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Sport - Athlétisme

Les États-Unis accueillent enfin leurs championnats du monde...

Demain, à Eugene dans l’Oregon, le Hayward Field recevra les stars de la discipline olympique n° 1 dans la ville de Nike.

Les États-Unis accueillent enfin leurs championnats du monde...

En six ans d’une fulgurante ascension, il s’est fait un nom au pays où les coureurs de fond sont rois : Ferdinand Omanyala veut continuer à populariser le sprint au Kenya en brillant sur 100 m lors des Mondiaux 2022 d’athlétisme qui débutent demain vendredi à Eugene, dans l’Oregon, aux États-Unis. Mais hier, le recordman d’Afrique de la distance a annoncé être bloqué au Kenya, n’ayant pas encore obtenu son visa. Tony Karumba/AFP

Locomotive de l’athlétisme mondial, les États-Unis accueillent à partir de demain vendredi les championnats du monde pour la première fois depuis la création de l’événement il y a près de 40 ans, dans le cadre réjouissant du Hayward Field de Eugene (État de l’Oregon). Une grande compétition dans un pays d’athlétisme et devant un public de connaisseurs. Ce qui devrait être la norme tombe comme un soulagement après les Mondiaux mornes et étouffants de Doha à l’automne 2019, et les Jeux olympiques de Tokyo disputés l’été dernier dans un stade vide à cause de la pandémie de coronavirus.

L’Oregon, État côtier du nord-ouest des États-Unis aux infinies forêts, offre ainsi à l’athlétisme international un bol d’air frais dans la bourgade de Eugene (environ 176 000 habitants), cœur battant historique de l’athlétisme américain et surnommée « Track Town ». La pandémie, qui a participé à repousser l’événement de 2021 à 2022, reste bien présente, un test négatif est exigé pour chaque participant, mais elle ne devrait pas empêcher la fête du sport olympique n° 1 dans l’écrin du Hayward Field.

Le magnifique stade, construit en 1919 et rénové en 2020, accueille habituellement dans son ornement vert et jaune les Ducks de l’Université d’Oregon, la fierté locale, dont l’équipe d’athlétisme est l’une des plus prestigieuses du circuit universitaire. Le Hayward Field accueille aussi régulièrement l’étape américaine de la Ligue de diamant et les terribles sélections américaines, dont les dernières en juin devant de nombreux sièges vides, ravivant la polémique qui veut que Eugene serait trop petit, trop loin et trop cher pour un événement de masse.

Prefontaine et Bowerman

Les habituels « Go Ducks » vont donc laisser la place aux « Go USA » pour encourager le collectif programmé pour écraser une nouvelle fois la compétition. En 2019 au Qatar, les États-Unis avaient ramassé 14 titres sur 49 possibles. Ils ont au total remporté 381 des 2 347 médailles (soit 16 %) distribuées depuis les premiers Mondiaux à Helsinki en 1983, sans jamais avoir évolué à domicile.

À Eugene, ils pourront s’inspirer des légendes qui imprègnent les lieux. Le Hayward Field a vibré au rythme des exploits de Steve Prefontaine, mythique coureur des années 1970 au tempo effréné et décédé en mai 1975 à 24 ans dans un accident de voiture. Son coach, Bill Bowerman, a été un pionnier des méthodes d’entraînement modernes en demi-fond, a imaginé le revêtement actuel des pistes et a contribué à la grande vague du running populaire il y a 50 ans. Les deux personnages sont intimement liés aux premiers pas de l’équipementier Nike, petite entreprise locale devenue un mastodonte international du vêtement de sport. Dans son stade et dans sa ville, la marque à la virgule s’imprime partout : sur les maillots de plusieurs pays, mais surtout aux pieds des athlètes. La firme a révolutionné en six ans les chaussures de la course sur route, du demi-fond puis désormais du sprint et des sauts, étant à l’initiative d’une bataille d’innovations et d’un boom général des performances.

La région a aussi hébergé la face sombre de la marque et de l’athlétisme outre-Atlantique avec l’ex-entraîneur star Alberto Salazar. À la tête du Nike Oregon Project entre 2001 et 2019, financé par Nike, Salazar a été coupable de violation des règles antidopage, de violences psychologiques et d’agressions sexuelles qui lui valent désormais une suspension à vie.

Les adieux de Felix

Pour les podiums, plusieurs stars des derniers JO présentent une forme incertaine, comme Marcell Jacobs sur 100 m – qui sera bien au départ des séries vendredi soir, a confirmé hier la Fédération italienne – ou Karsten Warholm sur 400 m haies. Et la liste des forfaits s’allonge chaque jour, entre Steven Gardiner (400 m), Sam Kendricks (perche) ou Anita Wlodarczyk (marteau). Absente également, la championne olympique russe Mariya Lasitskene (hauteur) se voit interdire les principales compétitions internationales comme tous ses compatriotes depuis l’invasion de l’Ukraine par son pays en février, alors que World Athletics (la Fédération internationale) n’a toujours pas soldé le vaste scandale de dopage russe depuis 2015.

Autre star (pour le moment) incertaine, le sprinteur kényan Ferdinand Omanyala, détenteur du record d’Afrique du 100 m, a annoncé hier mercredi qu’il était toujours dans l’attente de son visa pour les États-Unis. « Nous attendons avec impatience que l’ambassade des États-Unis délivre des visas à un certain nombre d’athlètes, dont Omanyala. J’espère qu’ils pourront prendre l’avion aujourd’hui (hier) », a déclaré Barnabas Korir, membre du comité exécutif de la Fédération kényane d’athlétisme. Le nombre exact de membres de la délégation kényane n’ayant pas obtenu de visa n’était pas disponible. Une partie de l’équipe s’est envolée mardi pour les États-Unis. Omanyala a signé en mai la troisième meilleure performance mondiale de l’année (9 sec 85) sur 100 m, huit mois après avoir établi un nouveau record d’Afrique (9 sec 77).

Les étoiles – dans les yeux et sur la piste – ont en outre rendez-vous pour les dernières foulées de la star Allyson Felix, prévue en lever de rideau dès demain vendredi sur le 4 x 400 m mixte. À 36 ans, la recordwoman de médailles mondiales (18 en sept éditions) chauffera la foule avant les exploits attendus de sa compatriote Sydney McLaughlin sur 400 m haies, du plus américain des Suédois, Armand Duplantis, à la perche ou de la triple sauteuse vénézuélienne Yulimar Rojas.

Source : AFP

Locomotive de l’athlétisme mondial, les États-Unis accueillent à partir de demain vendredi les championnats du monde pour la première fois depuis la création de l’événement il y a près de 40 ans, dans le cadre réjouissant du Hayward Field de Eugene (État de l’Oregon). Une grande compétition dans un pays d’athlétisme et devant un public de connaisseurs. Ce qui devrait être la norme tombe comme un soulagement après les Mondiaux mornes et étouffants de Doha à l’automne 2019, et les Jeux olympiques de Tokyo disputés l’été dernier dans un stade vide à cause de la pandémie de coronavirus.L’Oregon, État côtier du nord-ouest des États-Unis aux infinies forêts, offre ainsi à l’athlétisme international un bol d’air frais dans la bourgade de Eugene (environ 176 000 habitants), cœur battant...
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