Bassima Abbas et ses trois filles Rima (22 ans), Tala (20 ans) et Manal (15 ans). Photo fournie par Mountasser Abdallah.
Le premier juge d’instruction de Beyrouth par intérim, Charbel Abou Samra, a émis mercredi une décision, dans laquelle il accuse les deux auteurs du quadruple crime d’Ansar, en mars dernier, d'homicide volontaire, conformément à l’article 549 du code pénal qui prévoit, en la matière comme peine maximale, la peine de mort. Les deux hommes, H. F., un Libanais, et H.G., son complice syrien, sont accusés d’avoir perpétré le meurtre de Bassima Abbas et de ses trois filles âgées de 15 à 22 ans dans ce village du Liban-Sud, suivant l’Agence nationale d’information.
Les corps des victimes, criblés de balles, avaient été retrouvés par les forces de l’ordre dans une grotte aux abords du village, enfouis sous des blocs de béton coulés par les assassins.
La peine de mort est "le minimum requis", estime Zakaria Safawi, l’ex-époux de Bassima Abbas et père de Rima (22 ans), Tala (20 ans) et Manal (15 ans). "Mais cela ne pourra pas guérir mon cœur", ajoute-t-il, en réponse à des questions de notre correspondant à Saïda, Mountasser Abdallah. "Personne ne peut supporter ce qui m’est arrivé, je pense tout le temps à elles et à chaque détail qui les concerne. Je me rends au cimetière, je leur parle et je pleure. Je suis devenu seul alors qu’elles emplissaient la maison de vie, d’énergie et d’émotion", dit-il encore.
Zakaria Safawi exprime également l’espoir "qu’il n’y aura pas d’intervention qui puisse faire obstacle à l’exécution de la peine de mort" si celle-ci est prononcée. "Je suis généralement contre la peine de mort, mais cette fois, étant donné l’horreur de ce qui s’est passé, je vais demander à assister à l’exécution, martèle-t-il. Je les regarderai dans les yeux et peut-être mon cœur guérira-t-il."
Après avoir été portées disparues pendant 25 jours après un enlèvement, les corps sans vie de Bassima Abbas et de ses filles Rima, Tala et Manal avaient été retrouvés dans une grotte située dans un verger. Le meurtrier présumé, H.F., avait reconnu avoir enlevé puis assassiné les quatre femmes avec un complice syrien. Le mobile de cette tragédie inexplicable qui a secoué le pays reste toutefois inconnu.
La peine capitale est prévue par la loi libanaise, mais un moratoire sur les exécutions est en vigueur depuis 2004. La justice continue toutefois de prononcer des peines capitales. 81 condamnés, libanais ou étrangers, attendent aujourd’hui dans le couloir de la mort, principalement à la prison centrale de Roumieh. Les textes de loi attendent toujours un consensus national pour l’abolition de la peine capitale. Le 16 décembre 2020, le Liban se prononçait toutefois à l’ONU en faveur d’un moratoire universel.
Rq : Cet article a été corrigé le 13 juillet à 17 en raison d'une erreur de compréhension de fond.



Espérons que justice sera faite et que ces monstres seront condamné à la peine maximale autorisée dans la loi Libanaise. Et surtout, surtout, que la peine soit appliquée jusqu'au bout et que ces criminels ne soient jamais relâchés.
23 h 26, le 13 juillet 2022