement de ne pas faire avancer ce processus. Dans un discours prononcé à la caserne de Fayadiyé, M. Aoun a exprimé l’espoir que « la présidentielle ne connaîtra pas le même sort que la formation du cabinet », dénonçant l’absence d’une équipe ministérielle, qui « aggrave les difficultés financières et économiques » dans un Liban en crise, .
Le président de la République a prononcé son discours en présence du président du Parlement Nabih Berry et de M. Mikati, ainsi que de plusieurs ministres du cabinet sortant, alors que la fête de l’Armée est célébrée depuis trois ans dans un contexte d’effondrement généralisé qui a fortement impacté le travail des institutions et, entre autres, de la troupe. « Malgré tous les défis, le Liban est toujours sans gouvernement deux mois et demi après le début du mandat du nouveau Parlement », a déclaré le président, critiquant ceux qui pariaient sur l’annulation des législatives et qui parient de nouveau sur l’organisation de la présidentielle. Il a toutefois affirmé qu’il ferait tout son possible pour assurer des circonstances favorables à l’élection d’un nouveau président, « qui poursuivra sur la voie des réformes urgentes que nous avons lancée ». « J’espère que la présidentielle ne connaîtra pas le même sort que la formation du nouveau gouvernement qui, jusqu’à présent, ne bénéficie pas des composantes et des critères nécessaires », a-t-il lancé dans une pique à M. Mikati, ajoutant que l’absence de cabinet « aggrave les difficultés économiques et financières » du Liban, alors que les responsables concernés sont normalement « tenus d’empêcher que le pays ne s’effondre encore plus ».
Au sujet du litige frontalier avec Israël, M. Aoun a déclaré que « les négociations indirectes en cours concernant le tracé de la frontière ont pour objectif de protéger les droits du Liban » en vue de l’exploitation de ses ressources en hydrocarbures. La fin de ces pourparlers offriront au Liban « l’opportunité de ressusciter son économie », a-t-il estimé.
« Je sais bien à quel point vous luttez et vous vous fatiguez pour continuer à accomplir votre devoir », a déclaré le chef de l’État en s’adressant aux soldats, promettant de « n’épargner aucun effort pour aplanir ces difficultés dans la mesure de (ses) capacités ». Les militaires sont touchés par la crise, leurs salaires en livres libanaises ayant perdu 90 % de leur valeur ces dernières années. Pour faire des économies dans le budget de l’institution militaire, la viande n’est plus inscrite au menu de la troupe, qui compte sur les aides étrangères pour se nourrir, se soigner et s’équiper.
La dernière institution cohérente
Conformément aux usages, M. Aoun avait déposé à son arrivée à la caserne Chucri Ghanem une gerbe de fleurs sur le monument aux Martyrs de l’armée puis il avait passé en revue les troupes, avant de rejoindre MM. Berry et Mikati pour assister à une parade militaire et remettre leurs épées aux élèves officiers. À l’occasion de cet événement, le ministre sortant de la Défense Maurice Slim a salué « les sacrifices et l’héroïsme » des militaires qui sont, a-t-il dit, « la colonne vertébrale de la nation et la garantie de sa stabilité ». Il leur a souhaité « des jours meilleurs pour eux, leurs familles et le pays ».
Dans l’après-midi, le chef de l’État a reçu le commandant en chef de l’armée, le général Joseph Aoun, dont le nom circule pour lui succéder à la présidence de la République. « L’armée reste la seule et dernière institution cohérente, la base du Liban et la garantie de sa sécurité, n’en déplaise à tous les sceptiques et à ceux qui parient sur sa désintégration ou son effondrement », a déclaré le commandant de la troupe. À cette occasion, Michel Aoun a affirmé que « le désespoir n’a pas de place dans les conditions difficiles que nous vivons » et évoqué de nouveau le sujet de la frontière maritime avec Israël : « Si Dieu le veut, ça ira », a-t-il lancé.


Et l'absence de jugeotte, l'absence de patriotisme, l'absence de décence...??
15 h 25, le 03 août 2022